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Télécom SudParis : deux projets primés pour sécuriser l’IA

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Télécom SudParis compte deux lauréats aux Concours d’innovation de l’État 2026 : TatouAI, distingué par un Grand Prix i-PhD, et LABEL4.AI, récompensée en i-Lab pour CROMA. Le premier projet vise la traçabilité des modèles d’intelligence artificielle ; le second, la détection des contenus générés ou manipulés. Pour les entreprises, leurs usages et leurs conditions d’évaluation sont différents.

Télécom SudParis : deux projets primés pour sécuriser l’IA

Télécom SudParis a annoncé ces distinctions dans un communiqué du 5 octobre 2026. Elles ont été décernées lors de la cérémonie nationale du 16 septembre à Paris. Les deux projets concernent le contrôle des outils d’IA et des contenus numériques, avec des applications envisagées dans les secteurs sensibles et la lutte contre les deepfakes.

Télécom SudParis : deux prix, deux étapes de développement

Les concours, financés par France 2030 et opérés par Bpifrance, accompagnent les projets issus de la recherche vers la création d’entreprise. Selon le bilan officiel du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, l’édition 2026 a distingué 109 lauréats : 40 en i-PhD et 69 en i-Lab.

Le volet i-PhD s’adresse aux jeunes chercheurs. Ses lauréats bénéficieront d’un accompagnement d’un an pour préparer leur start-up. TatouAI fait partie des dix Grands Prix de cette promotion.

De son côté, i-Lab soutient la création d’entreprises technologiques et la finalisation de leurs travaux de recherche et développement. Le ministère annonce 25 millions d’euros de soutien pour les 69 lauréats. Ce montant concerne l’ensemble de la promotion i-Lab : le financement individuel de LABEL4.AI n’est pas précisé dans le communiqué de l’école.

TatouAI veut suivre les modèles et leurs transformations

Carl De Sousa Trias, chercheur postdoctorant à Télécom SudParis, porte TatouAI. Issu du laboratoire SAMOVAR, le projet développe une technologie pour identifier les modèles d’IA, suivre leurs évolutions et leurs copies, puis vérifier leur intégrité. Il vise aussi à détecter les modifications ou dérivations non autorisées.

L’école indique que cette technologie est protégée par un brevet. Ses équipes de valorisation et celles de l’Institut Polytechnique de Paris accompagnent le projet, qui prépare la création d’une start-up nommée IZENA.

Pour une entreprise qui développe ou adapte un modèle, l’intérêt attendu est de mieux suivre les versions utilisées et de protéger ses travaux. Dans un contrat avec un prestataire, cela pourrait aussi aider à vérifier que le modèle fourni correspond à celui convenu. Ces usages restent à évaluer dans les conditions réelles d’exploitation.

Le communiqué cite des applications envisagées en défense, santé et aéronautique. Il n’annonce ni déploiement dans ces secteurs ni résultats de tests permettant d’en mesurer l’efficacité. La question du contrôle des modèles rejoint celle des accès et responsabilités liés aux agents IA en entreprise, déjà abordée par Business Times.

CROMA vise les deepfakes, avec une analyse sur l’ordinateur

LABEL4.AI est accompagnée par IMT Starter, l’incubateur du campus. Sa fiche de présentation chez IMT Starter décrit une technologie qui associe marquage numérique invisible et analyse des contenus. Le projet CROMA, porté par Nicolas Bodin Guittard, reçoit le prix i-Lab.

Selon le communiqué, CROMA permet de détecter en temps réel les contenus générés ou manipulés par IA : images, vidéos, voix et documents. L’analyse se déroule directement sur l’ordinateur de l’utilisateur, sans transfert des données vers le cloud.

Ce fonctionnement présente un intérêt pour les organisations qui traitent des fichiers sensibles. Il faut toutefois distinguer cette architecture des performances de détection : une analyse locale ne garantit pas, à elle seule, qu’un contenu falsifié sera repéré.

Les usages visés concernent notamment l’usurpation d’identité et la désinformation. Ils répondent aux risques liés au clonage vocal et aux fraudes numériques visant les entreprises.

Des essais nécessaires avant un déploiement

Les distinctions reçues soutiennent le développement des projets. Elles ne constituent pas une mesure de leur efficacité pour chaque entreprise. Le communiqué ne fournit pas de taux de détection, de faux positifs ou de temps de traitement détaillés pour CROMA.

Un essai utile devra donc inclure des contenus authentiques et falsifiés, représentatifs des fichiers traités par l’organisation. Il devra aussi mesurer les alertes injustifiées et les ressources nécessaires sur les postes de travail. Pour TatouAI, l’évaluation portera sur les modèles compatibles et les transformations que la technologie peut effectivement reconnaître.

La prochaine étape annoncée pour TatouAI est la création d’IZENA. Pour les entreprises intéressées par CROMA, la décision de déploiement dépendra des résultats obtenus sur leurs propres contenus et équipements.