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Titres-restaurant : le GHR réclame un double plafond

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Le GHR estime à 1,22 milliard d’euros par an le manque à gagner de la restauration lié à la nouvelle répartition des dépenses en titres-restaurant. L’organisation réclame un plafond de 10 euros en grande distribution si l’usage élargi aux courses alimentaires perdure. Son chiffrage mesure un écart de parts de marché, dont les conséquences doivent être distinguées d’une baisse constatée du chiffre d’affaires.

Titres-restaurant : le GHR réclame un double plafond

Dans son communiqué du 18 septembre, le Groupement des Hôtelleries et Restaurations de France défend une nouvelle répartition des dépenses en titres-restaurant. Il demande de conserver une capacité d’utilisation de 25 euros par jour dans les restaurants et commerces alimentaires de proximité. En revanche, il souhaite la limiter à 10 euros dans les grandes et moyennes surfaces.

Cette demande intervient à l’approche du 31 décembre 2026, échéance de la dérogation autorisant les achats alimentaires élargis. Le GHR en fait une condition à leur prolongation ou à leur pérennisation. L’enjeu commercial est direct : quelle part du budget des bénéficiaires continuera de financer un repas acheté au restaurant ?

Titres-restaurant : ce que représentent les 1,22 milliard d’euros

Le groupement s’appuie sur des données qu’il attribue à la Commission nationale des titres-restaurant. La part des dépenses réalisée dans la restauration aurait reculé de 46,5 % au quatrième trimestre 2022 à 34,3 % au premier trimestre 2026. Cela représente une baisse de 12,2 points.

Sur la même période, la grande et moyenne distribution serait passée de 22,4 % à 32,8 %, soit un gain de 10,4 points. Les deux circuits se rapprochent ainsi nettement dans la répartition présentée par l’organisation.

Le calcul annoncé s’explique sur une base annuelle de 10 milliards d’euros : 12,2 % de cette somme représentent 1,22 milliard. Le gain de 10,4 points des supermarchés équivaut, sur cette même base, à 1,04 milliard d’euros.

Il s’agit donc d’une estimation par rapport à la répartition de fin 2022. Ces seuls pourcentages ne permettent pas de mesurer une diminution des encaissements des restaurants en valeur absolue. Pour cela, il faudrait aussi connaître le montant total du marché à chacune des périodes. Ils ne suffisent pas davantage à isoler l’effet de l’élargissement alimentaire de celui des autres changements de consommation.

Le plafond de 10 euros reste une revendication

Les règles d’utilisation rappelées par Service Public prévoient actuellement un plafond de 25 euros par jour. L’achat de produits alimentaires, directement consommables ou à préparer, reste autorisé jusqu’au 31 décembre 2026.

Le seuil de 10 euros défendu par le GHR constituerait donc une restriction supplémentaire en grande distribution. Il réduirait la somme mobilisable quotidiennement pour les courses, sans augmenter à lui seul le montant crédité aux salariés.

Son effet sur les recettes des restaurants dépendrait toutefois des comportements. Un bénéficiaire pourrait compléter son panier avec un autre moyen de paiement ou répartir ses achats. Une capacité de dépense réduite au supermarché ne se transformerait pas automatiquement en repas supplémentaires au restaurant.

Des entreprises fragiles et des commissions à revoir

Pour soutenir sa demande, le GHR cite les défaillances de l’hébergement-restauration. La Banque de France recensait 9 721 procédures sur douze mois à fin juillet 2026, soit une hausse de 7,4 % en un an. Ce périmètre comprend l’hébergement ; il ne se limite pas aux restaurants. Ces statistiques n’établissent pas de lien causal avec l’usage des titres.

La fragilité des établissements rejoint plus largement la question de l’accompagnement des entreprises en difficulté. Pour les commerçants, les sommes conservées après les frais d’encaissement comptent aussi.

Le GHR soutient ainsi la dématérialisation complète et la suppression des remises accordées par les émetteurs aux employeurs. Il en attend une baisse des commissions supportées par les restaurateurs. Ce résultat reste un objectif : il dépendrait des tarifs effectivement appliqués.

« Le titre-restaurant a été créé pour financer le repas du salarié. Il doit continuer à soutenir ceux qui préparent et servent ces repas », défend Catherine Quérard, présidente du groupement.

Une réforme désormais engagée au Parlement

Depuis l’envoi du communiqué, la proposition de loi de Christophe Naegelen a été adoptée en commission des affaires sociales le 7 octobre. Un amendement fixant une limite de 15 euros hors restauration a toutefois été rejeté. Ce montant et son périmètre diffèrent de la demande du GHR, comme l’explique notre article sur le plafond écarté en commission.

Au 11 octobre, le calendrier de l’Assemblée nationale prévoit une discussion en séance publique à partir du 12 octobre. Le vote en commission ne rend aucune de ces propositions applicable. Le devenir des achats alimentaires élargis et des commissions reste soumis à la suite du parcours législatif.