La nomination intervient à un moment important pour le loueur européen de locomotives.
Akiem dispose aujourd’hui d’une flotte de 760 locomotives et 42 véhicules de passagers. Le groupe opère dans 22 pays européens et sert plus de 90 clients selon les informations actuellement publiées sur son site carrière.
François de Larambergue succède à Volker Wallrodt, qui quitte ses fonctions pour des raisons personnelles. Il reportera directement à Fabien Rochefort, président-directeur général d’Akiem.
Akiem Maintenance & Services pèse 80 millions d’euros de chiffre d’affaires
L’enjeu dépasse largement une simple nomination.
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Selon Akiem, son activité Maintenance & Services réalise aujourd’hui 80 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle assure aussi une part significative de la maintenance des 760 locomotives du groupe.
Akiem a fait de cette activité un pilier de son offre « full service ». Le client ne loue plus seulement une locomotive. Il peut également bénéficier d’engagements sur la disponibilité, la fiabilité, les coûts et la sécurité.
Cette approche change l’économie de la location ferroviaire.
Plus une locomotive reste immobilisée, plus elle coûte à l’opérateur comme au loueur. La qualité de la maintenance devient donc directement liée à la performance commerciale du contrat.
Akiem dispose pour cela d’un écosystème certifié ECM, Entité en charge de la maintenance. Son réseau s’appuie sur plusieurs ateliers européens et des stocks de pièces permettant d’entretenir les matériels exploités par ses clients.
Découvrir l’organisation européenne d’Akiem
Un réseau industriel renforcé en France et en Europe
Ces dernières années, Akiem a fortement développé ses propres capacités de maintenance.
Le symbole le plus visible se trouve à Ostricourt, dans les Hauts-de-France.
Le groupe y exploite un centre installé sur plus de 60 000 m². Mis en service en 2024 après un investissement proche de 20 millions d’euros, il dispose de dix postes de travail.
Le site peut assurer la maintenance courante, mais aussi les grandes révisions et le reprofilage d’essieux au tour en fosse.
Un an après son ouverture, Ostricourt employait plus de 70 collaborateurs. Akiem indiquait également que le site générait plus de 15 millions d’euros par an de sous-traitance et de services dans son écosystème local.
Découvrir le site de maintenance d’Ostricourt
Le groupe poursuit parallèlement son maillage européen.
En octobre 2025, il a ouvert un atelier à Borlänge, en Suède. Ce centre de 600 m² dessert notamment les opérateurs suédois et norvégiens ainsi que les flux vers l’Allemagne et le Danemark.
Cette stratégie répond à une logique simple : rapprocher les capacités de maintenance des zones où circulent les locomotives.
Akiem peut ainsi réduire les kilomètres improductifs, raccourcir les délais d’intervention et augmenter la disponibilité du matériel.
Cette montée en puissance rejoint les enjeux ferroviaires déjà suivis par Business Times. NGE a notamment placé la maintenance, la réhabilitation des réseaux et la signalisation ferroviaire parmi ses priorités de développement.
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François de Larambergue apporte une culture de la maintenance aéronautique
Le parcours du nouveau directeur général apporte un autre intérêt à cette nomination.
François de Larambergue a rejoint Akiem en septembre 2025 comme directeur des opérations d’Akiem Leasing. Sa nomination de l’époque mettait déjà en avant 18 années d’expérience dans la maintenance aéronautique en France et en Allemagne.
Il a notamment évolué dans l’écosystème d’Air France Industries KLM Engineering & Maintenance et chez Spairliners, spécialiste du support de composants aéronautiques.
Cette expérience peut se transférer assez naturellement au ferroviaire.
Dans les deux secteurs, la maintenance combine sécurité, disponibilité des actifs, logistique des pièces et planification des interventions. Il faut aussi savoir gérer les pannes qui surviennent sans prévenir.
Dans l’aéronautique, François de Larambergue s’était notamment intéressé à la maintenance prédictive afin d’anticiper certains remplacements de pièces plutôt que d’attendre la panne.
Son expérience en Allemagne constitue aussi un atout pour un groupe dont les opérations couvrent une grande partie de l’Europe.
La maintenance devient un avantage concurrentiel
Le marché ferroviaire européen se transforme.
Les opérateurs veulent davantage de capacité. Mais ils cherchent aussi à limiter leurs investissements et à garantir la disponibilité de leurs matériels.
Dans ce contexte, la location de locomotives gagne en intérêt.
Toutefois, mettre simplement une machine à disposition ne suffit plus. Les clients attendent un service capable de garantir qu’elle roule réellement.
Akiem avait déjà identifié cet enjeu en 2024. Le groupe avait alors lancé un programme de transformation de Maintenance & Services afin d’améliorer la fiabilité, la disponibilité et l’information sur l’état de ses locomotives.
À cette époque, environ 400 locomotives devaient passer par les opérations de maintenance de l’entreprise sur l’année, dont une cinquantaine pour des révisions importantes.
Consulter le programme de transformation Maintenance & Services d’Akiem
La logique rejoint une évolution plus générale du ferroviaire.
Les entreprises vendent de moins en moins un matériel seul. Elles commercialisent davantage une performance, une disponibilité et un niveau de service.
Business Times avait d’ailleurs analysé cette pression sur le service ferroviaire à travers la stratégie 2026 de la SNCF. L’ouverture du marché oblige les opérateurs à mieux maîtriser leurs coûts tout en renforçant la qualité proposée aux voyageurs.
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Une feuille de route européenne pour François de Larambergue
La priorité du nouveau directeur général sera maintenant de faire fonctionner cet ensemble comme un réseau européen cohérent.
Il devra poursuivre le développement des ateliers, améliorer les processus et renforcer les compétences techniques.
Mais il faudra aussi maintenir un équilibre économique délicat.
Internaliser davantage de maintenance permet de mieux maîtriser les délais et la qualité. En contrepartie, les ateliers, les pièces et les techniciens représentent des coûts fixes importants.
La taille de la flotte rend cet arbitrage stratégique.
Akiem exploite ses matériels dans 22 pays européens. Chaque marché possède ses contraintes opérationnelles, ses infrastructures et parfois ses propres exigences.
Le groupe continue en parallèle de renouveler et d’agrandir son parc. Il mentionne notamment de nouvelles commandes de locomotives Siemens Vectron et Newag Dragon-2.
Plus la flotte grandit, plus la maintenance devient centrale.
Pour François de Larambergue, le défi sera donc moins de piloter une fonction support que d’en faire un véritable levier commercial.
Dans la location ferroviaire, une locomotive disponible crée du revenu. Une locomotive immobilisée en consomme. La bataille de la performance se joue donc autant dans les ateliers que sur les rails.
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