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Insertion professionnelle : les Geiq font mieux sur l’emploi durable malgré un marché plus difficile

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Alors que le marché du travail s’est tendu en 2025 et que l’apprentissage marque le pas, les Groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification affichent des résultats solides. Selon leur Observatoire 2026, 72 % des parcours débouchent sur un emploi et 60 % sur un emploi durable. Une progression intéressante pour les entreprises confrontées à des difficultés de recrutement et de fidélisation des compétences.

Insertion professionnelle : les Geiq font mieux sur l’emploi durable malgré un marché plus difficile

L’insertion professionnelle résiste mieux que les volumes d’embauche au sein des Geiq. C’est le principal enseignement de l’Observatoire 2026 publié par la Fédération Française des Geiq, qui analyse l’activité du réseau pendant l’année 2025.

Le contexte était pourtant moins porteur.

En moyenne sur l’année 2025, le taux de chômage a atteint 7,7 % de la population active, contre 7,4 % en 2024 selon l’Insee. Au quatrième trimestre, il est même monté à 7,9 %. Chez les 15-24 ans, le taux de chômage atteignait 21,5 % en fin d’année.

L’alternance a elle aussi ralenti. La Dares estime à 846 700 le nombre de contrats d’apprentissage commencés en 2025, soit une baisse de 5 % par rapport à 2024.

Dans ce contexte, les résultats des Geiq méritent d’être regardés de près.

Insertion professionnelle : 60 % des parcours débouchent sur un emploi durable

En 2025, 16 541 salariés ont été accompagnés dans un parcours Geiq.

Le réseau a géré 17 532 contrats et procédé à 9 651 embauches au cours de l’année. L’Observatoire comptabilise également 9 996 nouveaux contrats signés.

Mais le chiffre le plus intéressant se trouve à la sortie.

72 % des parcours débouchent sur un emploi. Parmi eux, 60 % conduisent à un emploi durable.

Par emploi durable, la Fédération entend notamment un CDI ou un CDD de plus de six mois, conformément à la méthodologie utilisée dans ses observatoires.

La progression est réelle.

Dans l’Observatoire 2025, qui portait sur l’activité 2024, le taux de sorties vers l’emploi était déjà de 72 %, mais seulement 54 % des parcours débouchaient sur un emploi durable. Le gain atteint donc six points en un an.

Autrement dit, le réseau accompagne légèrement moins de volumes dans un environnement économique plus compliqué, mais la qualité des débouchés s’améliore.

Pour une entreprise, ce n’est pas tout à fait le même sujet.

Recruter quelqu’un quelques mois est une chose. Construire un parcours permettant de conserver une compétence dans la durée en est une autre.

Mais au fait, comment fonctionne un Geiq ?

Le principe est assez simple.

Un Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification réunit plusieurs entreprises ayant des besoins de recrutement.

Le Geiq embauche directement des personnes qui rencontrent des difficultés d’accès au marché du travail. Il les met ensuite à disposition des entreprises adhérentes tout en organisant leur formation et leur accompagnement.

Le salarié bénéficie donc d’un contrat de travail, d’une formation et d’un suivi individualisé.

Du côté de l’entreprise, le système permet de former progressivement une personne à ses métiers sans devoir gérer seule l’ensemble du parcours administratif et pédagogique.

Le ministère du Travail présente les Geiq comme une solution permettant à la fois de répondre aux besoins de main-d’œuvre des entreprises et de favoriser l’accès à une qualification pour des publics éloignés de l’emploi.

Le réseau compte désormais 204 Geiq et 382 implantations sur le territoire, selon les données de mai 2026. Il rassemble près de 9 000 entreprises adhérentes.

89 % des salariés appartiennent à des publics prioritaires

C’est aussi ce qui distingue ce modèle de l’alternance classique.

Selon l’Observatoire 2026, 89 % des salariés embauchés appartiennent à au moins une catégorie de public prioritaire.

Parmi eux figurent notamment 3 759 jeunes de moins de 26 ans, 2 839 demandeurs d’emploi de longue durée et 1 467 demandeurs d’emploi âgés de 45 ans ou plus.

Le réseau a également accompagné 607 personnes en situation de handicap et 816 bénéficiaires de minima sociaux.

