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Retraites : le gel des pensions rapporterait 6,6 milliards, mais l’État gagnerait moins

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La désindexation des retraites revient dans le débat sur le budget 2027. Selon une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP), un gel des pensions de base réduirait leurs dépenses de 6,6 milliards d’euros. Mais le gain net pour les finances publiques atteindrait 5,2 milliards. Surtout, les retraités modestes perdraient davantage, en proportion de leurs revenus.

Retraites : le gel des pensions rapporterait 6,6 milliards, mais l’État gagnerait moins

Six milliards et demi d’euros : le chiffre a de quoi retenir l’attention. Pourtant, il ne raconte qu’une partie de l’histoire. Dans sa note publiée le 28 septembre, l’IPP compare trois pistes pour faire contribuer les retraités au budget. Son constat est clair : le rendement d’une mesure dépend aussi de ses effets sur les autres recettes et dépenses publiques.

Pourquoi 6,6 milliards deviennent 5,2 milliards

Premier scénario : l’État ne revalorise pas les retraites de base en 2027. Les chercheurs comparent ce gel à une hausse de 2,5 %, leur hypothèse d’inflation. Dans ce cadre, les régimes de retraite économiseraient 6,6 milliards d’euros. Les pensions complémentaires conserveraient, elles, leurs propres règles.

Cependant, un montant de pension plus faible réduit aussi les recettes fiscales et sociales. Il peut, en outre, augmenter certaines aides. Après ces effets, l’IPP chiffre le gain net à 5,2 milliards d’euros pour l’ensemble des finances publiques. La distinction compte : 6,6 milliards désignent l’économie directe des régimes, pas le solde final pour l’État et la Sécurité sociale. Le chiffre de 5,5 milliards circule également dans la presse. Toutefois, la note IPP n° 129 indique bien 5,2 milliards.

Pour un retraité, « gel » signifie que la pension ne baisse pas en euros. En revanche, elle achète moins si les prix montent. Avec une pension de base de 1 000 euros, une hausse de 2,5 % représenterait 25 euros par mois. Ce calcul illustre seulement l’écart avec le scénario de l’IPP. Il ne prédit aucune décision du gouvernement.

Les petites retraites supporteraient un effort plus lourd

L’étude va plus loin que le calcul budgétaire. Elle mesure la perte de niveau de vie selon les ressources des ménages. Dans la moitié la moins aisée, cette perte atteindrait entre 0,8 % et 1,5 %. Elle descendrait à 0,4 % parmi les retraités les plus favorisés.

Pourquoi cet écart ? La retraite de base représente souvent une part plus forte du revenu des ménages modestes. Les plus aisés disposent plus souvent de pensions complémentaires ou d’autres revenus. Ainsi, le même gel n’a pas le même poids dans tous les budgets. C’est ce que l’IPP appelle un effet défavorable aux ménages modestes.

Un seuil protégerait-il les petites pensions ? L’IPP a aussi étudié des gels réservés aux pensions dépassant 1 639, 2 000 ou 3 000 euros par mois. Pourtant, un seuil fondé sur la pension d’une personne ne reflète pas toujours les revenus de son ménage. La mesure pourrait donc encore toucher des foyers relativement modestes.

Impôt et CSG : deux autres pistes, d’autres effets

Les chercheurs examinent aussi la suppression de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions. Selon eux, elle rapporterait 5,4 milliards d’euros. L’effort pèserait surtout sur les ménages imposables. Mais certains foyers modestes pourraient perdre une partie de leurs aides au logement. Il faudrait donc corriger cet effet.

Autre piste : relever les deux taux de CSG les plus hauts sur les pensions. L’IPP estime son rendement à 4,2 milliards d’euros. Cette option toucherait surtout les retraités situés au milieu de l’échelle des revenus. En somme, ces trois mesures n’ont ni le même rendement ni les mêmes perdants.

Ce débat prolonge celui que Business Times suivait lors des mobilisations de retraités. Nous avions aussi évoqué l’abattement fiscal dans le budget 2026. Cette fois, l’étude permet de comparer les effets des différentes options. Elle ne décrit pas une réforme adoptée : le gouvernement et le Parlement doivent encore trancher.

À garder en tête. Le gel des pensions économiserait 6,6 milliards aux régimes de retraite. Mais, selon l’IPP, le gain net serait de 5,2 milliards en 2027. Et les ménages modestes subiraient la plus forte perte relative.