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Distributeurs de billets : près de cinq automates disparaissent chaque jour en France

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Le nombre de distributeurs automatiques de billets est passé de 42 578 à 40 804 en un an. Cette baisse de 4,2 % se concentre principalement dans les villes déjà bien équipées. La Banque de France affirme que l’accès aux espèces reste préservé, notamment grâce au développement des retraits chez les commerçants et à la mutualisation des réseaux bancaires. Ces solutions ne remplacent toutefois pas totalement un distributeur ouvert en permanence et accessible à tous les clients.

Distributeurs de billets : près de cinq automates disparaissent chaque jour en France

La France comptait 40 804 distributeurs automatiques de billets à la fin de l’année 2025, contre 42 578 un an auparavant.

Au total, 1 774 automates ont disparu en douze mois, soit une baisse de 4,2 %. Rapporté à l’année, le recul représente près de cinq distributeurs retirés chaque jour.

La tendance n’est pas nouvelle. Le parc avait déjà diminué de 3,5 % en 2024 et de 4,6 % en 2023. Elle traduit la baisse des retraits et l’évolution des habitudes de paiement, mais aussi la volonté des banques de réduire le coût de gestion de leurs automates.

Cette diminution alimente régulièrement la crainte d’une disparition progressive des espèces. Les données publiées le 24 juillet 2026 par la Banque de France décrivent toutefois une situation plus nuancée : le nombre de machines recule, mais la distance moyenne permettant d’obtenir des billets évolue peu.

1 774 distributeurs supprimés en un an

Le nombre de distributeurs est passé de 42 578 en 2024 à 40 804 en 2025.

Ces chiffres incluent les automates exploités par les banques et ceux appartenant à des opérateurs privés indépendants.

La baisse du nombre de machines est plus importante que celle du nombre de sites qui en accueillent.

Un même site, par exemple une agence bancaire ou une galerie commerciale, peut réunir plusieurs distributeurs. Lorsqu’une banque retire l’un des deux automates installés à la même adresse, le parc national diminue, mais le point d’accès reste disponible.

En 2025, le nombre de sites équipés d’au moins un distributeur a reculé de 2,7 %, contre une baisse de 4,2 % pour le nombre total de machines.

Cette différence montre qu’une partie de la rationalisation consiste à réduire le nombre d’automates sur des emplacements déjà pourvus plutôt qu’à supprimer entièrement le service.

Les grandes villes concentrent la majorité des retraits

Les suppressions concernent principalement les communes les plus peuplées.

Dans les villes de plus de 5 000 habitants, le nombre de distributeurs a reculé de 4,7 %. La baisse est limitée à 2,6 % dans les communes de moins de 5 000 habitants, qui représentent 94 % des communes françaises.

Dans les communes de moins de 1 000 habitants, le nombre de DAB aurait même progressé de 2,5 % en 2025.

La Banque de France estime que les banques suppriment prioritairement les automates situés dans des secteurs urbains où plusieurs machines restent disponibles à proximité.

Cette répartition permet de préserver statistiquement le maillage territorial. Elle ne garantit toutefois pas que chaque fermeture soit sans conséquence pour les habitants concernés.

La disparition d’un automate peut allonger le trajet à pied, concentrer les files d’attente sur une seule machine ou supprimer l’accès aux espèces lorsque le distributeur restant tombe en panne.

Les données nationales mesurent principalement la distance géographique. Elles ne renseignent pas précisément sur la disponibilité effective des machines, leurs horaires, les pannes ou les ruptures de billets.

Environ 6 500 communes disposent toujours d’un distributeur

Depuis 2018, le nombre de communes françaises équipées d’au moins un distributeur reste stable autour de 6 500.

La stabilité concerne également les plus petites communes : environ 730 localités de moins de 1 000 habitants disposent toujours d’au moins un DAB.

Le parc diminue donc davantage à l’intérieur des communes équipées que par disparition complète de la présence bancaire.

Cette distinction explique pourquoi la réduction de plusieurs milliers d’automates n’entraîne pas, pour l’instant, une chute comparable du nombre de communes desservies.

