Le ton ne laisse guère de place à l’ambiguïté. Une vidéo d’environ trois minutes diffusée sur la chaîne 3 de la télévision publique iranienne prend directement pour cible Barron Trump, le plus jeune fils de Donald Trump.
Le programme affirme que ses déplacements seraient surveillés et évoque une récompense de 10 millions de dollars. Plusieurs informations concernant son environnement et son dispositif de protection y sont également présentées. Leur véracité n’a toutefois pas été établie. Euronews, qui a examiné la séquence, précise notamment ne pas avoir pu confirmer l’existence de la récompense annoncée ni plusieurs des affirmations contenues dans la vidéo.
À ce stade, aucun élément public ne permet donc d’affirmer que les autorités iraniennes ont officiellement mis à prix la tête de Barron Trump. Ce qui est établi, en revanche, est la diffusion de cette menace sur une chaîne de télévision d’État et sa circulation par des médias proches des Gardiens de la révolution.
Le Secret Service prend la menace au sérieux
L’affaire a désormais franchi l’Atlantique.
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Le Secret Service américain, chargé de la protection du président et de ses proches, a confirmé avoir connaissance de la vidéo. Son porte-parole Nate Herring a indiqué que le service enquêtait sur tout élément susceptible de constituer une menace envers les personnes placées sous sa protection.
L’agence refuse logiquement de préciser les mesures éventuellement prises depuis la diffusion de la séquence, invoquant la sécurité de ses opérations.
Barron Trump, aujourd’hui âgé de 20 ans, apparaît beaucoup moins dans la vie politique et médiatique américaine que les autres enfants du président. Il avait notamment été très remarqué lors de l’investiture de son père en janvier 2025, mais conserve depuis une présence publique limitée.
C’est la première fois que les médias iraniens le désignent aussi directement comme une cible, selon plusieurs médias américains.
Après Donald et Melania Trump, Barron directement ciblé
Cette vidéo ne constitue pas un épisode isolé.
En juillet, l’agence Tasnim, proche des Gardiens de la révolution, avait déjà diffusé une séquence visant Melania Trump et prétendant mettre en évidence des vulnérabilités dans sa protection à New York. Donald Trump fait lui-même depuis plusieurs années l’objet de menaces liées à l’Iran.
Washington prend ces dossiers d’autant plus au sérieux que les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont atteint un niveau inédit en 2026.
Business Times avait notamment analysé au printemps les conséquences économiques du conflit dans notre article consacré à la guerre en Iran et à ses répercussions sur la trésorerie des PME françaises.
Les services américains ont également été alertés à plusieurs reprises ces dernières années de projets attribués à l’Iran visant Donald Trump ou d’anciens responsables américains. Reuters rapporte que les autorités américaines avaient encore reçu récemment des informations faisant état de menaces contre le président.
Une vidéo de propagande, mais une menace surveillée
La prudence reste nécessaire sur la portée réelle de la séquence.
Les images s’appuient largement sur des montages et des représentations dramatisées. Les affirmations selon lesquelles Barron Trump serait effectivement surveillé ou que des personnes auraient réussi à contourner sa protection n’ont pas été vérifiées de manière indépendante.
Cela ne rend pas la vidéo anodine pour autant.
Sa diffusion sur la télévision iranienne et son caractère directement menaçant expliquent la réaction du Secret Service. Elle marque aussi une évolution dans la communication de certains médias iraniens : les menaces ne concernent plus seulement Donald Trump ou des responsables américains directement impliqués dans la politique menée contre Téhéran, mais s’étendent désormais à sa famille.
L’enquête américaine devra notamment déterminer si cette séquence relève uniquement de la propagande ou si elle s’accompagne d’éléments pouvant faire craindre une menace plus concrète.
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