À partir du bac et brevet 2027, la maîtrise du français pèsera davantage dans la note de toutes les matières. Un élève dont l’expression est jugée mauvaise pourra perdre deux points, y compris en mathématiques. Orthographe, grammaire, syntaxe, vocabulaire et clarté du raisonnement seront examinés. Derrière cette réforme, le ministère de l’Éducation nationale veut replacer la maîtrise de la langue au centre de la réussite scolaire.

Bac et brevet 2027 : une mauvaise expression pourra coûter deux points, même en maths

Le bac et brevet 2027 vont introduire une évolution importante dans la manière de noter les copies.

Désormais, connaître la bonne réponse ne suffira plus toujours.

Encore faudra-t-il être capable de l’expliquer correctement.

Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, a précisé les futures règles dans un entretien accordé au Figaro.

Une grille commune doit permettre d’évaluer la qualité de l’expression dans toutes les disciplines.

Elle ira de « très insuffisant » à « très satisfaisant ».

Ainsi, un candidat dont l’expression est jugée mauvaise pourra perdre deux points sur sa copie, même lorsque l’épreuve concerne les mathématiques.

20 Minutes revient sur le nouveau principe de notation annoncé pour les examens de 2027.

Bac et brevet 2027 : le français comptera dans toutes les matières

Cette évolution ne concerne donc pas uniquement l’épreuve de français.

Un élève qui répond à une question d’histoire-géographie devra construire des phrases compréhensibles.

En sciences, il faudra expliquer correctement un raisonnement.

Même en mathématiques, une réponse rédigée pourra être pénalisée si son expression est jugée très insuffisante.

Cela ne signifie pas qu’une simple faute d’orthographe fera perdre automatiquement deux points.

Le dispositif vise plutôt la qualité générale de la rédaction.

Orthographe.

Grammaire.

Syntaxe.

Clarté.

Organisation des idées.

Vocabulaire.

Tous ces éléments doivent permettre au correcteur de comprendre facilement le raisonnement suivi.

Le ministère de l’Éducation nationale avait déjà annoncé que l’orthographe, la syntaxe et la grammaire seraient pleinement prises en compte dans les examens à partir de 2027.

La réforme avait déjà commencé en 2026

En réalité, le changement n’arrive pas totalement en 2027.

Depuis la session 2026, les correcteurs doivent déjà tenir compte de la qualité rédactionnelle.

Une note de service du ministère précise que les épreuves du brevet et du baccalauréat évaluent notamment l’orthographe, la syntaxe, la grammaire, la clarté de la langue et la lisibilité du propos.

Le ministère demande aussi aux enseignants de préparer davantage les élèves à la relecture.

De plus, les candidats doivent apprendre à produire des réponses structurées et argumentées.

Le Bulletin officiel détaille ces exigences rédactionnelles applicables à l’ensemble des disciplines.

Le bac et brevet 2027 vont donc surtout rendre cette règle plus visible et plus simple à appliquer.

Une grille nationale doit harmoniser les pratiques entre les correcteurs.

Une mauvaise copie pourra être pénalisée même si le raisonnement est bon

C’est probablement le changement qui fera le plus réagir les élèves et leurs parents.

Prenons un exercice de mathématiques.

Un candidat trouve le résultat correct.

Cependant, lorsqu’il doit expliquer sa démarche, les phrases sont difficiles à comprendre.

Le vocabulaire est imprécis.

Les accords sont très mauvais.

Enfin, l’organisation du raisonnement manque de clarté.

Avec le nouveau système, la maîtrise de la matière et la qualité de l’expression seront deux éléments distincts de l’évaluation.

Le ministre résume cette logique en indiquant qu’une mauvaise expression pourra faire perdre deux points, quelle que soit la discipline.

Le Figaro, qui a recueilli les précisions d’Édouard Geffray, présente la nouvelle grille annoncée pour les examens de 2027.

En français et en histoire, la sanction pourra être encore plus forte

Les matières qui reposent largement sur la rédaction seront naturellement davantage concernées.

C’est notamment le cas du français.

Mais aussi de l’histoire-géographie.

Dans ces disciplines, une copie très faible en orthographe, en construction des phrases et en organisation du propos pourrait ne pas obtenir la moyenne.

L’idée n’est donc plus de considérer les fautes comme un simple élément secondaire.

La capacité à présenter clairement une pensée fait désormais partie de la compétence évaluée.

Cette approche correspond à la position déjà publiée par le ministère pour les examens 2026.

Selon l’Éducation nationale, une copie devenue difficilement compréhensible à cause de fautes importantes peut déjà être maintenue sous la moyenne.

Bac et brevet 2027 : pourquoi le gouvernement durcit-il les règles ?

La réforme intervient dans un contexte scolaire difficile.

