Les ressources humaines sont en crise en raison d’un déficit d’attractivité et de stabilité d’emploi. Une enquête de la start-up française Staff & Go réalisée auprès de 1 712 structures, révèle que cette crise touche particulièrement les milieux médico-sociaux.
Une crise RH enracinée dans le secteur social
Le secteur des ressources humaines fait face à une crise des talents profonde et étendue. En 2022, 6 millions d’emplois étaient à pourvoir dans l’Union Européenne. Avec l’essor de l’intelligence artificielle et l’automatisation des procédés, les compétences traditionnelles cèdent la place à des besoins d’analyse, de contrôle et de pilotage. Cette mutation technologique participe à un déficit d’image, notamment dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. Des conditions de travail exigeantes, des rémunérations peu attrayantes et une reconnaissance très limitée, diminuent l’attractivité de la profession. En effet, près de 3 salariés sur 4 (73 %) ont déjà envisagé de démissionner, faute de bonnes conditions de travail. 27 % des professionnels interrogés reconnaissent y penser régulièrement.
Les difficultés de recrutement, l’absentéisme élevé et les horaires irréguliers amènent à un taux de rotation important, des temps partiels subis et des contrats courts. Ces contraintes alourdissent la charge de travail sur les effectifs encore davantage sous pression. C’est alors un cercle vicieux entre mauvaises conditions de travail et détérioration de l’image professionnelle. Les métiers en première ligne sont les premiers touchés par ce déficit de personnel. Les profils les plus complexes à recruter sont les remplaçants (52 %), les aides à domicile (48 %), les auxiliaires de vie (46 %) et les aides-soignants (43 %). Cette crise RH est organisationnelle mais se répercute directement sur les services au public. La moitié des structures confient avoir déjà dû annuler ou reporter une prestation faute de personnel. De même, 4 établissements sur 10 ont été contraints de refuser de nouveaux bénéficiaires ou de nouvelles inscriptions.

L’humain tend à disparaître derrière la gestion administrative
Ce désaveu des carrières RH au sein du médico-social est lié à une perte de sens et un épuisement professionnel. 6 structures sociales sur 10 estiment consacrer plus de 20 % de leur temps à des tâches administratives au détriment de l’accompagnement direct des bénéficiaires. Dès lors, l’engagement social qui a motivé leur entrée dans la profession est grignoté par des tâches de gestion.
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Néanmoins, les RH occupent une position de régulation essentielle entre la direction, les salariés et le public. Dépositaires d’une triple charge, opérationnelle, émotionnelle et mentale, ils sont soumis à des facteurs organisationnels changeants. L’absence de stabilité et l’effort d’adaptation constant mènent alors à l’épuisement. 7 salariés sur 10 avouent avoir eu, au moins plusieurs fois par mois, le sentiment de ne pas pouvoir accompagner correctement un bénéficiaire faute de temps ou de moyens.
Attachés à une culture professionnelle tournée vers le minimisation de la souffrance psychologique, les professionnels subissent une pression constante et sont davantage sujets au burn-out. Avec un fort absentéisme et de nombreux postes vacants, les services se retrouvent automatiquement dégradés. Ainsi, près de 6 salariés sur 10 déclarent avoir dû informer une famille ou un usager au moins 4 fois dans l’année d’une dégradation ou interruption de service due à la pénurie de personnel. Et près d’un tiers l’auraient fait plus de 10 fois ou de manière régulière.
Que faire pour améliorer l’attractivité du secteur ?
Ces métiers sont dépositaires d’un engagement fort pour l’accompagnement et le contact humain. Aujourd’hui, la majorité des professionnels en exercice a perdu le sens de son engagement à cause des conditions de travail. En effet, 9 salariés sur 10 ne recommanderaient pas leur métier sans réserve à un jeune en orientation. Plus interpellant encore, plus de 4 sur 10 iraient même jusqu’à déconseiller leur profession.

Il est primordial de repositionner les RH au cœur des structures. Charpente stratégique des organisations, ils sont les médiateurs et les porte-paroles de leur structure. L’association Groupe SOS appelle à repenser le rapport aux ressources humaines. Revalorisation des métiers essentiels, former en continu, assurer un management de proximité, mettre à disposition un numéro vert d’accompagnement psychologique gratuit, visent à améliorer le bien-être au travail. L’objectif est de briser la solitude de la profession et de renforcer le sentiment de reconnaissance envers la profession.
Dans un contexte de tension durable sur les ressources humaines dans le secteur social et médico-social, les outils RH et les SIRH apparaissent comme des leviers essentiels pour sécuriser les organisations, renforcer la fidélisation des équipes et améliorer la qualité de l’accompagnement des publics fragiles. Ils contribuent ainsi à redonner de la stabilité aux structures et à replacer l’humain au cœur des pratiques professionnelles.
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