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Marseille : l’altercation entre Sébastien Delogu et trois policiers finit devant la justice

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Trois policiers marseillais ont porté plainte pour outrage contre le député LFI Sébastien Delogu après une altercation survenue dans son immeuble. L’élu conteste leur version et a lui-même déposé plainte pour violences volontaires. Une enquête de flagrance a été ouverte par le parquet de Marseille.

Marseille : l’altercation entre Sébastien Delogu et trois policiers finit devant la justice

L’affaire remonte au lundi 24 août, dans le 2e arrondissement de Marseille. Trois policiers du Service interdépartemental de sécurisation des transports en commun intervenaient dans un immeuble pour interpeller un homme soupçonné du vol d’une montre de luxe.

Cet immeuble est aussi celui où réside Sébastien Delogu, député La France insoumise de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône.

L’homme recherché a finalement été interpellé. Sébastien Delogu n’est pas mis en cause dans cette affaire de vol. C’est l’échange qui a précédé l’interpellation qui fait désormais l’objet de procédures judiciaires.

Les policiers accusent le député d’avoir entravé leur intervention

Selon les déclarations des policiers rapportées par plusieurs médias, Sébastien Delogu se serait opposé physiquement à leur entrée dans l’immeuble avant de tenir des propos considérés comme outrageants.

Les trois fonctionnaires ont déposé plainte pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique.

Les policiers lui attribuent notamment plusieurs insultes. Certains comptes rendus mentionnent également la phrase « La République, c’est moi », référence à la formule devenue célèbre de Jean-Luc Mélenchon lors d’une perquisition en 2018. L’avocat de Sébastien Delogu conteste formellement que son client ait prononcé cette phrase.

Sébastien Delogu donne une version très différente

Le député affirme pour sa part avoir trouvé devant son immeuble un homme en civil qu’il ne connaissait pas et qui ne portait, selon lui, aucun signe distinctif immédiatement visible indiquant sa qualité de policier.

Il explique avoir demandé son identité avant que le ton ne monte.

Sébastien Delogu accuse ensuite l’un des policiers de l’avoir insulté et bousculé. Il affirme notamment avoir reçu une poussée au niveau de la poitrine.

Son avocat, Me Yonès Taguelmint, a annoncé puis confirmé le dépôt d’une plainte contre X pour violences volontaires et faits commis par des personnes se présentant comme fonctionnaires de police. Le député demande également que les images de vidéosurveillance de l’immeuble soient exploitées.

Des vidéos existent, mais elles ne règlent pas le débat

Une partie de l’altercation a été filmée et plusieurs extraits circulent depuis sur les réseaux sociaux.

Les images disponibles montrent des échanges tendus et permettent de voir certains mouvements des protagonistes, mais elles ne couvrent pas l’intégralité de la scène.

Le Monde, qui indique avoir consulté des images issues de la vidéosurveillance de l’immeuble, rapporte notamment qu’un des agents était vêtu en civil et qu’il a ensuite montré un brassard. Ces images ne permettent toutefois pas de reconstituer l’ensemble des échanges verbaux entre les policiers et le député.

C’est désormais l’enquête qui devra établir précisément la chronologie et confronter les différentes déclarations.

Une enquête de flagrance ouverte à Marseille

Le parquet de Marseille a ouvert une enquête de flagrance après le dépôt des différentes plaintes.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a apporté son soutien aux policiers tout en rappelant que l’enquête devait déterminer les circonstances exactes de l’incident.

Sur le plan juridique, l’article 433-5 du Code pénal prévoit qu’un outrage adressé à une personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions peut être puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Il appartient cependant à la justice d’établir si les faits reprochés entrent effectivement dans cette qualification.

À ce stade, il existe donc deux plaintes opposées, plusieurs séquences vidéo et deux récits incompatibles sur certains moments de l’altercation. Aucune décision judiciaire n’a encore été rendue sur les faits.

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