L’industrie mécanique allemande n’est toujours pas sortie de sa longue période de faiblesse.
La VDMA, qui représente les fabricants allemands de machines et d’équipements industriels, vient de revoir ses prévisions à la baisse.
Elle table désormais sur un recul réel de la production de 2 % en 2026.
Auparavant, l’organisation espérait une stabilité.
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Ce nouveau recul marquerait surtout une quatrième année consécutive de baisse.
Cependant, le tableau n’est pas entièrement négatif.
Les commandes progressent à nouveau.
Et la VDMA prévoit désormais une hausse de la production en 2027.
La production a encore chuté de 4,1 % depuis janvier
Les sept premiers mois de 2026 expliquent la prudence de la VDMA.
Sur cette période, la production allemande de machines et d’équipements a reculé de 4,1 % en volume par rapport à 2025.
Les capacités de production restent donc sous-utilisées.
De plus, de nombreuses entreprises ont encore des difficultés à remplir leurs usines.
Le secteur reste pourtant essentiel pour l’économie allemande.
Les entreprises concernées fabriquent des machines destinées à l’automobile, à l’industrie, à l’énergie, à l’agroalimentaire ou encore à la construction.
Elles vendent également une grande partie de leur production à l’étranger.
Ainsi, lorsque cette industrie ralentit, les conséquences dépassent largement les frontières allemandes.
Business Times analysait récemment cette pression sur le modèle industriel allemand dans notre article consacré à la proposition du patron de Stihl de revenir aux 40 heures de travail pour améliorer la compétitivité.
Le débat sur le temps de travail n’est d’ailleurs qu’un exemple.
Coût de l’énergie, fiscalité, manque de main-d’œuvre et lourdeur administrative reviennent régulièrement dans les critiques des industriels.
Les commandes progressent enfin de 5 %
Pourtant, plusieurs indicateurs deviennent plus encourageants.
Entre janvier et juillet, les commandes reçues par l’industrie mécanique allemande ont augmenté de 5 % en volume sur un an.
La progression vient surtout de l’étranger.
Les commandes provenant de pays situés hors de la zone euro bondissent de 14 %.
Autrement dit, la demande mondiale commence à soutenir les industriels allemands.
En revanche, le marché intérieur reste faible.
C’est actuellement l’un des principaux freins au redémarrage.
Les entreprises allemandes hésitent encore à investir dans de nouvelles machines.
Par conséquent, le rebond des commandes ne se transforme pas immédiatement en hausse de la production.
La VDMA s’attend néanmoins à voir les premiers effets apparaître au second semestre.
Les statistiques industrielles montrent aussi quelques signes positifs
Les chiffres officiels allemands vont dans le même sens.
En juillet, les nouvelles commandes de l’industrie manufacturière ont progressé de 2,5 % sur un mois.
Sur un an, la hausse atteint même 13,1 %.
Cependant, ce résultat doit être lu avec prudence.
Les grosses commandes peuvent fortement modifier les statistiques d’un mois à l’autre.
Sans ces contrats exceptionnels, les commandes ont reculé de 1,4 % en juillet.
Destatis publie chaque mois l’évolution des commandes de l’industrie manufacturière allemande.
Le signal est donc meilleur, mais la reprise reste fragile.
C’est précisément ce qui explique la prudence des industriels.
Les machines-outils montrent un redémarrage plus net
Un secteur donne toutefois davantage d’espoir : celui des machines-outils.
La VDW, l’association allemande spécialisée dans cette branche, constate une nette remontée de la demande.
Au deuxième trimestre 2026, les commandes ont progressé de 12 % par rapport à la même période de 2025.
Sur l’ensemble du premier semestre, elles augmentent même de 14 %.
Les commandes allemandes gagnent 16 %.
Celles venues de l’étranger progressent de 13 %.
La VDW détaille cette reprise des commandes dans l’industrie allemande des machines-outils.
Deux secteurs jouent notamment un rôle important.
L’aéronautique.
Et la défense.
Ces industries investissent fortement dans de nouveaux équipements de production.
Pour les fabricants allemands, elles deviennent donc des relais de croissance importants.
Pourquoi les commandes augmentent mais pas encore la production ?
Le décalage peut sembler surprenant.
Pourtant, il s’explique facilement.
Une entreprise peut recevoir aujourd’hui une commande pour une machine qu’elle livrera plusieurs mois plus tard.
Les fabricants doivent d’abord acheter les composants.
