Groupe Partouche accélère. Le casinotier français a réalisé 120,3 millions d’euros de chiffre d’affaires au troisième trimestre de son exercice 2026, en hausse de 5,1 %. Sur neuf mois, l’activité atteint 360,7 millions d’euros. La principale surprise vient du nouveau club de jeux parisien installé avenue de la Grande Armée : son produit brut des jeux atteint 9,2 millions d’euros sur le trimestre, contre seulement 0,4 million un an plus tôt dans son ancienne configuration. Après plusieurs années d’investissements lourds, Partouche commence à mesurer les effets de sa stratégie de montée en gamme.

Groupe Partouche : le nouveau club parisien accélère la croissance au troisième trimestre

Les investissements commencent à produire leurs effets.

Groupe Partouche a publié ce mardi 8 septembre son chiffre d’affaires du troisième trimestre, correspondant à la période allant de mai à juillet 2026.

Le groupe atteint 120,3 millions d’euros, contre 114,5 millions un an auparavant.

La progression ressort donc à 5,1 %.

Sur les neuf premiers mois de l’exercice, de novembre 2025 à juillet 2026, le chiffre d’affaires atteint désormais 360,7 millions d’euros, soit une hausse de 3,7 %.

Le Produit Brut des Jeux, ou PBJ, s’établit sur la même période à 571,1 millions d’euros, également en progression de 3,7 %. À périmètre constant, la hausse atteint 2,8 %.

Mais derrière ces chiffres assez réguliers se cache une transformation plus profonde.

Les nouvelles implantations et les établissements rénovés progressent beaucoup plus vite que le reste du portefeuille.

Groupe Partouche : le troisième trimestre accélère

Le rythme de croissance s’améliore au fil de l’exercice.

Le chiffre d’affaires du premier semestre avait progressé de 3 %, à 240,4 millions d’euros.

Au troisième trimestre, la hausse atteint désormais 5,1 %.

Le PBJ du trimestre progresse encore plus rapidement.

Il passe de 189 millions à 200 millions d’euros, soit une hausse de 5,8 %.

Le Produit Net des Jeux atteint de son côté 89,5 millions d’euros, en augmentation de 6,9 %.

Pour comprendre ces chiffres, il faut distinguer le PBJ du chiffre d’affaires.

Le Produit Brut des Jeux correspond à la différence entre les sommes misées par les joueurs et les gains qui leur sont reversés.

Une partie importante de ce montant est ensuite prélevée sous forme de taxes et contributions.

Au troisième trimestre, les prélèvements atteignent ainsi 110,5 millions d’euros.

Cette fiscalité explique pourquoi un groupe affichant 200 millions d’euros de PBJ ne comptabilise pas 200 millions de chiffre d’affaires.

La France devient le principal moteur de la croissance

Le contraste entre la France et l’international est assez marqué.

En France, le PBJ du troisième trimestre atteint 181,1 millions d’euros, en progression de 7,1 %.

À l’international, il recule au contraire de 5,1 %, à 18,9 millions.

La croissance française repose surtout sur les jeux de table traditionnels.

Leur PBJ bondit de 76 %, passant de 16 millions à 28,2 millions d’euros en un an.

Les machines à sous évoluent beaucoup moins : 130,9 millions d’euros contre 130,4 millions un an auparavant.

Les jeux de table électroniques reculent légèrement, de 22,6 à 22,1 millions.

Le changement est donc intéressant.

La croissance ne vient pas d’une explosion générale des mises dans les casinos.

Elle repose en grande partie sur certains établissements et sur une offre de jeux de table davantage orientée vers l’expérience et l’événementiel.

Le nouveau club parisien change clairement la donne

C’est la principale réussite du trimestre.

Le Partouche Pasino Club a ouvert le 12 mai au 10 avenue de la Grande Armée, à quelques centaines de mètres de l’Arc de Triomphe.

Partouche exploitait auparavant son club parisien rue de Berri.

Le déménagement a complètement changé son format.

