Un indice de confiance en repli
L’indice de confiance IA d’Expleo s’établit à 65 sur 100 cet été, sur une échelle allant de 0 (très inquiet) à 100 (très confiant). Le chiffre reste élevé, mais il traduit une exigence accrue de la part des dirigeants. 67 % d’entre eux font encore confiance à leur entreprise pour utiliser l’IA avec succès. C’est 10 points de moins qu’en juillet, et un net repli face au pic de 80 % enregistré en mars. L’enthousiasme, lui, demeure majoritaire à 60 %, mais perd 9 points sur un an.
Ce recul s’accompagne d’une inquiétude grandissante sur les effets concrets de la technologie au sein des organisations. Près d’un dirigeant sur deux (46 %) se dit désormais préoccupé par la manière dont l’IA transforme son entreprise. Un niveau supérieur à celui observé au Royaume-Uni et en Allemagne, deux pays pourtant couverts par la même étude. Autrement dit, la France se distingue par un mélange singulier : une ouverture croissante à la délégation de tâches, et une vigilance tout aussi croissante sur la façon dont cette délégation est mise en œuvre.
De l’assistant au décideur
Sur les tâches à faible enjeu décisionnel, l’adhésion reste forte et sans surprise. 70 % des dirigeants font confiance à l’IA pour résumer e-mails, documents ou comptes rendus de réunion. 67 % l’utilisent pour organiser leur agenda et leurs réunions. 62 % l’acceptent pour approuver des actions administratives à faible risque. Ces usages, déjà largement répandus, ne suscitent plus guère de débat : l’IA y tient un rôle d’assistant, sans réelle prise de décision autonome.
Le changement se joue ailleurs, et c’est lui que le baromètre met en lumière. Comparés à leurs homologues européens, les dirigeants français figurent parmi les plus ouverts à laisser l’IA intervenir dans des décisions aux conséquences bien plus lourdes. 47 % accepteraient qu’elle contribue à certaines décisions stratégiques. Le même pourcentage se dit prêt à l’associer à des décisions liées au recrutement ou aux ressources humaines. Des niveaux parmi les plus élevés observés en Europe, qui marquent un basculement : l’IA n’est plus cantonnée à l’exécution, elle commence à s’inviter dans l’arbitrage.
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Le paradoxe français
« Le paradoxe français est désormais clair : plus les dirigeants envisagent de confier des responsabilités à l’IA, plus ils deviennent exigeants sur les conditions de son déploiement. Le débat ne porte plus sur l’adoption de l’intelligence artificielle, mais sur le niveau de confiance et de gouvernance nécessaire pour lui déléguer des décisions à fort enjeu », explique Damien Lasou, directeur général d’Expleo en France.
Ce paradoxe résume bien la période que traversent les entreprises françaises à la rentrée 2026. D’un côté, une appétence réelle pour des agents IA capables d’assumer davantage d’autonomie. De l’autre, une prise de conscience des risques que cette autonomie fait peser sur la gouvernance, la responsabilité et le contrôle des décisions. Le curseur ne se déplace donc pas dans un seul sens : il oscille entre délégation croissante et exigence de garde-fous, ce qui pourrait bien devenir la ligne de fracture des prochains mois dans l’adoption de l’IA en entreprise.
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