Le 6 novembre 2026, Thomas Piketty a relancé son idée sur RTL. Il veut faire contribuer les plus grandes fortunes face à la dette publique. Selon l’Insee, cette dette représentait 119 % du PIB fin juin 2026. Les intérêts, eux aussi, pèsent sur le budget. Notre article sur la hausse prévue du coût de la dette détaille cet enjeu. Pour l’instant, aucun référendum sur cette proposition ne figure au calendrier.
Impôt de solidarité nationale : deux prélèvements
Dans sa chronique du 20 juin 2026, Piketty détaille son scénario. D’abord, il propose une taxe exceptionnelle de 50 % sur les enrichissements supérieurs à 100 millions d’euros. Il calcule cette hausse sur la période 2017-2027. Ensuite, il propose un impôt annuel. Le taux serait de 5 % pour les fortunes supérieures à 100 millions d’euros. Il atteindrait 10 % au-delà d’un milliard.
Au total, Piketty estime que son projet rapporterait environ 800 milliards d’euros. Il compte 400 milliards pour la taxe exceptionnelle. Il prévoit aussi 400 milliards pour l’impôt annuel sur dix ans. Dans son scénario, les contribuables paieraient en titres. Un fonds souverain recevrait alors ces titres pour orienter l’investissement. L’État disposerait ainsi d’actifs financiers. Pour financer des dépenses, il lui faudrait toutefois des liquidités. Les 800 milliards correspondent donc à la valeur que Piketty espère mobiliser. Si le fonds revendait les titres, le produit de la vente dépendrait de leur valeur à cette date.
Ce que Piketty reprend de 1945
En 1945, le Gouvernement provisoire de Charles de Gaulle a instauré cet impôt par ordonnance. À l’époque, le texte prévoyait deux prélèvements. Le premier portait sur la valeur du patrimoine. Le second visait la hausse du patrimoine entre 1938 et 1945. Aujourd’hui, Piketty reprend cette distinction. Il souhaite toutefois que les électeurs se prononcent sur son projet.
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Quelle différence avec la taxe Zucman ?
Au Parlement, le texte sur la taxe Zucman vise les patrimoines nets de plus de 100 millions d’euros. Elle fixe un minimum annuel de 2 %. Ainsi, les impôts que le dispositif prend en compte réduisent le complément à payer. Piketty propose, quant à lui, des taux annuels plus élevés. Il y ajoute une taxe ponctuelle sur l’enrichissement passé.
Pour les actionnaires concernés, la valeur des parts compte autant que les modalités de paiement. Par exemple, les parts d’une société non cotée peuvent prendre de la valeur sans rapporter d’argent à leur propriétaire. Un paiement en actions permettrait alors de régler l’impôt sans verser d’argent. Il pourrait toutefois modifier la répartition des droits de vote.
Qui peut décider d’un référendum ?
L’article 11 de la Constitution permet au président de soumettre une réforme de politique économique au référendum. Le gouvernement peut le lui proposer pendant les sessions parlementaires. Les deux assemblées peuvent aussi le faire ensemble. Il faudrait d’abord un texte précis pour savoir si cette procédure s’applique à l’impôt de solidarité nationale. En attendant, les arbitrages fiscaux du budget 2027 suivent leur propre calendrier..
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