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Xenia Fedorova : CNews annonce son retour à l’antenne malgré l’arrêté d’expulsion

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CNews prévoit le retour prochain de Xenia Fedorova à l’antenne. L’ancienne dirigeante de RT France se trouve aujourd’hui hors de France. Elle interviendrait donc à distance, par visioconférence. Cette annonce intervient alors qu’un arrêté d’expulsion la vise depuis juillet. Les autorités françaises l’accusent notamment de relayer des campagnes de désinformation russes. Xenia Fedorova conteste ces accusations.

Xenia Fedorova : CNews annonce son retour à l’antenne malgré l’arrêté d’expulsion

CNews ne veut visiblement pas tourner la page Xenia Fedorova.

Jeudi 3 septembre, la chaîne a annoncé le possible retour de sa chroniqueuse russe. Celui-ci pourrait intervenir « très prochainement ».

La journaliste ne reviendrait toutefois pas sur un plateau parisien. Elle se trouve actuellement à l’étranger et devrait intervenir en visioconférence.

Selon franceinfo, les juristes de Canal+ ont étudié cette possibilité.

Ils estiment que l’arrêté d’expulsion interdit à Xenia Fedorova de séjourner en France. En revanche, il ne lui interdirait pas de s’exprimer depuis l’étranger.

Stéphane Larue confirme également ce projet de retour. Aucune date précise n’a encore été annoncée.

Pourquoi la France veut-elle expulser Xenia Fedorova ?

L’affaire commence officiellement le 27 juillet 2026.

Le ministre de l’Intérieur signe alors un arrêté d’expulsion contre Xenia Fedorova.

L’ancienne directrice de RT France intervenait depuis plusieurs mois dans différents médias. Elle apparaissait notamment sur CNews, Europe 1, JDNews et dans le Journal du Dimanche.

Selon l’arrêté cité par plusieurs médias, son comportement porterait « atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État ».

Le ministère considère également que sa présence représente une menace grave pour l’ordre public.

Les autorités lui reprochent surtout de relayer des campagnes de désinformation russes.

RTL avait confirmé l’existence de cet arrêté auprès du ministère de l’Intérieur dès la fin juillet.

Xenia Fedorova rejette ces accusations.

Elle affirme défendre une autre lecture des relations internationales. Elle estime aussi que cette décision cherche à faire taire une voix différente.

La justice n’a pas encore validé définitivement l’expulsion

Un point mérite d’être précisé.

La justice a rejeté deux demandes urgentes déposées par Xenia Fedorova. Mais elle n’a pas encore jugé la légalité de l’arrêté sur le fond.

La chroniqueuse a d’abord déposé un recours en référé-liberté. Le tribunal administratif de Paris l’a rejeté le 3 août.

Elle a ensuite engagé une seconde procédure pour demander la suspension de l’arrêté.

Le tribunal a également rejeté cette demande le 14 août.

Mais les juges ont fondé leur décision sur l’absence d’urgence.

Xenia Fedorova avait déjà quitté la France. Le tribunal a donc estimé qu’il n’existait pas d’urgence immédiate à suspendre l’arrêté.

Dans sa décision du 14 août 2026, le tribunal précise un élément essentiel.

Il ne s’est pas prononcé sur la légalité même de l’expulsion.

Un recours au fond reste donc en cours.

La justice devra encore décider si l’arrêté respecte ou non le droit.

Xenia Fedorova se trouvait déjà hors de France

La situation est particulière.

La police n’a pas physiquement expulsé Xenia Fedorova du territoire.

Selon son avocat, elle se trouvait déjà à l’étranger lorsqu’elle a appris la décision du ministère.

Elle a ensuite indiqué qu’elle ne reviendrait pas en France tant que l’arrêté resterait en vigueur.

L’AFP rapportait début août qu’elle souhaitait attendre une éventuelle suspension ou annulation.

Cette situation explique le projet de CNews.