La surface consacrée aux jeux est passée d’environ 300 m² à plus de 3 300 m², selon les documents présentés aux actionnaires avant l’ouverture.

L’effet sur l’activité est immédiat.

Le PBJ du club atteint 9,2 millions d’euros au troisième trimestre 2026, contre seulement 0,4 million sur la période comparable de 2025.

Fabrice Paire, président du directoire de Groupe Partouche, qualifie le démarrage de satisfaisant et souligne que la taille du nouveau lieu permet notamment d’accueillir des tournois de poker beaucoup plus importants.

Le groupe affirme déjà recevoir des demandes d’acteurs comme Winamax ou le PMU pour l’organisation de grands événements.

C’est probablement ici que le projet devient intéressant économiquement.

Partouche veut transformer un club de jeux en destination

L’objectif ne semble pas être uniquement d’ajouter davantage de tables.

Partouche cherche à créer un véritable lieu de divertissement.

Le bâtiment de la Grande Armée accueille également le siège du groupe.

Le club dispose de plusieurs étages et Partouche veut en faire l’un des grands lieux européens du poker live, avec notamment un partenariat conclu avec Texapoker.

Le groupe cherche ainsi à appliquer aux jeux une stratégie déjà largement utilisée dans l’hôtellerie et le tourisme.

Il ne s’agit plus seulement de vendre une prestation.

Il faut créer une destination.

Cette logique rejoint celle observée dans d’autres segments du divertissement. Business Times l’avait récemment analysée avec La Tête dans les Nuages, dont le développement repose lui aussi sur une montée en gamme de l’expérience proposée au client.

À lire sur Business Times : 27 millions d’euros investis dans La Tête dans les Nuages

Pour un opérateur physique confronté à la progression constante du numérique, l’expérience devient donc un élément essentiel de différenciation.

Le marché français des casinos reste porteur

Partouche profite également d’un contexte sectoriel plutôt favorable.

Selon l’Autorité nationale des jeux, les casinos français ont réalisé en 2025 un PBJ de 2,816 milliards d’euros, en hausse de 3,4 %.

Leur fréquentation a également progressé de 2 %, à 31,6 millions d’entrées.

Le mouvement tranche avec les clubs de jeux parisiens, pénalisés en 2025 par deux mois de fermeture et dont le PBJ avait reculé de 21 %, à 97 millions d’euros.

Le redémarrage actuel du marché parisien constitue donc une opportunité.

L’ANJ recense désormais huit clubs de jeux dans la capitale.

Partouche tente manifestement de se distinguer par la taille de son établissement et sa capacité événementielle.

C’est une stratégie assez différente de la simple ouverture d’une salle supplémentaire.

Cannes confirme aussi le retour sur investissement

Le deuxième moteur français se trouve sur la Côte d’Azur.

Le Royal Palm de Cannes affiche un PBJ de 4 millions d’euros au troisième trimestre, contre une contribution négative de 0,2 million sur la période comparable de 2025.

Le site bénéficie des travaux réalisés après son transfert au Palm Beach.

L’amélioration est notable car l’exercice précédent avait justement montré que les synergies espérées autour du nouvel emplacement tardaient à apparaître.

Dans ses résultats 2024-2025, Partouche indiquait encore que le Royal Palm avait pesé négativement sur son résultat opérationnel courant.

Quelques mois plus tard, la situation semble donc évoluer dans le bon sens.

Le Casino Partouche Cannes 50 Croisette contribue lui aussi à la dynamique.

Le groupe l’avait acquis en février 2025 avant d’engager un programme de modernisation de l’établissement et de son parcours client.

Pour Partouche, Cannes constitue ainsi un bon laboratoire de sa stratégie : investir dans des actifs existants pour augmenter leur attractivité plutôt que multiplier uniquement les ouvertures.

La stratégie d’investissement est lourde mais commence à être visible

Cette politique n’est pas gratuite.

