Le changement technologique prend la tête !
Le changement est sec. À l’échelle mondiale, 63 % des dirigeants placent le changement technologique parmi les cinq principaux facteurs qui auront un impact sur leur organisation dans les 12 à 18 prochains mois. Il passe ainsi devant l’incertitude économique, qui occupait cette première place depuis 2023.
L’évolution est incroyable. Fin 2022, peux de dirigent (32%) voyait la technologie comme un enjeux majeur. En moins de trois ans, cette proportion a presque doublé, portée par l’essor de l’intelligence artificielle générative et la multiplication des usages numériques. L’IA s’installe désormais dans le quotidien des entreprises.
Aujourd’hui, 35 % des dirigeants déclarent que leurs équipes utilisent pleinement l’IA générative dans leurs flux de travail. À l’inverse, un an plus tôt, ils n’étaient que 19 %.
En France, les inquiétudes restent d’abord économiques et géopolitiques
La France, en parallèle, suit presque la même tendance avec quelques différences. Le changement technologique figure parmi les cinq principaux facteurs d’impact pour 55 % des dirigeants français. Ce score reste inférieur à la moyenne mondiale (63 %) et européenne (60 %).
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Dans l’Hexagone, d’autres préoccupations dominent encore. L’incertitude géopolitique arrive en tête. Elle est citée par 65 % des dirigeants français, contre 54 % dans le monde et 61 % en Europe. L’incertitude économique suit de près, avec 62 % des répondants en France, contre 57 % au niveau mondial et 58 % en Europe.
Cette hiérarchie traduit un contexte particulier. Les dirigeants français abordent la transformation technologique dans un environnement qu’ils jugent plus instable que leurs homologues européens ou internationaux. L’IA progresse, mais elle s’inscrit dans un climat marqué par les tensions économiques et géopolitiques.
Des entreprises encore peu préparées
L’adoption s’accélère. La préparation, beaucoup moins. Au niveau mondial, seuls 51 % des dirigeants estiment que leur organisation est prête à gérer le changement technologique. Cette proportion descend à 49 % en Europe et à 47 % en France.
Le constat est encore plus frappant concernant les transformations des effectifs. Entre évolution des métiers, montée en compétences et besoins de reskilling, seules 39 % des organisations dans le monde se disent préparées. Ce chiffre reste identique en Europe. En France, il tombe à seulement 20 %.
Un écart qui illustre le chemin qu’il reste à parcourir.
Gouvernance et compétences sous pression
Les freins ne sont pas uniquement technologiques. Environ quatre dirigeants sur dix estiment que leur organisation dispose des compétences techniques, de données suffisamment fiables et d’une gouvernance adaptée pour déployer efficacement et de manière sécurisée l’intelligence artificielle générative.
Les conseils d’administration ne semblent pas davantage armés. Seuls 29 % des répondants considèrent que leur board possède aujourd’hui l’expertise nécessaire pour accompagner la mise en œuvre de l’IA. Un chiffre qui interroge, alors que les décisions liées à ces technologies deviennent de plus en plus stratégiques.
L’étude met ainsi en évidence un paradoxe. Les entreprises n’ont jamais autant investi dans l’intelligence artificielle. Pourtant, une majorité de dirigeants estime encore que leur organisation ne dispose pas des compétences, des processus et de la gouvernance nécessaires pour en tirer pleinement parti.
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