Elle ne résout pas la situation des communes qui ne disposent déjà d’aucun distributeur. Dans ces territoires, l’accès dépend d’un déplacement vers une commune voisine ou d’un service proposé par un commerçant.

98,6 % de la population située à moins de quinze minutes d’un DAB

À la fin de 2025, 98,6 % de la population métropolitaine se trouvait à moins de quinze minutes de trajet en voiture d’un site équipé d’au moins un distributeur.

Lorsque les points de retrait proposés par certains commerçants sont ajoutés aux DAB, cette proportion atteint 99,8 %.

Pour les habitants d’une commune sans distributeur, le temps moyen nécessaire pour rejoindre la commune équipée la plus proche est estimé à 9,3 minutes, contre 9,2 minutes l’année précédente.

L’indicateur reste donc presque stable malgré les fermetures.

La Banque de France s’appuie également sur une enquête de la Banque centrale européenne : 91 % des Français interrogés considèrent que l’accès aux espèces est « facile » ou « très facile ».

Ces résultats établissent que l’accessibilité reste élevée à l’échelle nationale. Ils ne signifient pas que tous les territoires bénéficient du même niveau de service.

Le calcul retient notamment un trajet en voiture. Il correspond moins bien à la situation des personnes âgées, des ménages sans véhicule ou des habitants dépendant des transports collectifs.

Plus de 30 000 points de retrait chez les commerçants

La réduction du nombre de distributeurs est partiellement compensée par la progression des services de retrait chez les commerçants.

La France comptait 30 057 points privatifs de distribution d’espèces à la fin de 2025, soit une hausse de 5,5 % en un an. Ils étaient 28 479 fin 2024.

Ces points comprennent notamment :

  • les points Nickel de BNP Paribas ;
  • les relais du Crédit Agricole ;
  • les points relais du Crédit Mutuel ;
  • certains bureaux, agences communales et relais commerçants de La Banque Postale.

Le client peut y retirer des espèces sans être obligé d’effectuer un achat. Le service reste cependant accessible uniquement aux clients du réseau bancaire auquel le commerçant est rattaché.

Un point de retrait chez un commerçant ne constitue donc pas l’équivalent exact d’un distributeur bancaire.

Il dépend des horaires d’ouverture du commerce, de la liquidité disponible dans sa caisse et de l’appartenance du client à une banque partenaire.

Le retrait chez les commerçants reste un service fermé

La Banque de France qualifie ces dispositifs de « points privatifs » parce qu’ils ne sont pas ouverts à tous les détenteurs d’une carte bancaire.

Un client du Crédit Agricole peut utiliser certains relais de son réseau, tandis qu’un client d’une banque concurrente ne bénéficie pas nécessairement du même service.

Cette restriction limite leur capacité à remplacer totalement les DAB traditionnels.

Le distributeur accepte généralement les cartes de plusieurs établissements, même si la banque du client peut facturer certains retraits effectués en dehors de son propre réseau.

Le point commerçant est plus dépendant de l’accord conclu entre la banque, l’exploitant et le client.

Le Groupement Cartes Bancaires prépare un dispositif destiné à élargir la délivrance d’espèces dans les commerces. À la date du rapport, ce projet restait en développement et ne constituait pas encore un service généralisé.

Cash Services mutualise les automates de quatre groupes bancaires

BNP Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel et CIC ont choisi de réunir une partie de leurs distributeurs dans un réseau commun baptisé Cash Services.

Le principe consiste à remplacer les automates portant le logo d’une seule banque par des équipements mutualisés. Lorsqu’un client introduit sa carte, la machine reconnaît son établissement et lui présente les services correspondant à son compte.

Les automates permettent notamment :

  • de retirer des billets ;
  • de déposer des espèces ;
  • de déposer des chèques ;
  • de consulter le solde du compte ;
  • d’effectuer certaines opérations bancaires en libre-service.

Pour les clients des quatre groupes partenaires, les retraits en euros sont annoncés sans frais liés à l’utilisation du réseau mutualisé.

Cette mutualisation permet aux banques de partager les coûts d’installation, d’approvisionnement, de surveillance et de maintenance.

L’objectif de Cash Services a évolué

Les chiffres publiés sur le futur réseau Cash Services ne sont pas totalement cohérents.