Sur l’exercice 2024-2025, Groupe Partouche avait investi 118,4 millions d’euros, contre 72,9 millions un an auparavant.

Le groupe a travaillé simultanément sur plusieurs établissements.

Grande Armée à Paris.

Cannes.

Vichy.

Meyrin en Suisse.

Divonne.

Annemasse.

La Tour-de-Salvagny.

Les travaux ont temporairement pesé sur certaines charges et certains résultats.

Mais plusieurs établissements rénovés commencent aujourd’hui à enregistrer une amélioration de leur activité.

C’est un point important pour les investisseurs.

Une hausse de fréquentation obtenue uniquement par des promotions peut rapidement disparaître.

Une amélioration liée à un actif modernisé peut, en théorie, produire des effets pendant plusieurs années.

Il faudra néanmoins attendre les résultats annuels pour savoir dans quelle mesure la croissance actuelle du chiffre d’affaires se transforme effectivement en rentabilité supplémentaire.

Attention à ne pas confondre activité et bénéfice

Les chiffres publiés le 8 septembre concernent principalement l’activité.

Ils ne permettent pas encore de connaître le résultat net du troisième trimestre.

Cette distinction est essentielle.

Au premier semestre 2026, Partouche avait réalisé 48,3 millions d’euros d’EBITDA, contre 55,3 millions un an auparavant.

À première vue, la rentabilité semblait donc reculer.

Mais le premier semestre 2025 avait bénéficié d’un élément comptable exceptionnel de 12,2 millions d’euros lié à une réduction du passif social.

Une fois cet élément neutralisé, l’EBITDA comparable du premier semestre 2025 ressortait à 43,1 millions d’euros.

Sur cette base, l’EBITDA 2026 progressait donc de 12,1 %.

C’est une nuance importante.

La tendance opérationnelle apparaît meilleure que ne le suggère la comparaison brute.

Le résultat net du premier semestre était néanmoins de 7,2 millions d’euros, contre 12,6 millions un an plus tôt.

Les résultats annuels permettront donc de mesurer plus précisément le rendement des investissements engagés.

L’hôtellerie constitue le point faible du trimestre

Tout ne progresse pas.

Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires des casinos atteint 106,3 millions d’euros, en hausse de 7,1 %.

Celui de l’activité hôtelière tombe en revanche à 8,8 millions d’euros, soit un recul de 11,3 %.

Les autres activités atteignent 5,2 millions, en baisse de 1,3 %.

Cette divergence mérite d’être suivie.

Partouche ne se présente plus uniquement comme un exploitant de salles de jeux.

Le groupe possède aussi des hôtels, restaurants, spas, activités thermales et espaces événementiels.

Son modèle cherche donc à augmenter les dépenses réalisées autour du jeu.

Or l’hôtellerie ne bénéficie pas actuellement de la même dynamique.

Au premier semestre, son chiffre d’affaires reculait déjà de 3 %.

Une partie de la prochaine étape consistera donc probablement à mieux transformer la fréquentation des casinos en revenus complémentaires.

Cotonou ouvre une piste africaine

À l’international, un établissement attire particulièrement l’attention.

Le casino de Cotonou, au Bénin, a ouvert en janvier 2025.

Son PBJ atteint 0,9 million d’euros au troisième trimestre 2026, contre 0,3 million un an auparavant.

Il a donc triplé.

Le montant reste évidemment très faible par rapport aux 181 millions réalisés en France.

Mais l’intérêt est ailleurs.

Fabrice Paire estime que le casino a trouvé son rythme de croisière et indique que le groupe reçoit des sollicitations pour d’autres implantations sur le continent africain.

Partouche pourrait donc disposer d’un nouveau relais de développement international.

Il faudra toutefois attendre avant d’en conclure à une stratégie africaine de grande ampleur.

Le groupe n’a annoncé ni calendrier détaillé ni nouvelles ouvertures confirmées dans le communiqué du 8 septembre.

La Suisse pénalise les résultats internationaux

La situation est inverse à Meyrin, près de Genève.

