Les résultats BlackRock, publiés le 14 octobre, confirment la progression du groupe : 7,75 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 19 % sur un an. Le bénéfice net augmente de 25 %. Les encours atteignent 15 488 milliards de dollars à fin septembre, contre 13 464 milliards un an auparavant. Ces montants désignent les placements gérés pour les clients, pas une trésorerie dont l’entreprise disposerait pour son propre compte.
Résultats BlackRock : la collecte porte le nouveau record
La dépêche AFP consacrée aux résultats souligne l’importance des souscriptions : les clients ont apporté environ 205 milliards de dollars nets au trimestre. La gamme iShares en capte 134,5 milliards, soit près des deux tiers du total. Ces fonds cotés constituent ainsi le principal canal de collecte du groupe.
Il faut toutefois distinguer cette collecte de la progression des encours. Un fonds peut grossir parce que ses clients investissent davantage ou parce que ses placements prennent de la valeur. À l’inverse, des souscriptions peuvent compenser des moins-values.
Le tableau de variation des encours illustre précisément cette distinction. Sur les douze derniers mois, les marchés ont largement contribué à la hausse des actifs gérés. Mais, sur le seul troisième trimestre, leur effet global est négatif d’environ 60 milliards de dollars. La collecte permet malgré cela d’établir un record. Parler d’une hausse uniforme des marchés pendant le trimestre serait donc trompeur.
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Les commissions progressent avec les encours
Le supplément financier de BlackRock fait ressortir une hausse de 19 % des commissions de base sur un an. Pour un gestionnaire, les souscriptions représentent une base potentielle de commissions supplémentaires. L’effet dépend aussi des produits choisis et de leurs tarifs. Un dollar placé dans un fonds indiciel ne produit pas nécessairement le même revenu qu’un dollar confié à une stratégie de gestion active.
Le groupe développe parallèlement les marchés privés : leur collecte nette atteint 15,3 milliards de dollars sur le trimestre. Ce segment comprend notamment des financements qui ne passent pas par les marchés cotés. Pour les entreprises, il renvoie au développement de prêteurs et d’investisseurs non bancaires, un sujet abordé dans notre entretien sur le prêt direct européen.
Ces capitaux collectés à l’échelle mondiale ne constituent toutefois pas une enveloppe disponible automatiquement pour les PME françaises. Chaque fonds conserve son mandat, ses critères de sélection et ses conditions de financement.
ETF crypto : un rebond surtout lié aux cours
Le communiqué financier original chiffre les actifs numériques à 79,6 milliards de dollars, contre 48,8 milliards fin juin. La hausse atteint environ 63 %. Elle se décompose ainsi :
| Origine de la variation au trimestre | Montant |
|---|---|
| Collecte nette | +7,9 milliards de dollars |
| Effet des marchés | +22,9 milliards de dollars |
| Effet de change | −3 millions de dollars |
La hausse des cours explique donc environ 74 % de l’augmentation des encours crypto. Cette progression ne correspond pas à autant d’argent nouvellement investi. En outre, les actifs numériques restent près de 23 % sous leur niveau de septembre 2025, malgré le rebond récent.
Leur poids demeure limité : environ 0,5 % des encours totaux. Leur volatilité attire l’attention, mais elle ne résume pas l’activité de BlackRock. La montée des fonds cotés concerne aussi les placements traditionnels, comme l’explique notre article sur les ETF synthétiques dans le PEA.
Deux mesures du bénéfice à distinguer
Enfin, le bénéfice dilué par action atteint 10,57 dollars selon les normes comptables américaines. Après les ajustements retenus par BlackRock, il ressort à 15,93 dollars, en hausse de 38 %. Ces deux indicateurs répondent à des calculs différents.
Pour apprécier la suite, la collecte restera un repère utile : elle montre si les clients continuent de confier des capitaux au groupe, même lorsque les variations de marché freinent la progression des encours.
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