Longtemps pris de cours par les nouvelles technologies, l’IA permet aux seniors de reprendre le dessus. La tribune de Jonathan Pinet, Directeur général de l’École Européenne du Numérique, met en lumière cette nouvelle tendance.
La perte de terrain des seniors
A chaque nouvelle révolution numérique, les seniors étaient laissés sur le banc de touche. N’ayant pas le temps de rattraper toutes les nouveautés, de les comprendre et d’être formé dessus, ce sont les juniors qui ont pris le dessus. Le critère d’ancienneté était de moins en moins mis en valeur. Ce qui importait était la rapidité d’apprentissage. Lorsque l’on est formé en fonction des nouvelles technologies, la tâche est beaucoup plus facile. Cependant, la tendance est en train de fluctuer.
L’arrivée de l’IA a complètement bouleversé nos pratiques que ce soit en nous permettant d’effectuer des tâches beaucoup plus rapidement ou encore en supprimant des intermédiaires longtemps imparables. Dans le cas présent, les seniors qui n’arrivaient pas à rattraper leur retard se retrouvent dans la situation inverse. Ils peuvent à présent mobiliser des outils qui leur était difficile d’appréhender auparavant. Cumulé à leur expérience dans l’entreprise, ils sont à nouveau sur le devant de la scène. La concurrence avec les juniors n’est donc plus autant à l’ordre du jour.
L’IA donne le la au sein des entreprises
L’apport des nouvelles technologies a toujours été le moyen pour les entreprises de repenser leurs stratégies. Que ce soit en adaptant les tâches octroyées aux employés ou en optimisant la charge de travail, le changement est une donnée à laquelle elles ont l’habitude d’être confrontées. L’IA quant à elle va rabattre des cartes qui étaient préalablement posées. Cette technologie démultiplie les capacités d’une personne qui avait déjà de l’expérience dans son entreprise. Cela se combine à la capacité à comprendre rapidement un contexte et à connaitre les parties prenantes. Son objectif n’est pas de remplacer les employés. Elle va plutôt les soutenir et servir d’outil de levier.
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Dans le cadre de l’employabilité, les critères vont eux aussi changer. Là où les employeurs privilégiaient la connaissance et l’expérience, ce sont aujourd’hui des soft skills qui vont être mis en avant comme le relationnel, l’empathie ou tout autre compétence humaine.
Nouvelle barrière à l’emploi pour les jeunes
Pendant des décennies, les seniors étaient déboussolés par ses technologies qui se multipliaient. L’IA générative est devenue le traducteur d’une langue autrefois parlée exclusivement par les juniors ce qui laisse libre cours à la concurrence.
Selon les données publiées en décembre 2025 par Intuitionlabs: en juillet 2025, l’emploi des jeunes dans la tech aux États-Unis était inférieur de 20 % à son pic de fin 2022, tandis que celui de leurs homologues de 31 à 49 ans continuait de progresser jusqu’à 13 %.
Les entreprises perdent de plus en plus d’intérêt au financement des jeunes dans la tech. Mais ce que l’on décèle par-dessus tout à travers cette étude c’est que les entreprises ont de plus en plus de mal à recruter sur des critères égalitaires.
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