Le casino suisse est engagé dans d’importants travaux de rénovation.

Conséquence : son PBJ sur les machines à sous recule de 25,4 %, à 6,5 millions d’euros au troisième trimestre.

Cette baisse explique en grande partie le recul global de l’international.

Le numérique permet néanmoins d’en absorber une partie.

Les jeux en ligne du casino de Meyrin progressent de 11 %, à 7,3 millions d’euros.

Le cas est intéressant.

Il illustre la complémentarité possible entre établissements physiques et activité numérique lorsque la réglementation locale l’autorise.

En France, le cadre est différent : les casinos en ligne et notamment les machines à sous en ligne ne sont pas autorisés.

Les opérateurs français doivent donc trouver d’autres moyens pour maintenir le lien avec leurs clients hors des établissements.

Partouche reste d’abord un acteur du divertissement physique

Cette contrainte explique en partie les investissements du groupe.

Là où certains secteurs peuvent déplacer presque toute leur activité vers Internet, le casino français reste fondamentalement lié à un lieu.

Partouche transforme donc ses établissements.

Architecture.

Restaurants.

Événementiel.

Poker.

Hôtellerie.

Spectacles.

Le groupe cherche à augmenter le nombre de raisons de venir sur place.

Cette stratégie rapproche le casino d’autres métiers du loisir et de l’hospitality.

Elle explique également pourquoi des groupes concurrents recrutent désormais des dirigeants venus d’autres univers.

Business Times l’avait récemment montré avec JOA et la nomination de Laurent Prud’homme, ancien dirigeant des médias et du sport, pour accompagner l’évolution du groupe.

À lire sur Business Times : JOA nomme Laurent Prud’homme directeur général

Le casino devient progressivement une composante d’une offre de divertissement plus large.

Un marché qui reste très encadré

Cette croissance ne doit cependant pas faire oublier la particularité économique du secteur.

Les jeux d’argent représentent en France un marché extrêmement réglementé.

En 2025, l’ensemble du secteur a généré 14,1 milliards d’euros de PBJ, en progression de 3 %.

Les casinos représentaient 2,816 milliards.

Mais les opérateurs sont soumis à des obligations fortes en matière de lutte contre le blanchiment, de protection des mineurs et de prévention du jeu excessif.

L’ANJ a d’ailleurs renforcé ses contrôles sur ces sujets en 2026.

Pour un casinotier, la croissance ne peut donc pas reposer uniquement sur l’augmentation de la fréquence ou des dépenses des joueurs.

L’expérience, l’événementiel, la restauration et les services complémentaires deviennent des leviers d’autant plus importants.

Groupe Partouche commence à récolter les fruits de son cycle d’investissement

Les résultats du troisième trimestre racontent finalement une histoire assez cohérente.

Groupe Partouche a beaucoup investi.

Ces dépenses ont parfois pesé sur sa rentabilité à court terme.

Mais plusieurs actifs rénovés accélèrent désormais.

Le club parisien atteint déjà 9,2 millions d’euros de PBJ sur son premier trimestre complet dans sa nouvelle configuration.

Le Royal Palm de Cannes rebondit.

Cotonou monte en puissance.

Et le PBJ français progresse de plus de 7 %.

À périmètre constant, le PBJ total du troisième trimestre progresse encore de 6,1 %, ce qui montre que la hausse ne repose pas uniquement sur les acquisitions et nouvelles ouvertures.

C’est probablement la donnée la plus rassurante.

La croissance existe également dans le portefeuille historique.

La prochaine étape sera financière.

Les investisseurs voudront savoir si cette activité supplémentaire se transforme en EBITDA, en résultat et en génération de trésorerie.

Pour l’instant, Partouche démontre surtout qu’un modèle très physique peut encore croître à condition d’investir dans les lieux, l’expérience et l’attractivité.

Le nouveau club de la Grande Armée en constitue aujourd’hui l’exemple le plus spectaculaire.