Les derniers résultats de l’enquête internationale PISA ont confirmé une baisse du niveau des élèves français.

Selon l’OCDE, les performances de la France en 2025 sont inférieures à celles de 2022 en mathématiques et en compréhension de l’écrit.

Elles figurent même parmi les résultats les plus faibles jamais enregistrés pour la France dans ces domaines.

Seulement 67 % des élèves français de 15 ans atteignent au moins le niveau 2 en compréhension de l’écrit, contre 69 % en moyenne dans l’OCDE.

Les résultats PISA 2025 publiés par l’OCDE permettent de consulter l’évolution du niveau des élèves français.

Le ministère veut donc renforcer les fondamentaux.

Lire.

Écrire.

Comprendre.

Argumenter.

Et organiser sa pensée.

Bien écrire ne concerne pas seulement l’école

Pour Business Times, cette réforme possède aussi un intérêt particulier.

La maîtrise de l’écrit reste une compétence professionnelle.

Un salarié doit comprendre une consigne.

Il doit pouvoir rédiger un mail.

Présenter un dossier.

Expliquer un problème.

Ou encore utiliser correctement un outil numérique.

Or les difficultés ne disparaissent pas automatiquement à la sortie de l’école.

Selon l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme, une personne sur dix âgée de 18 à 64 ans rencontre d’importantes difficultés avec les compétences de base en France.

Parmi ces personnes, la moitié possède pourtant un emploi.

L’ANLCI souligne les conséquences professionnelles possibles des difficultés à lire, écrire, compter ou utiliser les outils numériques.

Le sujet concerne donc directement les entreprises.

Les recruteurs cherchent de plus en plus des compétences complètes

Le marché du travail évolue rapidement.

Les compétences techniques restent indispensables.

Cependant, elles ne suffisent pas toujours.

Un technicien doit savoir communiquer avec un client.

Un commercial doit rédiger une proposition.

Un manager doit donner des consignes claires.

Un ingénieur doit expliquer un projet.

Enfin, un dirigeant doit pouvoir défendre une décision.

Business Times rappelait récemment que le marché de l’emploi évolue rapidement et que les compétences demandées par les entreprises se transforment.

La qualité de l’expression reste donc une compétence transversale.

Elle accompagne pratiquement tous les métiers.

L’IA rend-elle encore l’orthographe nécessaire ?

La question peut sembler paradoxale.

ChatGPT, Gemini, Copilot et les correcteurs automatiques savent désormais réécrire un texte.

Pourquoi continuer à sanctionner l’orthographe ?

Parce qu’utiliser un outil ne remplace pas la capacité à comprendre ce qu’il produit.

Un salarié doit encore savoir reconnaître une phrase maladroite.

Il doit vérifier un raisonnement.

De plus, il doit être capable de repérer une information incorrecte.

La maîtrise du français devient donc peut-être encore plus importante avec l’intelligence artificielle.

L’élève qui sait écrire dispose aussi de meilleurs outils pour formuler une demande précise à une IA.

Ensuite, il peut juger la qualité de la réponse obtenue.

Le monde professionnel continue lui aussi à investir dans les fondamentaux

Les entreprises ne cherchent pas uniquement des diplômes.

Elles veulent des personnes capables d’apprendre et de communiquer.

C’est particulièrement visible dans les parcours d’insertion.

Business Times montrait récemment que les Geiq consacrent en moyenne plus de 400 heures de formation aux salariés qu’ils accompagnent.

Une partie de cet accompagnement peut justement concerner les savoirs de base et la maîtrise du français.

La même logique existe dans l’apprentissage.

Business BTP présentait récemment la stratégie de BTP CFA Auvergne-Rhône-Alpes pour rapprocher davantage les formations des besoins des entreprises.

Les compétences techniques et les compétences générales deviennent ainsi complémentaires.

Bac et brevet 2027 : les élèves devront davantage se relire

Pour les candidats, le principal changement pourrait finalement être très concret.

Il faudra garder quelques minutes pour relire sa copie.

Vérifier les accords.

Corriger les phrases mal construites.

Éviter les abréviations.

Utiliser le vocabulaire adapté.

Et surtout, organiser clairement son raisonnement.

Le ministère conseille déjà cette méthode.

L’Éducation nationale recommande même plusieurs relectures ciblées plutôt qu’une seule lecture rapide de la copie.

Le bac et brevet 2027 devraient donc modifier les habitudes bien au-delà du cours de français.

Les enseignants de mathématiques, de sciences ou d’histoire devront aussi préparer leurs élèves à expliquer plus clairement leurs réponses.

Le message envoyé par l’Éducation nationale est finalement assez simple : à partir de 2027, savoir une chose et savoir l’expliquer seront de plus en plus considérés comme deux parties d’une même compétence.