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FIFA : l’UEFA menace de boycotter les Coupes du monde face au projet de Gianni Infantino

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Les 55 fédérations européennes ont rejeté à l’unanimité le projet de Gianni Infantino visant à ouvrir une nouvelle société commerciale de la FIFA à des investisseurs privés. Elles menacent de boycotter les Coupes du monde et leurs phases de qualification si le plan est maintenu. Cette rupture pourrait également peser sur la prochaine élection à la présidence de l’instance mondiale.

FIFA : l’UEFA menace de boycotter les Coupes du monde face au projet de Gianni Infantino

La contestation européenne contre le projet commercial de Gianni Infantino vient de franchir un nouveau seuil.

Réunies jeudi 30 juillet, les 55 fédérations membres de l’UEFA ont voté à l’unanimité en faveur d’un boycott des compétitions organisées par la FIFA si l’instance mondiale poursuit son projet d’ouverture à des investisseurs privés.

La menace concerne les Coupes du monde masculine et féminine, mais également les rencontres de qualification et les matchs préparatoires organisés sous l’autorité de la FIFA, selon les informations publiées par RTL.

Cette décision intervient au lendemain des premières réactions européennes contre le projet. Business Times avait déjà détaillé la fronde provoquée par l’ouverture envisagée de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Le vote unanime de l’UEFA transforme désormais cette opposition politique en menace opérationnelle.

Les 55 fédérations européennes rejettent le projet de la FIFA

L’UEFA affirme refuser le transfert à des investisseurs privés de droits de propriété liés à la Coupe du monde et aux autres compétitions organisées par la FIFA.

L’organisation européenne reproche à l’instance mondiale de privilégier ses revenus et les intérêts de ses partenaires au détriment des fédérations, des clubs, des ligues, des joueurs et des supporters.

Cette position a été approuvée sans opposition par les 55 fédérations nationales réunies au sein de l’UEFA. Ces dernières menacent de ne plus participer aux compétitions de la FIFA si la nouvelle structure commerciale est effectivement mise en place.

Le boycott n’est donc pas encore effectif. Il constitue une réponse conditionnelle au maintien du projet de Gianni Infantino.

La FIFA a donné aux fédérations membres jusqu’au 19 septembre pour faire connaître leur position. Le plan devra ensuite être soumis aux instances compétentes de l’organisation mondiale.

Qu’est-ce que la FIFA Forward Enterprise ?

Le projet prévoit la création d’une société commerciale baptisée FIFA Forward Enterprise, ou FFE.

Cette structure serait chargée de regrouper et de gérer une partie des activités commerciales et événementielles de la FIFA : droits de diffusion, sponsoring, billetterie, licences, Coupe du monde et Coupe du monde des clubs.

Des investisseurs privés pourraient entrer au capital de la société, tout en restant minoritaires.

Selon les informations du quotidien britannique The Times relayées par Le HuffPost, la FIFA espérerait lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars sur la base d’une valorisation de 20 milliards de dollars pour cette nouvelle entité.

Chaque fédération membre pourrait recevoir 20 millions de dollars supplémentaires si elle annonce son soutien au projet avant la date limite du 19 septembre, toujours selon les éléments rapportés par Le HuffPost.

Cette proposition financière intervient dans un système où chacune des 211 fédérations membres dispose d’une voix lors des votes de la FIFA, quelle que soit sa taille ou son poids économique.

Gianni Infantino défend une « opportunité », pas une obligation

Face aux critiques, Gianni Infantino présente la création de FIFA Forward Enterprise comme une proposition soumise à la décision des membres.

Dans une vidéo publiée par la FIFA, il affirme que le projet constitue une « opportunité mais pas une obligation » et qu’il doit faire l’objet d’un processus de consultation. Il assure que la décision finale appartient aux fédérations.

Le président de la FIFA justifie l’arrivée de capitaux privés par la volonté de redistribuer davantage de revenus aux fédérations les moins puissantes.

Il estime qu’une part insuffisante de la valeur économique générée par le football revient aux acteurs qui disposent des moyens les plus faibles. Il affirme vouloir aider de nouvelles sélections à progresser, en citant l’exemple du Cap-Vert.

