Bosch a confirmé le projet allemand au Handelsblatt le 5 novembre. Les 750 suppressions de postes supplémentaires visent les activités de la branche mobilité à Abstatt, dans le Bade-Wurtemberg. À Vendôme, dans le Loir-et-Cher, le dossier porte sur la recherche d’un repreneur. Les deux sites font donc face à des décisions de nature différente.
Bosch réduit ses équipes de développement à Abstatt
À Abstatt, l’activité Vehicle Motion travaille notamment sur le freinage et les logiciels qui pilotent les mouvements du véhicule. Le groupe explique que les nouveaux systèmes de freinage subissent une pression accrue sur les prix. Des concurrents chinois proposent des solutions moins coûteuses, y compris pour le marché européen.
La Chine change aussi le lieu où Bosch développe certains produits. Selon le groupe, des constructeurs chinois ont adopté parmi les premiers des systèmes de freinage et de direction à commande électronique. Bosch les a mis au point avec ces clients et ses équipes sur place. Le travail réalisé près des constructeurs chinois réduit ainsi certaines tâches à Abstatt. Le site doit toutefois conserver son rôle dans le développement.
Pour un équipementier, la proximité compte dès la conception. Les équipes doivent adapter le composant à la plateforme du constructeur et le tester avec lui. Le choix du lieu de développement peut donc déplacer des compétences bien avant le démarrage de la production. Notre article sur l’implantation européenne de Leapmotor avec Stellantis montre, dans l’autre sens, comment un constructeur chinois s’appuie sur un partenaire pour s’implanter en Europe.
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À Vendôme, les grévistes demandent l’arrêt de la vente
Le site Bosch de Vendôme produit des colonnes de direction et mène des activités de recherche et développement. En juin, le sénateur Jean-Luc Brault a évoqué 270 emplois directs concernés par la mise en vente. Ce chiffre situe le poids du site dans le bassin d’emploi à la date du débat.
Fin octobre, la CGT du Loir-et-Cher a demandé l’arrêt de la recherche d’un repreneur. Le syndicat juge les garanties insuffisantes sur les postes, l’avenir de l’usine et les droits des salariés. Le 5 novembre, le préfet a reçu la direction de Bosch France et les représentants du personnel, selon Val de Loire TV. La rencontre a rouvert le dialogue. À ce stade, les informations publiques consultées ne font état d’aucun accord de reprise.
Les commandes pèseront sur la solidité d’une reprise
Pour un candidat à la reprise, les volumes de commandes comptent autant que le prix de l’usine. Ils permettent d’estimer combien de lignes tourneront et quels postes pourront être maintenus. De même, les investissements prévus donnent une indication sur les produits que le site pourra fabriquer après les contrats en cours.
Notre suivi des immatriculations françaises montre que les ventes peuvent rebondir grâce à certaines motorisations. Les retombées pour une usine dépendent toutefois des modèles qu’elle équipe. À Vendôme, l’étape décisive sera donc la présentation d’un projet qui détaille les commandes, les investissements et les emplois que le repreneur s’engage à maintenir.
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