Les adultes protégés, pas les enfants
Un décret du 27 mai 2025 oblige les employeurs à protéger leurs salariés des fortes chaleurs. Les enseignants, les ATSEM et les personnels de crèche bénéficient de cette protection. Aucun texte équivalent n’existe pour les élèves. Aucune température maximale n’est fixée dans les salles de classe.
OberA, une entreprise spécialisée dans le traitement de l’air, a interrogé 2 315 parents pour mesurer cette exposition. L’enquête, publiée le 10 août 2026, chiffre pour la première fois ce décalage de protection.
Des enfants déjà largement touchés par la chaleur
Les chiffres sont nets. 63 % des enfants sont rentrés de l’école en se plaignant d’avoir eu trop chaud. Plus d’un quart (27 %) a souffert de maux de tête, de nausées ou de vertiges. Les établissements ont supprimé des récréations dans 39 % des cas. Des examens se sont déroulés dans des salles surchauffées pour 37 % des enfants concernés. Seuls 27 % des parents n’ont constaté aucun impact de la chaleur sur la scolarité de leur enfant.
Le contraste avec les adultes est frappant. Lors du dernier épisode de forte chaleur, les Français ont trouvé refuge dans leur voiture (56 %) ou dans les centres commerciaux (43 %), davantage que chez eux (29 %). Pendant ce temps, 47 % des enfants n’ont eu accès à aucun espace rafraîchi dans leur école ou leur crèche. Seuls 9 % disposent d’une vraie climatisation.
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Cette asymétrie se ressent jusque dans le ressenti des familles : 56 % des parents s’estiment mieux protégés de la chaleur que leur propre enfant. Seuls 7 % pensent l’inverse.
Une attente forte d’encadrement légal
Une fois informés de l’absence de seuil réglementaire, 85 % des parents jugent la situation choquante. La demande de régulation est massive : 94 % des parents veulent une température maximale légale dans les lieux accueillant des enfants, avec une obligation de fermeture ou d’adaptation des locaux au-delà de ce seuil pour la grande majorité d’entre eux.
Les parents fixent la barre bas. Deux tiers (67 %) jugent une salle de classe inacceptable dès 28 °C. Plus d’un tiers (38 %) place même la limite à 26 °C.
Sur le financement, les parents désignent d’abord l’État (84 %) et les communes (79 %). Ils sont aussi 63 % à vouloir mettre à contribution les entreprises de l’énergie. Seuls 13 % envisagent de payer eux-mêmes, même si 35 % se disent prêts à contribuer ponctuellement à l’équipement de la classe de leur enfant.
Un fonds d’aide encore méconnu, à deux mois de son échéance
Face à ce constat, EDF a ouvert en 2026 un fonds de 80 millions d’euros dans le cadre de son programme « Je passe à l’électrique ». Il propose une prime de 400 euros par équipement aux écoles, crèches et centres de loisirs qui souhaitent s’équiper en solutions de rafraîchissement. La date limite est fixée au 30 septembre 2026.
Le dispositif reste largement inconnu : 71 % des parents n’en ont jamais entendu parler. Ils se montrent sceptiques sur sa mise en œuvre dans les temps. 34 % jugent les délais administratifs trop courts pour que les communes en profitent. Seuls 14 % pensent que la plupart des établissements seront au rendez-vous avant l’échéance.
L’accueil reste néanmoins favorable sur le principe : 66 % des parents saluent ce type d’initiative, quel que soit le financeur. Ils souhaitent cependant qu’elle cible en priorité les bâtiments les plus vétustes (76 %) et privilégient, à terme, l’isolation thermique à la seule climatisation (44 %). Une large majorité (78 %) réclame d’ailleurs la rénovation thermique des bâtiments scolaires comme priorité absolue, devant tout équipement ponctuel.
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