L’UEFA ne conteste pas la nécessité de financer le développement du football. Elle rejette en revanche le recours à des investisseurs privés et les conditions dans lesquelles le projet a été préparé.

La Fédération française de football a également fait part de ses « très vives inquiétudes ». Elle demande un processus d’information, de concertation et de décision plus transparent.

J.P. Morgan et un fonds lié à Joshua Kushner associés au projet

La FIFA travaille sur le projet avec la banque d’affaires J.P. Morgan et Thrive Eternal, un fonds d’investissement créé par Joshua Kushner.

Joshua Kushner est le frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump. La participation de ce fonds au projet a alimenté les critiques sur les relations entre Gianni Infantino et l’entourage du président américain.

Le HuffPost rapporte également que Gianni Infantino pourrait, à terme, prendre la direction générale de FIFA Forward Enterprise. Cette possibilité, attribuée aux informations du Times, n’a pas été présentée comme une décision arrêtée par la FIFA.

La Commission européenne et la ministre française des Sports ont demandé davantage de transparence sur la préparation du projet et sur ses conséquences pour la gouvernance du football.

Le débat dépasse donc le seul montant des investissements recherchés. Il porte sur le contrôle futur des droits commerciaux, la place des investisseurs dans les décisions et la répartition des revenus générés par les compétitions internationales.

La contestation peut-elle menacer la réélection d’Infantino ?

La rupture avec l’UEFA intervient à quelques mois de la prochaine élection à la présidence de la FIFA.

Selon les informations de Politico reprises par 20 Minutes, des responsables européens étudient la possibilité de présenter un candidat contre Gianni Infantino.

Le nom de Nasser al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain et dirigeant de beIN Media, aurait été évoqué au cours de discussions entre responsables du football européen.

Son porte-parole a toutefois démenti toute ambition de prendre la tête de la FIFA. Il affirme que Nasser al-Khelaïfi n’a ni l’intention ni l’intérêt de se présenter.

À ce stade, aucune candidature d’opposition n’est donc officiellement déclarée.

La contestation pourrait néanmoins contraindre Gianni Infantino à défendre son bilan et son projet lors d’une campagne, alors qu’il avait été réélu sans adversaire en 2023.

L’Europe ne dispose pas seule de la majorité

Même unie, l’UEFA ne contrôle que 55 voix sur les 211 fédérations membres de la FIFA.

Chaque pays dispose d’une voix. Une petite fédération possède donc le même poids électoral que l’Allemagne, le Brésil, la France ou l’Italie.

Gianni Infantino conserve notamment des soutiens en Afrique et en Asie. Les confédérations africaine et asiatique représentent ensemble 110 fédérations, soit plus de la moitié des membres de la FIFA.

La Confédération africaine de football n’a pas condamné le projet. Elle a indiqué qu’elle l’examinerait et l’évaluerait.

La Confédération asiatique et la Concacaf ont critiqué le manque de consultation préalable, sans annoncer qu’elles voteraient contre la proposition.

Le rejet européen ne suffit donc pas à faire échouer le plan ou à empêcher la réélection de Gianni Infantino. Pour renverser le rapport de force, l’UEFA devra convaincre des fédérations situées hors d’Europe que les risques liés à l’entrée d’investisseurs privés dépassent les financements proposés.

Le 19 septembre, première échéance du bras de fer

La FIFA présente son projet comme un moyen d’augmenter les revenus et d’accélérer le développement du football dans les fédérations les moins dotées.

L’UEFA considère, au contraire, que l’ouverture des droits commerciaux de la Coupe du monde à des capitaux privés modifierait la nature de la gouvernance de l’instance mondiale.

Les fédérations doivent se prononcer avant le 19 septembre. D’ici là, les discussions porteront à la fois sur la création de FIFA Forward Enterprise, la répartition des revenus et l’avenir politique de Gianni Infantino.

La menace de boycott place désormais la FIFA devant un choix : modifier son projet, convaincre les fédérations européennes ou accepter le risque d’une rupture avec les principales nations et compétitions du football européen.