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Casseurs-payeurs : ce que le projet changerait pour les commerces

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Le projet « casseurs-payeurs » doit être débattu au Sénat les 27 et 28 octobre. Il vise à faciliter la réparation des dommages. Toutefois, plusieurs conditions encadreraient la responsabilité des participants aux violences et la saisie de certaines prestations sociales.

Casseurs-payeurs : ce que le projet changerait pour les commerces

Après les violences du 17 octobre, la question de l’indemnisation mobilise les commerçants. Vitrines brisées, marchandises détruites, activité interrompue : les dégâts soulèvent aussi un problème de paiement.

Dans ce contexte, le projet « casseurs-payeurs » revient au premier plan. Cependant, son dépôt remonte au 16 septembre 2026. Il précède donc les derniers événements. Le gouvernement a engagé la procédure accélérée, mais le texte reste en discussion.

Un projet casseurs-payeurs encore soumis au débat parlementaire

Selon le dossier législatif du Sénat, l’examen en séance publique est prévu les 27 et 28 octobre. Les sénateurs pourront donc modifier les dispositions proposées.

Par ailleurs, une présentation à la presse est annoncée le 21 octobre. Elle doit notamment exposer la position de la commission des lois. À ce stade, il faut ainsi distinguer le projet initial d’une loi applicable.

Pour les entreprises victimes, cette distinction compte. Une réforme annoncée ne constitue pas encore une nouvelle voie d’indemnisation disponible.

Une responsabilité qui pourrait dépasser l’auteur direct des dégâts

Le texte initial créerait une responsabilité civile solidaire, plafonnée à 10 000 euros. Elle viserait notamment certains participants conscients à un groupement préparant des violences.

Une seconde situation concernerait les personnes restant volontairement dans un attroupement après les sommations de dispersion. Elles devraient également avoir connaissance des violences commises par ses membres.

Ainsi, la simple présence à proximité ne suffirait pas. Le plafond de 10 000 euros ne constituerait pas davantage une indemnité automatique pour chaque victime.

L’enjeu serait donc d’élargir le cercle des personnes pouvant contribuer à la réparation. Toutefois, identifier un responsable et obtenir effectivement un paiement restent deux étapes distinctes.

Des prestations sociales pourraient être saisies sous conditions

Autre mesure sensible : certaines prestations pourraient servir au recouvrement des dommages et intérêts. Le projet vise les allocations familiales et les aides personnelles au logement.

Cependant, une condamnation définitive serait nécessaire. Le dispositif pourrait également concerner les dommages causés par un enfant dont le bénéficiaire est civilement responsable.

Il ne s’agirait donc pas d’une suppression automatique des allocations après une interpellation. En outre, le champ proposé dépasse les seuls dommages liés aux violences urbaines.

Des démarches judiciaires facilitées pour certaines victimes

Le projet comporte aussi une mesure concernant la constitution de partie civile. Elle viserait les victimes qui n’auraient pas été informées de l’audience initiale.

Lorsque l’affaire serait renvoyée sur les intérêts civils, elles pourraient encore intervenir à cette audience. Par ailleurs, le texte aménagerait les recours de l’État contre les responsables après réparation des dommages.

Pour les professionnels, l’objectif serait de faciliter l’accès à la réparation. Néanmoins, ces mécanismes ne doivent pas être confondus avec une avance immédiate de trésorerie.

Les démarches existantes sont abordées dans notre article sur les recours des commerces après les dégâts du 17 octobre. Les difficultés de reprise apparaissent également dans les témoignages de commerçants après les pillages.

Une efficacité financière encore à démontrer

Dans son avis sur le projet, le Conseil d’État souligne le manque de données financières de l’étude d’impact. Il demande notamment de mieux documenter l’efficacité des dispositifs existants.

Par ailleurs, il insiste sur les garanties encadrant la responsabilité des participants. Le lien avec les dommages doit être suffisamment établi. Cet avis consultatif ne constitue pas une décision du Conseil constitutionnel.

Enfin, l’institution appelle à évaluer l’efficacité concrète du mécanisme dans le temps.

Pour les commerçants, deux questions resteront donc centrales : combien pourront-ils récupérer et dans quels délais ? Le débat parlementaire devra préciser la réponse juridique. En pratique, la capacité de paiement des responsables comptera également.