Un communiqué diffusé en février 2025 annonçait près de 7 000 sites en France, à Monaco et en Corse à l’horizon 2026.

Les Numériques reprend également un objectif de 7 000 automates, dont 5 000 dans des agences et 2 000 sur des emplacements extérieurs. Le média estime qu’environ 3 000 machines disparaîtraient par rapport aux quelque 10 000 distributeurs initialement exploités par les quatre groupes.

Le site officiel de Cash Services affiche désormais une formulation différente : il annonce près de 6 000 points courant 2026.

La communication publique suggère donc que l’objectif a été révisé ou que les documents ne comptabilisent pas exactement le même périmètre.

Sans précision supplémentaire de l’opérateur, il serait imprudent de présenter les 7 000 automates comme le chiffre définitif du réseau.

Moins de machines, mais davantage de services

La mutualisation repose sur un arbitrage économique : réduire le nombre total d’équipements tout en augmentant le nombre d’opérations disponibles sur chacun d’eux.

Pour les banques, l’intérêt réside dans la réduction des doublons. Une même rue pouvait auparavant accueillir plusieurs distributeurs appartenant à différents établissements.

Un automate commun peut remplacer plusieurs machines situées à proximité.

Pour les clients des groupes partenaires, Cash Services peut également élargir le nombre de points permettant d’effectuer des dépôts de billets, de pièces ou de chèques.

Le dispositif améliore donc certains services tout en diminuant le nombre brut de machines.

Son efficacité devra être mesurée à partir de la localisation réelle des automates, de leur disponibilité et de leur capacité à éviter l’apparition de secteurs insuffisamment desservis.

Le coût du cash pèse sur les banques

Un distributeur entraîne plusieurs catégories de dépenses :

  • achat ou location de la machine ;
  • maintenance ;
  • alimentation et sécurisation du site ;
  • approvisionnement en billets ;
  • transport de fonds ;
  • surveillance ;
  • assurance ;
  • traitement informatique des opérations.

Ces coûts persistent même lorsque les retraits diminuent.

La baisse de l’usage des espèces pousse donc les établissements à réduire le nombre d’automates les moins utilisés et à mutualiser leurs infrastructures.

La Banque de France considère que cette rationalisation contribue à la pérennité de la filière en évitant de maintenir des machines redondantes dans les secteurs déjà bien équipés.

Ce raisonnement économique ne suffit toutefois pas à déterminer le nombre minimal de distributeurs nécessaire dans chaque territoire.

La rentabilité d’un automate est une donnée bancaire. Son utilité peut être plus large pour une commune, ses commerces et ses habitants.

La disparition d’un DAB peut fragiliser le commerce local

Dans les petites communes, un distributeur peut participer à l’activité économique du centre-ville.

Un client qui retire de l’argent peut ensuite l’utiliser dans un commerce, sur un marché, dans un café ou auprès d’un professionnel n’acceptant pas systématiquement la carte.

La fermeture d’un automate peut donc déplacer une partie de la fréquentation vers la commune voisine.

Les trois articles fournis ne mesurent pas cet effet et ne chiffrent pas les pertes éventuelles pour les commerçants.

Il serait excessif d’affirmer que chaque suppression de DAB entraîne une baisse du chiffre d’affaires local.

Mais la question dépasse l’accès individuel aux billets. Elle concerne aussi l’attractivité commerciale et les services disponibles dans une commune.

Cash Services a d’ailleurs lancé une offre destinée aux collectivités souhaitant installer un automate, y compris lorsqu’aucune agence des banques partenaires n’est présente.

Les espèces restent un outil d’inclusion

La diminution de l’usage du cash ne signifie pas que les espèces sont devenues inutiles.

Elles restent importantes pour plusieurs catégories de population :

  • personnes peu à l’aise avec les outils numériques ;
  • ménages utilisant les enveloppes budgétaires ;
  • personnes ne disposant pas de carte ;
  • consommateurs souhaitant préserver leur confidentialité ;
  • habitants confrontés à une panne informatique ou électrique.

La Banque de France qualifie les espèces de moyen de paiement « résilient et inclusif ».

