Une période d’observation de six mois
Le Tribunal de commerce de Dijon a acté l’ouverture d’un redressement judiciaire au bénéfice du fabricant de vélos bourguignon. Cette décision ouvre une période d’observation de six mois, placée sous le contrôle du Tribunal, durant laquelle l’entreprise va poursuivre son activité tout en tentant de démontrer sa viabilité économique.
Contrairement à une liquidation, cette procédure vise à maintenir l’activité et l’emploi, tout en organisant le traitement des dettes dans un cadre collectif. « La décision du Tribunal nous donne exactement ce que nous étions venus demander : la possibilité et le temps de nous battre. Elle ne signifie pas que nous sommes sauvés, mais elle signifie que nous pouvons agir », a réagi William Perrier, directeur général des Cycles Lapierre.
Des pertes en nette réduction, mais toujours dans le rouge
L’entreprise dijonnaise met en avant des fondamentaux jugés solides. En 2025, son chiffre d’affaires s’est élevé à 99,1 millions d’euros. L’entreprise a ramené sa perte d’exploitation de 46,3 à 27,2 millions d’euros entre 2024 et 2025, soit une amélioration de plus de 41 % en un an.
Lapierre conserve également plusieurs atouts : un site industriel historique à Dijon, une unité d’assemblage, des équipes de R&D, d’achats et de service après-vente, ainsi qu’un réseau de plus de 800 revendeurs en France et à l’international, sous une marque créée en 1946.
À lire aussi
- ActualitésTrois parcs d’attractions saoudiens vont renaître sur les cendres de Mirapolis, près de Paris
- ActualitésFacturation électronique obligatoire : les entreprises inquiètes, la classe politique divisée
- ActualitésLa ministre déléguée à la Formation professionnelle appelle les entreprises à embaucher des apprentis
Le contexte de marché reste toutefois contrasté. Le marché français du vélo, évalué à 3,11 milliards d’euros, demeure en phase de correction, même si certains segments progressent : le gravel (+18 %), la réparation (+10,5 %) et la production française (+3,4 %).
Quatre priorités pour les prochains mois
Sous le contrôle des organes de la procédure, l’entreprise a fixé quatre axes de travail :
- Sécuriser l’activité immédiate : trésorerie, salaires, commandes, stocks et SAV.
- Finaliser un plan d’affaires autonome, fondé sur la rentabilité par produit et la maîtrise des coûts.
- Sécuriser l’autonomie juridique et opérationnelle de l’entreprise, notamment l’exploitation de sa marque.
- Trouver un investisseur industriel ou financier capable d’apporter des fonds propres et de soutenir une gouvernance de long terme.
Dès les deux premiers mois, l’entreprise devra démontrer sa capacité à financer la poursuite de son activité, une échéance clé de cette période d’observation.
Les emplois maintenus, une mobilisation locale
L’ouverture de la procédure ne remet pas en cause les contrats de travail : les salariés restent en poste, et l’entreprise les informera régulièrement via le CSE. « Leur savoir-faire est aussi l’une des principales raisons pour lesquelles un investisseur peut croire dans Lapierre », a souligné William Perrier.
L’entreprise indique par ailleurs bénéficier d’une mobilisation collective : clients, fournisseurs, banques, mais aussi Préfecture, services de l’État et collectivités territoriales sont associés à la recherche d’une solution, sans toutefois que cela ne se traduise par un financement public se substituant à l’investissement privé.
À lire également sur Business Times
- ActualitésShein entre en Bourse : le géant de la fast fashion cherche un nouveau souffle
- ActualitésCarrière : plus d’un salarié sur deux se compare aux autres
- ActualitésSurtaxe sur les grandes entreprises : ce que disent la théorie fiscale et les chiffres des banques
- ActualitésChatGPT désormais bridé pour les mineurs : OpenAI déploie sa détection d’âge automatique
