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Rentrée scolaire 2026 : téléphone, nouveaux programmes… et un élève peut désormais changer d’école à cause de ses parents

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11,6 millions d’élèves reprennent le chemin de l’école ce 1er septembre. Interdiction du téléphone étendue aux lycées, nouveaux programmes, davantage de sport au collège, renforcement des mathématiques et des sciences : la rentrée 2026 comporte plusieurs nouveautés. Une mesure est beaucoup plus inattendue : dans les situations les plus graves, le comportement d’un parent peut désormais conduire au changement d’établissement de son enfant. Derrière cette disposition, l’Éducation nationale veut réaffirmer la protection de ses personnels et l’autorité de l’institution.

Rentrée scolaire 2026 : téléphone, nouveaux programmes… et un élève peut désormais changer d’école à cause de ses parents

Onze millions six cent mille élèves.

La rentrée scolaire reste l’un des plus grands rendez-vous collectifs de l’année en France.

Le ministère de l’Éducation nationale attend précisément 11 607 600 écoliers, collégiens et lycéens, accompagnés par quelque 851 500 professeurs dans 57 700 écoles, collèges et lycées.

Mais la rentrée 2026 possède une particularité.

Il y aura moins d’élèves.

161 000 de moins en une seule année, selon le ministère. Et cette baisse ne fait que commencer : l’Éducation nationale prévoit une diminution de 1,7 million d’élèves entre 2025 et 2035.

Dans ce contexte démographique inédit, l’école française change aussi plusieurs de ses règles.

Certaines concernent directement les apprentissages.

D’autres les smartphones.

Une mesure touche même désormais le comportement… des parents.

Un enfant pourra être changé d’établissement à cause du comportement de sa famille

C’est certainement la nouveauté qui provoquera le plus de discussions.

Depuis un décret publié le 29 juillet, un élève peut être affecté dans une autre école ou un autre établissement lorsque le comportement d’un membre de sa famille en lien avec sa scolarité devient suffisamment grave pour menacer la communauté éducative.

Attention toutefois à ce que cela signifie réellement.

Le texte ne permet pas de déplacer un enfant simplement parce que son père ou sa mère est particulièrement exigeant, conteste une décision ou entretient de mauvaises relations avec l’établissement.

Deux situations précises sont prévues.

Le comportement familial doit faire peser un « risque caractérisé » sur la sécurité ou la santé d’un membre de la communauté éducative, ou compromettre gravement le déroulement de l’enseignement ou le fonctionnement normal de l’établissement.

Menaces graves, intimidations répétées ou comportements empêchant réellement le fonctionnement de l’école peuvent donc désormais entraîner des conséquences qui dépassent le seul parent concerné.

Ce n’est pas le directeur qui peut décider seul

La procédure est elle aussi encadrée.

Dans une école primaire, le directeur saisit le directeur académique des services de l’Éducation nationale, le Dasen.

Un dialogue doit ensuite avoir lieu avec les parents.

Le Dasen peut demander au maire de radier l’élève afin qu’il soit inscrit dans une autre école de la commune.

Lorsque la commune ne possède qu’une seule école publique, le transfert n’est possible que si le maire d’une autre commune accepte d’inscrire l’enfant.

Pour les collèges et lycées, le chef d’établissement saisit également le Dasen.

Celui-ci peut ensuite décider d’affecter l’élève dans un autre établissement.

Le pouvoir n’est donc pas laissé à la seule appréciation d’un enseignant ou d’un chef d’établissement.

Jusqu’à cinq jours d’interdiction d’accès pendant la procédure

Le texte permet aussi d’agir rapidement lorsque la situation devient réellement tendue.

Pendant la procédure, le directeur ou le chef d’établissement peut décider, à titre conservatoire, de suspendre l’accès à l’établissement de l’élève ou du membre de la famille concerné pendant cinq jours maximum.

C’est une mesure importante.

Mais l’Éducation nationale insiste parallèlement sur la protection de l’enfant.

