Une économie budgétaire peut aussi réduire la capacité à préparer des candidats à l’emploi. C’est l’argument que défendent les réseaux de l’insertion par l’activité économique dans leur communiqué du 1er octobre. Ils demandent aux parlementaires de préserver les moyens d’une politique qui associe travail, accompagnement et formation.
La Fédération des entreprises d’insertion, Coorace, Emmaüs France et la Fédération des acteurs de la solidarité figurent parmi les réseaux mobilisés. Leur avertissement porte sur les financements annoncés pour 2027 et sur les conséquences qu’ils anticipent pour les structures locales.
Emplois en insertion : une baisse de crédits évaluée à 80 millions d’euros
Le Collectif IAE fait état d’une réduction de 5,9 % des crédits consacrés à l’insertion par l’activité économique dans le projet de loi de finances 2027. Cela représenterait environ 80 millions d’euros de moins qu’en 2026.
Les réseaux évaluent l’effet de cette baisse à quelque 4 000 emplois en insertion et plus de 10 000 parcours en moins. Les deux chiffres décrivent des réalités différentes : un poste financé peut accueillir plusieurs personnes au fil du temps. Ils ne correspondent donc pas à une annonce de 10 000 licenciements.
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Ces projections concernent les effets attendus du projet budgétaire. Elles ne constituent pas un bilan de suppressions déjà intervenues. Le débat parlementaire reste déterminant pour les moyens qui seront finalement accordés.
Cette alerte s’inscrit dans les arbitrages plus larges du budget 2027. Notre analyse sur la pression de la dette et ses conséquences pour les entreprises revient sur les contraintes de financement auxquelles l’exécutif fait face.
Ce que financent les emplois en insertion
L’IAE permet à des personnes éloignées du marché du travail de reprendre une activité avec un accompagnement renforcé. Le dispositif peut aussi comprendre des actions de formation, comme le précise la présentation des parcours et des structures d’insertion.
Les entreprises d’insertion produisent des biens ou des services. D’autres structures proposent des missions, notamment dans le travail temporaire, ou organisent des ateliers et chantiers. Le travail sert ainsi de support à l’acquisition de compétences et à la préparation d’une sortie vers l’emploi.
Les réseaux expliquent que leurs structures affrontent déjà une hausse des coûts et une conjoncture défavorable. Ils évoquent également des difficultés sociales plus lourdes chez les personnes accompagnées. Une baisse de financement pourrait donc affecter à la fois les capacités d’accueil et les moyens consacrés au suivi.
La formation subirait également une réduction
Le communiqué signale un second volet budgétaire. Les crédits du Plan d’investissement dans les compétences dédiés à l’IAE, le « PIC IAE », passeraient à 65 millions d’euros en 2027.
Le Collectif présente ce montant comme une baisse de 7 % par rapport à 2026 et de 35 % par rapport à 2024. Il alerte donc sur un double recul : moins de postes financés et moins de moyens pour former les salariés en parcours.
Pour les employeurs, la formation compte autant que l’expérience acquise dans la structure. Elle peut aider un candidat à maîtriser les gestes du métier, puis à accéder aux qualifications attendues. Réduire cette étape risque de compliquer la transition vers une entreprise qui recrute.
Un sujet concret pour les entreprises qui cherchent des compétences
Le Collectif cite plusieurs secteurs où l’insertion peut contribuer aux recrutements : bâtiment, industrie, agriculture, logistique ou économie circulaire. Son argument porte sur la capacité à accompagner vers ces métiers des personnes qui ne pourraient pas y accéder immédiatement.
Pour une PME, l’enjeu consiste à construire des échanges réguliers avec les acteurs locaux. Présenter les compétences recherchées, organiser une découverte du métier ou préparer une embauche peut donner une suite concrète au parcours. Ces démarches demandent toutefois du temps et des interlocuteurs disponibles.
Par ailleurs, les Geiq associent emploi, qualification et accompagnement dans un dispositif distinct. Les résultats présentés dans notre article sur l’insertion professionnelle et l’emploi durable au sein des Geiq éclairent l’intérêt de ces passerelles. Ils ne permettent pas pour autant de mesurer les effets des coupes envisagées pour l’IAE.
Les réseaux veulent peser sur le débat parlementaire
Les organisations demandent une mobilisation au-delà des clivages politiques. Elles défendent le maintien des emplois en insertion comme un investissement dans l’accès au travail et dans les compétences des territoires.
Cette démarche prolonge une mobilisation engagée avant la rentrée. En juillet, la Fédération des entreprises d’insertion annonçait que cinquante parlementaires avaient demandé la préservation du budget de l’IAE.
Pour les structures, les prochains arbitrages conditionneront les recrutements et les actions de formation de 2027. Pour leurs partenaires économiques, ils poseront aussi une question pratique : comment maintenir les passerelles vers l’emploi lorsque les capacités d’accompagnement diminuent ?
À garder en tête
Les 4 000 emplois en insertion menacés correspondent à une estimation du Collectif IAE. La baisse décrite toucherait aussi la formation. Les entreprises partenaires ont donc intérêt à échanger dès maintenant avec leurs interlocuteurs locaux sur les parcours prévus en 2027 et les besoins de recrutement auxquels ils pourraient répondre.
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