Le 26 octobre 2026, le département de l’Économie et des Technologies de l’information du Hubei a relayé le résultat d’un essai de fibre optique à 24 cœurs. Le laboratoire du groupe China Information Communication Technologies (CICT) a mené l’expérience avec le laboratoire de Peng Cheng et le fabricant FiberHome Fujikura. Selon l’annonce, leur système a atteint 3,2 pétabits par seconde en temps réel. C’est 28 % de plus que les 2,5 pétabits par seconde que la même équipe avait annoncés en mars.
Fibre optique à 24 cœurs : comment l’équipe a augmenté le débit
Dans une fibre classique à cœur unique, la lumière circule dans une seule zone au centre du brin de verre. Ici, le même brin contient 24 cœurs capables de transporter des signaux en parallèle. De plus, les chercheurs ont exploité trois bandes de longueurs d’onde. Le principe revient à utiliser plusieurs couleurs de lumière pour faire passer davantage de signaux dans un même brin.
Le chiffre annoncé additionne la capacité des canaux dans les deux sens. Il représente donc le trafic que la liaison peut porter au total dans les conditions de l’essai. La mention « en temps réel » signifie que les équipements traitent les signaux au fil de la transmission. Le record revendiqué porte ainsi sur une catégorie précise : la transmission bidirectionnelle en temps réel sur une seule fibre.
D’autres expériences visent des performances différentes. En 2023, par exemple, l’institut japonais NICT a annoncé 22,9 pétabits par seconde sur une seule fibre, avec un autre dispositif expérimental. Le chiffre chinois se lit donc avec trois précisions : le traitement en temps réel, les deux sens de circulation et les 10,3 kilomètres de l’essai.
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Ce que les « douze minutes » mesurent vraiment
À 3,2 pétabits par seconde, la capacité cumulée équivaut à 400 téraoctets par seconde. À ce rythme constant et sans pertes, 295 exaoctets représenteraient environ 12 minutes et 18 secondes de transmission.
Ce volume correspond toutefois à une estimation de la capacité mondiale de stockage en 2007, supports analogiques et numériques compris. Les douze minutes résultent donc d’un calcul. Un transfert réel dépendrait aussi du débit disponible dans le sens voulu et de la vitesse à laquelle les équipements peuvent lire et écrire les données.
Les centres de données sont le débouché le plus concret
L’un des usages envisagés consiste à relier deux centres de données à l’échelle d’une agglomération. Par exemple, si deux sites se partagent l’entraînement d’un modèle d’intelligence artificielle, les serveurs doivent échanger des résultats intermédiaires au fil des calculs. Si la liaison sature, une partie des machines attend. Une fibre de plus grande capacité pourrait alors absorber davantage de trafic entre deux sites sans multiplier les brins sur ce trajet. Cet enjeu de raccordement s’ajoute aux questions d’implantation que soulève le projet de centre de données de Google à Châteauroux.
L’équipe chinoise cite également la 6G parmi les applications possibles. Dans ce cas, la fibre pourrait transporter le trafic entre les antennes et le cœur du réseau. Pour les entreprises qui suivent les débits des offres internet fixes, les 3,2 pétabits par seconde décrivent une capacité mutualisée entre équipements de réseau, à une autre échelle que celle d’une ligne d’abonné.
Pour un opérateur, la prochaine mesure utile sera le coût par gigabit sur une liaison exploitée au quotidien. Il faudra y intégrer le prix de la fibre, des raccordements et des équipements aux deux extrémités. C’est ce calcul qui dira si une fibre à 24 cœurs peut concurrencer plusieurs brins classiques sur un même trajet.
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