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Recrutement : les Geiq défendent la formation avant 2027

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Former les personnes recrutées et sécuriser leur parcours : les Geiq veulent remettre ces enjeux au cœur des politiques d’emploi. Dans un plaidoyer présenté le 2 octobre, leur fédération avance 40 propositions pour la présidentielle de 2027. Pour les entreprises, les demandes portent notamment sur l’accès à l’alternance, la reconnaissance des compétences et la stabilité des financements.

Recrutement : les Geiq défendent la formation avant 2027

Trouver un candidat, organiser sa formation, accompagner ses premiers mois : ces étapes relèvent d’un même recrutement. Pourtant, elles dépendent souvent de dispositifs distincts. C’est ce décalage que la Fédération Française des Geiq veut réduire dans son plaidoyer, présenté dans un communiqué du 2 octobre 2026.

Le document rassemble 40 propositions autour de 11 thématiques. Selon la fédération, 208 groupements, représentant près de 9 000 entreprises adhérentes, ont participé au travail. Il s’adresse aux candidats à la présidentielle de 2027. Il ne crée donc, à ce stade, aucune aide ni obligation nouvelle.

Pour les employeurs, l’enjeu dépasse le nombre de postes à pourvoir. Il concerne aussi les moyens nécessaires pour transformer une embauche en compétence disponible dans la durée.

Les Geiq veulent mieux reconnaître les entreprises qui forment

Les Groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification réunissent des entreprises autour de leurs besoins de recrutement. Ils embauchent des personnes éloignées de l’emploi, puis organisent leur mise à disposition, leur formation et leur accompagnement.

L’entreprise adhérente dispose ainsi d’un appui pour construire le parcours. Elle conserve toutefois un rôle essentiel dans l’accueil, la transmission des gestes professionnels et l’intégration au sein de l’équipe. Notre article sur l’insertion professionnelle au sein des Geiq détaille le fonctionnement de ce modèle.

La fédération souhaite mieux reconnaître cet engagement. Son plaidoyer pour 2027 propose notamment un label pour les entreprises qui réalisent des recrutements inclusifs, accompagné d’incitations fiscales.

Cette demande pose une question concrète : comment reconnaître l’effort de formation et d’accompagnement fourni par un employeur ? Toutefois, le communiqué n’en chiffre pas le coût ni le bénéfice attendu. Il ne permet donc pas d’estimer une économie pour une PME.

Redonner une place au contrat de professionnalisation

Autre priorité : maintenir la complémentarité entre apprentissage et contrat de professionnalisation. La fédération souhaite que les politiques d’accès à l’emploi et de reconversion mobilisent davantage ce second outil.

Le contrat de professionnalisation associe un contrat de travail à une formation visant une qualification. Service Public précise qu’il s’adresse notamment aux jeunes de 16 à 25 ans et aux demandeurs d’emploi de 26 ans ou plus. Certains bénéficiaires de minima sociaux et anciens titulaires d’un contrat unique d’insertion peuvent également y accéder.

Les Geiq demandent de supprimer certaines restrictions d’entrée et de garantir un soutien cohérent aux deux formes d’alternance. Pour un employeur, l’enjeu serait d’élargir les possibilités de qualification, selon les profils recrutés.

Il faut cependant distinguer cette ambition du droit actuel. Une entreprise ne peut pas construire son prochain recrutement sur les assouplissements réclamés dans le plaidoyer.

Mieux articuler expérience et formation

La fédération défend aussi la formation en situation de travail et un accès plus simple à la validation des acquis de l’expérience, ou VAE. Elle souhaite faciliter les parcours qui combinent reconnaissance des compétences acquises et formation complémentaire.

L’intérêt pour l’entreprise tient à cette articulation. Une personne peut déjà maîtriser une partie d’un métier tout en ayant besoin d’apprendre d’autres tâches. Reconnaître ce qu’elle sait faire permettrait de mieux cibler la formation nécessaire.

Toutefois, apprendre sur le poste suppose un accompagnement organisé. Le temps passé au travail ne suffit pas, à lui seul, à démontrer l’acquisition d’une qualification. Le sujet porte donc autant sur la construction du parcours que sur son financement.

Des clauses sociales suivies jusqu’à l’emploi durable

Dans les marchés publics, les clauses sociales peuvent ouvrir des possibilités d’insertion. La fédération veut élargir leur utilisation et mieux mutualiser les heures réalisées dans ce cadre.

Elle réclame surtout une évaluation qui prenne davantage en compte les résultats des parcours. Pour une entreprise participante, la distinction compte : réaliser des heures d’insertion et préparer une personne à occuper durablement un poste ne recouvrent pas le même effort.

Par ailleurs, le communiqué appelle à simplifier les démarches liées à l’emploi des salariés étrangers. Il vise notamment les renouvellements de titres de séjour et les autorisations de travail pour l’alternance. L’objectif affiché est de limiter les obstacles administratifs qui fragilisent l’accès ou le maintien dans l’emploi.

La stabilité des dispositifs pèsera dans les décisions

Ces propositions ont un point commun : elles demandent de la continuité. La fédération souhaite stabiliser les dispositifs qui démontrent leur impact, soutenir l’expérimentation et mieux coordonner les acteurs de l’emploi.

Cette demande intervient alors que les financements de l’insertion occupent déjà le débat budgétaire. Business Times a récemment analysé l’alerte sur les emplois en insertion dans le budget 2027. Les structures d’insertion par l’activité économique et les Geiq constituent toutefois des modèles distincts.

Pour les entreprises, former engage du temps bien avant que la personne gagne en autonomie. La portée du plaidoyer se mesurera donc aux arbitrages qui suivront : des règles et des financements assez prévisibles pour permettre aux employeurs de mener les parcours jusqu’au bout.