Après un changement d’établissement, celui-ci doit bénéficier d’un suivi pédagogique, éducatif et social renforcé jusqu’à la fin de l’année scolaire.

Le message est donc assez subtil.

L’élève ne doit pas être abandonné parce que l’adulte qui l’accompagne s’est comporté de manière inacceptable.

Mais la présence de l’enfant ne peut plus non plus servir à maintenir indéfiniment une situation qui met en danger les personnels.

L’école veut clairement réaffirmer son autorité

Cette réforme ne sort pas de nulle part.

Dans sa circulaire de rentrée, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray insiste sur la nécessité de retrouver une relation plus directe entre familles et établissements.

Il estime notamment que la numérisation des échanges et la protection croissante des établissements ont progressivement rendu les relations entre parents et école plus distantes.

Le ministère veut restaurer le dialogue.

Mais il fixe aussi une limite très claire : les menaces et les atteintes à l’intégrité des personnels ne seront pas acceptées.

Cette rentrée associe donc deux mouvements.

Davantage de dialogue avec les familles.

Mais également davantage de protection pour ceux qui travaillent dans les établissements.

Pour un lecteur dirigeant, le parallèle avec le monde de l’entreprise est assez évident.

Le dialogue avec un client, un fournisseur ou un usager reste indispensable.

Il ne signifie pas que tout comportement doit être toléré.

Le smartphone est désormais interdit jusqu’au lycée

Autre changement majeur : le téléphone portable.

L’interdiction qui concernait déjà les écoles et les collèges est désormais étendue aux lycées.

Depuis cette rentrée, l’utilisation d’un téléphone ou d’un autre terminal de communication électronique est interdite dans les écoles, collèges et lycées ainsi que pendant les activités scolaires organisées à l’extérieur.

Des exceptions restent possibles, notamment pour les élèves dont le handicap ou l’état de santé nécessite l’utilisation d’un appareil.

Les établissements conservent également une marge pour organiser concrètement la mise à l’écart des téléphones.

Le dispositif « Portable en pause » est généralisé dans les collèges et lycées.

Ce sujet a pris suffisamment d’importance pour qu’une loi spécifique soit promulguée le 24 août, quelques jours seulement avant la rentrée.

Les programmes continuent eux aussi de changer

La rentrée ne se limite évidemment pas aux questions d’autorité et de téléphone.

Les programmes de la maternelle au collège sont progressivement profondément remaniés.

Le gouvernement place deux domaines au-dessus des autres.

Le langage.

Et le raisonnement scientifique.

Pour la maternelle, le ministère fixe notamment un objectif de 2 500 mots maîtrisés à la fin du cycle.

Lecture, écriture, vocabulaire et apprentissage par cœur doivent être davantage valorisés.

En mathématiques, l’accent porte sur les automatismes et la résolution de problèmes.

La logique est assez claire.

Avant de multiplier les compétences nouvelles, l’Éducation nationale veut s’assurer que les savoirs fondamentaux sont maîtrisés.

Plus de 300 classes renforcées en mathématiques et sciences

Autre nouveauté : les classes à horaires aménagés en mathématiques et en sciences, ou CHAMS.

Plus de 300 doivent être créées dès cette rentrée.

Le dispositif vise à permettre à certains élèves particulièrement intéressés par ces disciplines d’aller davantage dans cette direction.

Cela mérite l’attention du monde économique.

Les entreprises alertent régulièrement sur les difficultés à recruter certains profils scientifiques, techniques ou industriels.

Une politique de compétences commence forcément bien avant le premier entretien d’embauche.

Elle commence parfois à douze ou treize ans.

Business Times le constate régulièrement dans ses sujets consacrés aux compétences et à la transformation technologique : l’intelligence artificielle ne réduit pas l’importance des connaissances scientifiques. Elle tend au contraire à augmenter la valeur de ceux qui comprennent ce que font réellement les outils numériques.

