économie des médias Médias Presse

CMA Media : Camille Andrieu face au défi de la transformation

Par |

CMA Media change de dirigeante au moment de réorganiser ses activités et de chercher de nouveaux revenus. Camille Andrieu succédera à Claire Léost le 5 octobre, avec une feuille de route tournée vers le numérique, le sport et la production. Le dossier des chaînes locales de BFM illustre toutefois la difficulté de cette transformation.

CMA Media : Camille Andrieu face au défi de la transformation

Une succession interne après treize mois de mandat

Le groupe a annoncé le changement de direction le jeudi 1er octobre. Arrivée à la fin de l’été 2025, Claire Léost quittera ses fonctions un peu plus d’un an après sa nomination. Elle dirigeait auparavant Prisma Media.

Pour lui succéder, la filiale médias de CMA CGM choisit une responsable déjà présente dans son organisation. Camille Andrieu occupe la direction générale adjointe depuis le 1er juillet. Elle prendra ses nouvelles fonctions le lundi 5 octobre et rendra compte à Véronique Saadé, présidente du groupe.

Cette succession et sa date de prise d’effet accompagnent une nouvelle répartition des responsabilités. Georges Maregiano devient directeur général adjoint, chargé des finances, du juridique et de la transformation.

Ancien de KPMG, il avait rejoint CMA CGM en septembre comme conseiller spécial de Rodolphe Saadé. Le tandem devra donc articuler développement des activités et conduite des réorganisations.

CMA Media veut développer ses revenus numériques

Le périmètre comprend notamment BFMTV, RMC, BFM Business, La Tribune, La Provence et Brut. Il associe ainsi télévision, radio, presse et contenus pour les réseaux sociaux.

Camille Andrieu connaît la construction de cet ensemble. Avant de rejoindre sa direction, elle était directrice de cabinet de Rodolphe Saadé depuis 2023. Elle avait auparavant travaillé à la Cour des comptes.

La nouvelle dirigeante devra développer plusieurs activités : streaming, production, sport, événementiel et créateurs de contenus. L’annonce de la succession et des priorités numériques mentionne également un futur plan CMA 2030.

Ces orientations constituent une feuille de route. Elles ne démontrent pas encore la rentabilité des nouveaux projets. L’enjeu économique sera de convertir les audiences des différentes marques en revenus durables, tout en finançant leurs contenus.

Cette recherche de complémentarités traverse le secteur. Business Times l’a notamment décrite dans son article sur l’entrée de Lagardère News au capital de Frontières. Les opérations diffèrent, mais elles posent une question commune : comment faire travailler ensemble marques, audiences et canaux de diffusion ?

Les chaînes locales de BFM, premier dossier sensible

La transition intervient aussi après un changement de cap concernant les BFM Locales. Le groupe renonce à leur cession, faute d’offre de reprise jugée suffisamment solide.

Selon les éléments publiés sur la réorganisation des BFM Locales, BFM Normandie et BFM DICI doivent fermer. Les sept autres chaînes doivent se recentrer sur l’information économique, en lien avec BFM Business et La Tribune.

Il s’agit donc d’un projet de transformation, dont les effets restent à observer. Pour les entreprises des territoires concernés, l’évolution pourrait modifier les sujets traités et les possibilités de visibilité locale. Tout dépendra cependant des moyens éditoriaux et des formats effectivement déployés.

Le financement de cette couverture représente un enjeu à part entière. Notre article sur la reprise du Journal des Entreprises sans ses journalistes permanents montre combien la continuité d’une marque et celle de sa rédaction peuvent suivre des trajectoires différentes.

Distinguer le bilan affiché des résultats économiques

Dans sa communication, CMA Media met en avant plusieurs réalisations du mandat de Claire Léost. Le groupe cite notamment RMC+, RMC Life et le pôle économique BFM–La Tribune.

Ces lancements témoignent d’une évolution de l’offre. Ils ne suffisent toutefois pas à mesurer son équilibre financier. Pour apprécier la prochaine étape, il faudra suivre les revenus des nouvelles activités, leurs coûts et les moyens consacrés aux rédactions.

Enfin, le contexte des chaînes locales ne permet pas, à lui seul, d’établir la cause du départ de Claire Léost. Le groupe présente celui-ci comme une décision de la dirigeante. La succession confirme une transition de gouvernance ; elle ne prouve pas un changement complet de stratégie.

À garder en tête

Camille Andrieu prendra la direction le 5 octobre. Sa mission associe nouveaux revenus et transformation des activités existantes. Le premier test sera la mise en œuvre des projets annoncés, notamment pour les chaînes locales et le numérique.