Une histoire de famille avant tout
Tout commence à la maison. Nés en France de parents maliens passionnés de cuisine, Abdoulaye et Fousseyni grandissent entourés de mafé, de yassa et de thieb, mais constatent rapidement à quel point ces plats restent méconnus, voire caricaturés, à l’extérieur. « On a grandi avec ces plats à la maison. Et dehors, on voyait à quel point ils étaient mal compris, parfois réduits à des clichés », confie Fousseyni Djikine.
Après plusieurs années dans le conseil, les deux frères décident alors de changer de cap pour se consacrer entièrement à cette transmission. En 2017, ils ouvrent BMK Paris-Bamako, puis BMK Folie-Bamako en 2020, deux restaurants entre le 10e et le 11e arrondissement où la carte, entièrement faite maison, est élaborée sous le regard de leur mère, avec le soutien de leur père, restaurateur depuis plus de quarante ans, et de leur cousin, le chef Sada Sy.
DKR, la suite logique d’un parcours
Avec DKR, les frères Djikine franchissent une nouvelle étape. Leur ambition reste la même, démocratiser les cuisines africaines et afrodescendantes, mais le format change radicalement. Ici, on s’éloigne du restaurant traditionnel pour adopter les codes de la street food : service rapide en bornes, carte resserrée, prix accessibles, puisque les premiers prix démarrent sous les 10 euros et les plats tournent autour de 12 euros.
Le résultat ? Un mafé relevé par un mélange d’épices intenses, un yassa twisté à la mangue, du poulet frit accompagné de sauces maison originales comme la sauce barbecue à l’arachide, ou encore des références plus rares comme le widjila du Nord Mali et le pikliz caribéen. Côté desserts, on retrouve des classiques détournés, à l’image du ngalakh revisité au Nutella. Pour construire cette carte, les deux frères se sont d’ailleurs entourés de Diadié Diombana, chef de la nouvelle génération.
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Un univers pensé pour une nouvelle génération
Au-delà de l’assiette, DKR cultive une véritable identité visuelle et sonore. Le décor, installé rue de la Roquette, s’inspire des rues d’Afrique avec des couleurs franches et des motifs revisités, loin des clichés folkloriques attendus. Quant à l’ambiance sonore, elle mêle afrobeats, kompa et trap antillaise, pour une bande-son aussi hybride que la cuisine proposée.
Avec DKR, Abdoulaye et Fousseyni Djikine ne cherchent pas seulement à ouvrir un restaurant supplémentaire à Paris. Ils veulent surtout faire entrer les cuisines panafricaines dans le paysage culinaire du quotidien, au même titre que n’importe quelle autre street food urbaine. Comme le résume Abdoulaye Djikine : « On ne veut pas que ce soit une cuisine à part. On veut qu’elle fasse partie du paysage. » Une ambition qui, après huit ans de parcours entrepreneurial, semble enfin trouver sa pleine expression.
Informations pratiques : 19 rue de la Roquette, 75011 Paris. Du dimanche au jeudi de 12h à 23h30, du vendredi au samedi de 12h à 00h30, sur place et à emporter. www.dkr-paris.com
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