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Droits de douane de Trump : l’Union européenne réagit

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Droits de douane de Trump : l’Union européenne réagit

Droits de douane de Trump : l’Union européenne soulagée, plusieurs pays contestent

Les États-Unis appliquent depuis le 24 juillet de nouveaux droits de douane de 10 % ou 12,5 % sur les produits provenant de dizaines de partenaires commerciaux. Washington invoque les insuffisances de certains pays dans la lutte contre le travail forcé. L’Union européenne accueille favorablement le taux qui lui est imposé, mais rejette le motif avancé par l’administration américaine. Plusieurs États dénoncent une mesure injustifiée ou infondée.

Une nouvelle grille de droits de douane américains est entrée en vigueur vendredi 24 juillet. à 00 h 01. Selon les pays d’origine, les importations concernées sont désormais taxées à hauteur de 10 % ou de 12,5 %.

Le nombre exact d’économies visées varie selon les sources. Boursorama évoque une soixantaine d’économies, tandis que RTL fait état de près de 80 pays. Les deux publications confirment toutefois les taux appliqués et la date d’entrée en vigueur de la mesure.

De nouveaux droits de douane après les taxes temporaires de février

Ces droits de douane succèdent à une surtaxe temporaire de 10 %, instaurée en février 2026 pour une durée de 150 jours.

Cette mesure provisoire avait été décidée après l’annulation par la Cour suprême américaine de la majorité des surtaxes douanières mises en place depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

L’administration américaine a donc modifié le fondement juridique utilisé pour poursuivre une partie de sa politique commerciale.

La nouvelle procédure repose sur la « section 301 » de la législation commerciale américaine. Washington affirme vouloir sanctionner les économies qui n’auraient pas suffisamment écarté de leurs chaînes d’approvisionnement les produits issus du travail forcé.

Jamieson Greer, représentant américain au Commerce, estime que les travailleurs américains ne doivent pas être placés en concurrence avec des marchandises fabriquées dans ces conditions. Il présente les droits de douane comme un instrument de lutte contre les violations des droits humains et contre des pratiques commerciales jugées déloyales.

L’Union européenne soumise à des droits de douane de 10 %

Les produits provenant de l’Union européenne sont soumis à un taux de 10 %.

Ce niveau reste inférieur au plafond de 15 % prévu dans l’accord commercial conclu en 2025 entre Bruxelles et Washington à Turnberry, en Écosse.

La Commission européenne s’est félicitée du respect des engagements américains. Son porte-parole, Olof Gill, a précisé que le taux de 10 % était « tout compris ».

Certaines exonérations sont également réintroduites pour des produits européens, notamment le liège et les diamants.

Les avions, les pièces détachées aéronautiques et les médicaments génériques restent eux aussi exemptés de droits de douane supplémentaires.

Bruxelles considère que cette décision permet de poursuivre les discussions avec les États-Unis sur les matières premières stratégiques et l’intelligence artificielle.

Pas de hausse spécifique après l’amende infligée à Google

L’annonce américaine intervient quelques heures après une amende de 890 millions d’euros infligée à Google par l’Union européenne pour des atteintes à la concurrence dans le secteur numérique.

Cette sanction avait fait craindre d’éventuelles représailles commerciales contre les entreprises et les produits européens.

Jamieson Greer avait estimé que l’amende créait de l’incertitude dans les relations transatlantiques et présentait un risque pour leur stabilité.

La nouvelle grille tarifaire américaine ne comporte finalement pas de hausse spécifique visant l’Union européenne en réponse à cette décision.

Bruxelles conteste la justification des taxes américaines

L’Union européenne accueille favorablement le niveau des droits de douane, mais conteste leur justification.

La Commission rejette l’idée selon laquelle la réglementation européenne contribuerait au développement du travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement.

Paula Pinho, porte-parole en chef de la Commission européenne, affirme que l’Union dispose déjà de règles solides dans ce domaine.

Bruxelles reste néanmoins prudente. Une autre enquête américaine fondée sur la section 301 vise toujours l’Union européenne au sujet des surcapacités industrielles.

Cette procédure pourrait servir de fondement à de nouvelles surtaxes sur certains produits européens.

La Chine rejette les droits de douane de Trump

La réaction européenne contraste avec celle de plusieurs autres partenaires commerciaux des États-Unis.

La Chine, soumise à des droits de douane de 12,5 %, s’oppose aux mesures tarifaires unilatérales.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré qu’une guerre commerciale ou une guerre de droits de douane ne servait les intérêts d’aucune des parties.

L’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon contestent la décision

L’Australie juge les droits de douane américains « injustifiés ».

Son ministre du Commerce, Don Farrell, affirme que son pays prend au sérieux la lutte contre l’esclavage moderne. Il annonce que l’Australie continuera de demander la suppression des taxes appliquées à ses produits.

La Nouvelle-Zélande qualifie la décision d’« extrêmement décevante ».

Le Japon indique pour sa part regretter la mise en place de ces nouveaux droits de douane.

Ces trois partenaires des États-Unis dans la région Pacifique sont concernés par le taux de 12,5 %.

La Norvège et la Suisse rejettent les accusations américaines

La Norvège conteste également la justification avancée par Washington.

Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, estime que les droits de douane imposés à son pays ne sont pas fondés.

Il souligne que la Norvège dispose déjà de règles destinées à empêcher le commerce de marchandises produites par le travail forcé.

La Suisse, elle aussi taxée à 12,5 %, adopte une position plus mesurée.

Berne relève que ce taux reste inférieur au plafond de 15 % prévu par une déclaration commune signée avec les États-Unis.

Le Conseil fédéral suisse rejette néanmoins les accusations américaines relatives au travail forcé.

Le Brésil annonce une procédure devant l’OMC

Le Brésil, soumis à un taux de 12,5 %, envisage une réponse juridique et commerciale.

Le président Luiz Inácio Lula da Silva dénonce des droits de douane « arbitraires et injustifiés ».

Il annonce l’activation des mécanismes prévus par la loi brésilienne sur la réciprocité ainsi que la saisine du dispositif de règlement des différends de l’Organisation mondiale du commerce.

Des réactions différentes face aux taxes américaines

Les réactions des partenaires commerciaux des États-Unis font apparaître trois positions.

L’Union européenne accepte le taux appliqué à ses produits, tout en contestant la justification avancée par Washington.

Plusieurs alliés des États-Unis, dont l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et la Norvège, demandent la suppression ou la révision des droits de douane.

Le Brésil annonce pour sa part une riposte fondée sur ses mécanismes nationaux de réciprocité et sur les procédures de l’Organisation mondiale du commerce.

L’administration américaine maintient que ces droits de douane répondent à un objectif de lutte contre le travail forcé et de protection des travailleurs américains.

Les pays concernés contestent principalement l’accusation selon laquelle leurs propres réglementations seraient insuffisantes.