À lire sur Business Times : Compétences et IA, le pari d’Ynov Campus pour l’avenir

En 6e et 5e, français et mathématiques deviennent plus flexibles

Une autre évolution touche le collège.

À partir de cette rentrée, les classes de 6e et de 5e disposent d’un accompagnement pédagogique renforcé en français et en mathématiques.

Les établissements peuvent adapter l’organisation en fonction des besoins des élèves.

Ils peuvent notamment constituer des groupes à effectifs réduits ou regroupés selon les difficultés identifiées par les enseignants.

L’objectif est d’éviter un dispositif identique pour tout le monde lorsque les niveaux sont très différents.

La démarche paraît assez logique.

Un élève déjà très à l’aise en mathématiques n’a pas les mêmes besoins qu’un autre dont les bases de calcul restent fragiles.

Deux heures de sport supplémentaires… mais pas pour tous les collégiens

Autre sujet qui peut facilement être mal compris.

Le dispositif « Deux heures de sport en plus au collège » est élargi.

Mais il ne s’agit pas d’ajouter obligatoirement deux heures d’EPS à l’emploi du temps de tous les collégiens.

À partir de 2026, tous les collèges publics volontaires peuvent candidater au dispositif, qui était auparavant davantage ciblé.

Les séances sont organisées en dehors du temps d’enseignement et visent prioritairement les jeunes qui ne pratiquent pas ou peu d’activité sportive en dehors des cours.

La participation est volontaire et gratuite.

Le ministère prévoit jusqu’à 9 000 euros de financement annuel indicatif par établissement, notamment pour rémunérer les structures sportives partenaires.

Là encore, mieux vaut parler d’une offre supplémentaire que d’une nouvelle matière obligatoire.

La santé mentale et sociale gagne 300 postes

Le ministère crée également 300 emplois supplémentaires d’infirmiers, d’assistants sociaux et de psychologues de l’Éducation nationale.

Ce chiffre est important.

Le débat sur l’école s’est longtemps concentré sur les enseignants.

Mais la réussite scolaire dépend aussi de la capacité à détecter une situation familiale difficile, un problème de santé mentale, du harcèlement ou une rupture sociale.

À partir de novembre, les élèves de la grande section à la terminale pourront également répondre à un questionnaire adapté à leur âge destiné à améliorer le repérage des violences sexuelles et pourront demander à rencontrer un adulte de confiance.

Le ministère rappelle que plus de 80 % des violences sexuelles subies par des mineurs se produiraient dans le cercle familial.

C’est évidemment l’un des volets les plus sensibles de la rentrée.

Le 11 novembre entre davantage dans le temps scolaire

Autre évolution moins commentée : la commémoration du 11 novembre doit désormais donner lieu à une cérémonie dans le cadre scolaire.

Le ministère veut renforcer l’éducation civique et la transmission de la mémoire autour de l’armistice de 1918 et de l’hommage aux « Morts pour la France ».

Cela traduit plus largement l’une des priorités affichées cette année : l’école doit non seulement instruire et protéger, mais également « unir ».

Une formule qui résume assez bien la philosophie retenue par le ministère.

Pour l’intelligence artificielle, le vrai changement arrivera en 2027

Une précision est importante car plusieurs annonces sur l’intelligence artificielle peuvent prêter à confusion.

Il n’y a pas encore de nouvel enseignement obligatoire de l’IA en seconde à cette rentrée 2026.

Le gouvernement prévoit de le mettre en place à partir de 2027.

Cette année doit servir à préparer le programme et à former les enseignants.

C’est une différence importante.

L’intention politique existe.

La nouvelle matière obligatoire, elle, n’est pas encore entrée dans les emplois du temps.

Pour les entreprises, le signal reste néanmoins intéressant.

Les élèves qui arrivent aujourd’hui au lycée entreront sur le marché du travail dans un environnement où savoir utiliser, mais aussi comprendre et critiquer les systèmes d’intelligence artificielle deviendra progressivement une compétence de base.