Autre donnée parlante : 41 % des salariés embauchés arrivent sans qualification.

Le défi ne consiste donc pas simplement à rapprocher un CV d’une offre d’emploi.

Il faut former, accompagner et parfois résoudre des difficultés périphériques : mobilité, logement, maîtrise du français ou contraintes personnelles.

C’est précisément sur cette dimension que le Geiq ajoute une couche que le recrutement traditionnel ne fournit pas toujours.

La formation reste au cœur du modèle

En moyenne, les salariés bénéficient de 412 heures de formation par équivalent temps plein.

Le taux de réussite aux examens atteint 92 %. Il était toutefois déjà de 92 % dans la précédente édition de l’Observatoire. On peut donc davantage parler de maintien à un niveau élevé que d’une nouvelle progression nationale.

Pour les employeurs, l’intérêt est assez concret.

Les compétences sont construites autour des métiers réellement exercés dans les entreprises adhérentes.

Cela peut être particulièrement utile dans des secteurs où les candidats immédiatement opérationnels restent difficiles à trouver : bâtiment, industrie, transport, logistique, propreté ou aide à domicile.

Business Times s’est déjà penché sur cette question des métiers en tension avec son dossier consacré aux professions qui recrutent le plus en France en 2026. Emploi : les 25 métiers qui recrutent le plus en France en 2026

Le contrat de professionnalisation reste essentiel aux Geiq

Un autre chiffre mérite l’attention.

73 % des contrats gérés par les Geiq en 2025 sont des contrats de professionnalisation, contre 23 % de contrats d’apprentissage.

Cette répartition est importante à l’heure où l’apprentissage concentre une grande partie du débat public sur l’alternance.

Le contrat de professionnalisation conserve une utilité particulière pour les personnes plus éloignées de l’emploi, les reconversions ou les parcours nécessitant une formation très liée aux besoins d’une entreprise.

Business Times avait justement consacré une analyse au recul de ce dispositif et à ses conséquences pour les Geiq.

Contrat de professionnalisation : le grand oublié de l’alternance

La question devient d’autant plus stratégique que le volume global de contrats d’apprentissage a reculé en 2025 après plusieurs années de forte croissance.

À lire également sur Business Times : L’apprentissage se stabilise après cinq ans de forte croissance

Recruter autrement plutôt que chercher le candidat parfait

Pour Christophe Drone, président de la Fédération Française des Geiq, les résultats de 2025 montrent surtout la capacité du modèle à tenir malgré le ralentissement économique.

Le sujet intéresse directement les dirigeants.

Beaucoup d’entreprises continuent de chercher des candidats immédiatement qualifiés, disponibles et expérimentés. Or, sur certains métiers, ces profils sont simplement trop peu nombreux.

Le Geiq inverse en partie le raisonnement.

Plutôt que d’attendre le candidat parfaitement formé, l’entreprise recrute un potentiel et participe à la construction de ses compétences.

Cette logique se retrouve par exemple dans le BTP, où les besoins de recrutement et de formation restent importants. Business BTP a récemment présenté la stratégie du réseau BTP CFA Auvergne-Rhône-Alpes, qui mise lui aussi sur une formation plus directement connectée aux besoins des employeurs.

Horizon 2028 : BTP CFA AuRA transforme sa formation

L’accompagnement devient aussi un outil de fidélisation

C’est peut-être la leçon la plus intéressante de l’Observatoire 2026.

L’insertion professionnelle ne repose pas uniquement sur la formation technique.

Un salarié peut parfaitement apprendre un métier et quitter son entreprise quelques semaines plus tard.

La capacité à accompagner son intégration, à résoudre certaines difficultés et à créer une perspective professionnelle joue aussi sur la fidélisation.

Avec 60 % de sorties vers l’emploi durable, les Geiq montrent qu’un recrutement peut être pensé comme un parcours plutôt que comme une simple embauche.

Dans une période où les entreprises surveillent davantage leurs effectifs et leurs coûts, cette approche peut sembler plus lourde au départ.

Elle pose pourtant une question assez simple : vaut-il mieux attendre plusieurs mois le candidat idéal ou investir dans quelqu’un que l’on peut réellement former à son métier ?

Pour de nombreuses entreprises confrontées depuis des années aux mêmes pénuries de compétences, la réponse commence peut-être à changer.