Ensuite, ils produisent la machine.
Puis ils la testent et l’installent chez le client.
Ainsi, une reprise des commandes apparaît souvent avant une hausse de la production.
C’est précisément ce qui se passe actuellement en Allemagne.
Le carnet de commandes se remplit progressivement.
Mais les usines restent encore marquées par plusieurs années de faible activité.
Il faudra donc attendre avant de voir une vraie reprise dans les chiffres de production.
2027 pourrait enfin marquer le retour de la croissance
La VDMA se montre beaucoup plus optimiste pour l’année prochaine.
Elle prévoit une hausse de 3 % de la production en 2027.
Ce serait la première croissance du secteur après quatre années de recul.
Plusieurs éléments soutiennent cette prévision.
D’abord, les commandes repartent.
Ensuite, l’économie mondiale devrait rester relativement solide.
De plus, les investissements dans les infrastructures et la défense peuvent stimuler la demande.
Enfin, les entreprises allemandes devraient progressivement recommencer à investir.
La VDMA reste néanmoins prudente.
Les tensions géopolitiques peuvent encore peser sur les exportations.
Les taux d’intérêt restent élevés.
Surtout, l’organisation continue de juger la compétitivité du site industriel allemand insuffisante.
Le rebond annoncé pour 2027 n’est donc pas garanti.
L’automobile reste une autre faiblesse allemande
La crise de l’industrie mécanique intervient dans un contexte plus large.
L’automobile allemande traverse elle aussi une phase difficile.
Volkswagen, Mercedes-Benz et plusieurs équipementiers ont lancé des programmes d’économies.
BMW a également annoncé cet été environ 8 000 suppressions de postes dans le monde d’ici fin 2027.
Ces deux industries sont étroitement liées.
Les constructeurs automobiles achètent énormément de machines.
Ils commandent des robots.
Des lignes d’assemblage.
Des centres d’usinage.
Ou encore des équipements de contrôle.
Ainsi, lorsque l’automobile réduit ses investissements, toute une partie de l’industrie mécanique souffre.
La concurrence chinoise change aussi la donne
Pendant longtemps, les fabricants allemands ont largement profité de la croissance industrielle chinoise.
Ils vendaient des machines très techniques aux usines asiatiques.
Cependant, la situation évolue.
Les fabricants chinois montent rapidement en gamme.
Ils produisent désormais eux-mêmes davantage de machines.
De plus, certains proposent des prix beaucoup plus bas.
Les groupes allemands doivent donc défendre leur avance technologique.
Automatisation.
Robotique.
Logiciels industriels.
Maintenance prédictive.
Ces technologies deviennent essentielles pour justifier des prix plus élevés.
Business Times montrait récemment comment la robotisation transforme déjà les outils industriels et les investissements des entreprises.
L’objectif n’est plus seulement de vendre une machine.
Il faut aussi vendre sa précision, ses données et les services qui l’accompagnent.
Le marché mondial des engins commence pourtant à repartir
Le contraste avec certains marchés internationaux est intéressant.
Alors que l’industrie allemande reste sous pression, plusieurs segments de machines lourdes commencent à retrouver de la croissance.
Business BTP constatait récemment que le marché mondial des engins de chantier sortait progressivement du creux de 2024-2025.
Selon les projections citées, le marché mondial des véhicules hors route pourrait atteindre 7,8 millions d’unités en 2030.
Cette reprise mondiale représente donc une opportunité pour les équipementiers européens.
Encore faut-il qu’ils restent compétitifs.
L’Allemagne dépend désormais beaucoup de la demande étrangère
Les derniers chiffres résument finalement le problème.
La production baisse encore.
Mais les commandes étrangères remontent.
Le marché allemand, lui, reste faible.
Par conséquent, la reprise dépend pour l’instant beaucoup des clients internationaux.
Cette situation constitue à la fois une force et un risque.
Les industriels allemands disposent d’un excellent réseau mondial.
Cependant, ils deviennent plus sensibles aux tensions commerciales, aux droits de douane ou aux crises géopolitiques.
Le rebond attendu en 2027 devra donc reposer sur deux moteurs.
Les exportations.
Mais aussi le retour de l’investissement en Allemagne.
Après quatre années de recul, l’industrie mécanique allemande commence enfin à voir les commandes revenir. Reste maintenant à savoir si ces contrats suffiront à remettre durablement les usines en croissance dès 2027.
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