Une promesse d’égalité mise à l’épreuve
L’étude menée auprès d’un échantillon représentatif de 1 003 Français témoigne d’un malaise profond au sein de la société. Malgré un sentiment majoritaire d’inclusion, 17 % des personnes interrogées déclarent se sentir mises de côté du collectif. Ainsi, le déterminisme social demeure puissant en France.
Cette tendance a également été observée par le Conseil économique, social et environnemental (CESE). Dans son rapport 2025 sur l’état de la France, l’institution questionne la réalité de l’égalité des chances. L’étude d’Occurrence et le sondage d’opinion réalisé par le CESE en 2025 convergent vers le même constat : seul un Français sur dix considère que tout le monde a les mêmes chances de réussir.
Les inégalités sont aujourd’hui jugées plus visibles et davantage ressenties. Deux Français sur trois déclarent avoir été personnellement confrontés à une situation d’inégalité des chances. La politiste Agathe Cagé souligne d’ailleurs que les exceptions consolantes de transfuges de classe ne permettent pas de remettre en cause la réalité : « la France est devenue le grand pays des classes figées ».
Une inclusion sociale à géométrie variable
Le doute à l’égard de l’égalité des chances s’est durablement installé. Comme le souligne Fabienne Rouchy, rapporteuse de l’avis du CESE : « il faut six générations pour passer d’un milieu populaire à la classe moyenne, contre deux dans les pays nordiques. »
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Cependant, ce décalage n’est pas vécu de la même manière par tous. En effet, 39 % des hommes se disent pleinement inclus dans la société, contre seulement 29 % des femmes. Cette différence s’explique notamment par des inégalités structurelles persistantes. Les femmes rencontrent davantage de difficultés pour accéder à l’emploi et progresser vers des postes à responsabilités. Leurs priorités diffèrent également. Ainsi, 37 % des femmes considèrent la santé physique et mentale comme un enjeu central, contre 29 % des hommes. Ce constat rappelle que l’égalité se joue aussi dans la capacité à occuper pleinement sa place dans la société. Les personnes les plus vulnérables et les moins privilégiées sont donc aussi les moins susceptibles de se sentir intégrées.
Par ailleurs, le parcours de vie comporte de nombreux freins à l’inclusion. Selon l’étude, l’égalité des chances se joue d’abord dans les sphères scolaire (43 %) et professionnelle (52 %). Ces domaines façonnent les trajectoires individuelles en déterminant l’accès à l’emploi, aux responsabilités et aux rémunérations. Les conditions concrètes permettant d’évoluer et de gagner en confiance doivent également être prises en compte. L’accès au logement figure parmi les principales priorités d’action pour l’égalité des chances, cité par 34 % des Français.
Transformer le constat en leviers d’action
Selon Chloé Sebagh, directrice générale du festival UNIQUES, « la promesse d’égalité s’effrite depuis des années […] mais ce n’est pas une fatalité ». Elle souligne en effet l’existence d’initiatives qui « ouvrent des portes, créent des opportunités et changent des trajectoires ».
Partout sur le territoire, les actions en faveur de l’égalité des chances se multiplient. Le plan Talents du service public, mis en place par l’État, propose des formations gratuites et diplômantes pour préparer une cinquantaine de concours de la fonction publique. Ce dispositif s’adresse aux étudiants boursiers, aux demandeurs d’emploi, aux habitants des quartiers prioritaires de la ville, des zones rurales et des collectivités d’Outre-mer. De même, des initiatives locales voient le jour. Le département du Val-d’Oise a notamment créé un Prix de l’égalité des chances et lancé le programme Val-d’Oise Tremplin.
Le véritable enjeu réside désormais dans la capacité à faire connaître ces solutions. C’est pourquoi UNIQUES souhaite accompagner les personnes les plus éloignées des opportunités afin de « les rendre visibles, les connecter aux bons acteurs et leur donner les moyens de grandir ».
La troisième édition du festival UNIQUES, qui se tiendra à la Cité du Cinéma le 12 septembre, proposera des conférences, des ateliers et des temps d’échange destinés à accélérer le passage du constat aux solutions.
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