Le maintien d’un accès géographique ne constitue toutefois qu’une partie de cette inclusion.

Il faut également que le service soit compréhensible, accessible aux personnes handicapées, disponible à des horaires adaptés et utilisable sans frais excessifs.

Les statistiques publiées ne détaillent pas l’ensemble de ces dimensions.

Le recul des distributeurs ne signifie pas la fin du cash

Les chiffres établissent une baisse continue du nombre de DAB.

Ils montrent également que cette diminution n’a pas encore entraîné de dégradation mesurable de la distance moyenne nécessaire pour obtenir des espèces.

La transformation repose sur trois mouvements parallèles :

  1. la suppression des distributeurs redondants ;
  2. la mutualisation des automates bancaires ;
  3. le développement des retraits chez les commerçants.

Ce système conserve aujourd’hui un niveau élevé d’accessibilité nationale.

Il déplace cependant une partie du service vers des dispositifs moins universels : horaires commerciaux, accès réservé aux clients de certains réseaux et dépendance à la disponibilité de liquidités chez les commerçants.

La question n’est donc pas uniquement de savoir combien de distributeurs disparaissent. Elle consiste à mesurer si les solutions qui les remplacent offrent réellement le même service aux personnes qui continuent d’utiliser des billets.

Ce que les chiffres permettent d’établir

À la fin de l’année 2025 :

  • la France comptait 40 804 distributeurs, contre 42 578 un an auparavant ;
  • 1 774 DAB ont disparu en douze mois ;
  • le nombre de machines a diminué de 4,2 % ;
  • le nombre de sites équipés a reculé de 2,7 % ;
  • environ 6 500 communes disposaient toujours d’au moins un DAB ;
  • 98,6 % de la population vivait à moins de quinze minutes en voiture d’un distributeur ;
  • cette proportion atteignait 99,8 % en intégrant les points de retrait chez les commerçants ;
  • 30 057 points privatifs étaient disponibles, en hausse de 5,5 %.

Ces chiffres ne permettent pas de connaître précisément :

  • le nombre de pannes ;
  • la fréquence des ruptures de billets ;
  • les horaires réellement disponibles ;
  • les frais supportés par chaque client ;
  • l’effet économique des fermetures sur les communes ;
  • le nombre définitif d’automates Cash Services prévu à la fin de 2026.

Le parc français continue donc de se contracter, mais le maillage ne s’est pas encore effondré. La prochaine étape sera de vérifier si cette stabilité résiste lorsque les réseaux mutualisés auront achevé leur déploiement.

En bref

Combien reste-t-il de distributeurs de billets en France ?

La France comptait 40 804 distributeurs automatiques de billets à la fin de 2025, contre 42 578 à la fin de 2024.

Combien de distributeurs ont disparu en 2025 ?

Le parc a perdu 1 774 automates en un an, soit une baisse de 4,2 % et près de cinq distributeurs par jour.

Pourquoi les banques suppriment-elles des DAB ?

Les retraits et l’utilisation des espèces diminuent, tandis que l’entretien, la sécurité et l’approvisionnement des machines continuent de générer des coûts. Les suppressions concernent principalement les zones urbaines disposant de plusieurs automates proches.

Peut-on encore facilement retirer des espèces ?

À la fin de 2025, 98,6 % de la population se trouvait à moins de quinze minutes en voiture d’un distributeur. Cette proportion atteignait 99,8 % en ajoutant les points de retrait proposés par certains commerçants.

Peut-on retirer de l’argent chez un commerçant sans achat ?

Dans les points privatifs recensés par la Banque de France, il n’est pas nécessaire d’effectuer un achat. Le service reste cependant réservé aux clients des réseaux bancaires partenaires.

Qu’est-ce que Cash Services ?

Cash Services est un réseau mutualisé d’automates développé par BNP Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel et CIC. Les machines permettent notamment de retirer et déposer des espèces ou des chèques.

Combien d’automates Cash Services seront installés ?

Un communiqué de 2025 annonçait près de 7 000 sites. Le site officiel indique désormais près de 6 000 points courant 2026. Le chiffre définitif doit donc encore être confirmé.

Sources externes