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Le lycée professionnel cherche aussi à se rapprocher davantage de l’emploi

La rentrée comprend un autre volet beaucoup plus directement connecté aux entreprises.

Le dispositif AvenirPro, déjà généralisé à l’ensemble des lycées professionnels, doit continuer à rapprocher les élèves du marché du travail.

Il associe les équipes pédagogiques, France Travail et les missions locales.

Les élèves de dernière année peuvent bénéficier d’ateliers pour identifier leurs compétences, comprendre le marché de l’emploi, préparer leur CV et leurs entretiens, mais aussi rencontrer des entreprises.

AvenirPro+ prolonge ensuite l’accompagnement pendant quatre mois pour les jeunes qui sortent de leur formation sans emploi ni poursuite d’études.

Pour les entreprises qui peinent à recruter sur certains métiers techniques, ce rapprochement mérite probablement davantage d’attention que beaucoup de réformes scolaires plus médiatisées.

L’école doit aussi anticiper une chute démographique historique

Il reste enfin un changement silencieux.

Il n’est pas inscrit dans un règlement intérieur.

Il tient simplement au nombre d’enfants.

161 000 élèves de moins cette année.

Et potentiellement 1,7 million de moins en dix ans.

Cette évolution va forcément modifier la carte scolaire.

Le gouvernement teste déjà une nouvelle approche dans 18 départements pour planifier l’offre scolaire sur plusieurs années au lieu de décider chaque année quelles classes doivent ouvrir ou fermer.

La méthode doit être généralisée à l’ensemble du pays en 2027.

Pour certaines communes rurales ou petites villes, le sujet dépasse largement l’Éducation nationale.

Une école qui ferme peut modifier l’attractivité d’une commune pour de jeunes ménages.

Elle peut affecter les commerces.

L’immobilier.

Les transports.

Et, à terme, le bassin d’emploi.

Le recul démographique scolaire est donc aussi une question d’aménagement économique du territoire.

Les employeurs devraient suivre ces changements de plus près qu’ils ne le font

À première vue, une rentrée scolaire concerne surtout parents, enseignants et enfants.

Mais une entreprise recrute rarement les compétences dont elle a besoin le jour où elle publie une annonce.

Elle hérite largement du système qui les a formées.

Le retour de l’accent sur les mathématiques et les sciences intéresse l’industrie et la technologie.

La refonte de la voie professionnelle concerne les métiers en tension.

L’enseignement futur de l’IA prépare les compétences numériques.

Même la question du téléphone touche finalement au rapport à l’attention, à la concentration et à la déconnexion que retrouveront ensuite les entreprises.

Quant à la valeur des diplômes, elle reste très concrète sur le marché du travail.

Business Times l’a récemment montré : malgré la massification de l’enseignement supérieur, le niveau de diplôme continue d’influencer fortement les salaires, la stabilité de l’emploi et le risque de chômage.

À lire : La valeur des diplômes a-t-elle vraiment diminué en vingt ans ?

Cette rentrée remet finalement la notion de cadre au centre

Téléphone rangé.

Savoirs fondamentaux renforcés.

Protection accrue des enseignants.

Règles plus strictes lorsque le comportement d’une famille dépasse certaines limites.

Sport, santé mentale et prévention renforcés.

La rentrée 2026 donne une direction assez identifiable.

Pendant des années, l’école a multiplié les dispositifs.

Cette fois, le discours gouvernemental tourne davantage autour de quelques mots :

apprendre,

protéger,

responsabiliser.

La possibilité de déplacer un élève en raison du comportement grave d’un membre de sa famille restera probablement la mesure la plus commentée.

Elle ne concernera vraisemblablement qu’un nombre limité de situations.

Mais symboliquement, elle est forte.

Elle dit que le droit des parents à dialoguer, contester ou défendre leur enfant demeure entier.

Il s’arrête simplement là où commencent les menaces, la sécurité des personnels et le fonctionnement de l’école.