La chaîne pourrait lui donner la parole depuis l’étranger sans organiser son retour physique en France.

Le gel de ses avoirs soulève une autre question

L’arrêté d’expulsion n’est pas la seule mesure prise contre Xenia Fedorova.

Les autorités françaises ont aussi gelé ses avoirs et ses ressources économiques.

Cette décision soulève une question différente.

Une intervention à l’antenne ne pose pas les mêmes problèmes qu’une éventuelle rémunération.

Pour l’instant, CNews n’a pas donné de détails sur les conditions financières de ce possible retour.

On ignore donc sous quelle forme la chaîne organiserait ses interventions.

Il serait trop tôt pour parler de contournement du gel des avoirs.

Tout dépendra notamment de la nature d’un éventuel paiement et du cadre juridique utilisé.

Ce point devra être suivi si Xenia Fedorova reprend régulièrement ses chroniques.

De RT France aux médias liés à Vincent Bolloré

Xenia Fedorova a longtemps dirigé RT France.

Cette chaîne constituait la version française du média public russe Russia Today.

Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, l’Union européenne a suspendu la diffusion de RT et Sputnik.

Xenia Fedorova est ensuite revenue progressivement dans les médias français.

Elle a notamment participé à plusieurs émissions de CNews. Elle est aussi intervenue sur Europe 1 et dans des médias comme JDNews ou le JDD.

Ces médias évoluent tous dans un environnement économique lié à Vincent Bolloré.

Sa présence a rapidement suscité des débats.

La question porte notamment sur la place accordée aux discours favorables à Moscou dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Ce sujet rejoint une autre controverse déjà étudiée par Business Times.

Business Times avait analysé les critiques visant les méthodes éditoriales de CNews et la place de la désinformation dans les médias.

CNews invoque la liberté d’expression

Depuis le début de l’affaire, les médias concernés contestent la décision de l’État.

La direction de Canal+ défend notamment la liberté d’expression.

Elle considère qu’il faut répondre aux opinions par le débat et par les faits.

Cette position vaut, selon le groupe, tant que les propos respectent la loi.

Xenia Fedorova reprend le même argument.

Dans une tribune publiée le 2 septembre dans le JDD, elle critique notamment un article du Monde consacré à son départ de France.

Elle estime que le quotidien présente certains éléments de manière biaisée.

Le gouvernement défend une position très différente.

Pour les autorités, le dossier ne concerne pas seulement des opinions favorables à la Russie.

L’arrêté évoque des campagnes de désinformation pouvant nuire aux intérêts fondamentaux de l’État.

La justice devra donc déterminer si les éléments avancés par l’administration justifient réellement l’expulsion.

La proximité avec Vincent Bolloré crée une nouvelle polémique

L’affaire prend aussi une dimension plus personnelle.

Elle concerne la relation entre Xenia Fedorova et Vincent Bolloré.

Dans leur livre-enquête La Droite de Dieu, Clément Lacombe et Camille Vigogne Le Coat évoquent cette proximité.

Selon les journalistes, plusieurs personnes dans l’environnement de Vincent Bolloré s’interrogent sur la nature de cette relation.

La Dépêche du Midi reprend plusieurs éléments de leur enquête.

Le journal évoque l’hypothèse d’une relation allant au-delà du cadre professionnel.

Mais il faut rester prudent.

Aucune information publique ne permet aujourd’hui d’établir avec certitude la nature de cette relation.

Les personnes concernées n’ont pas publiquement confirmé ces affirmations.

Ce sujet devient toutefois important sur le plan médiatique.

Xenia Fedorova a obtenu une forte exposition dans plusieurs médias du même groupe.

Dans le même temps, les autorités françaises s’inquiètent de possibles opérations d’influence russes.

Des inquiétudes jusque dans les cercles du pouvoir

L’enquête autour de cette affaire évoque aussi des inquiétudes au sommet de l’État.

Selon les informations reprises par La Dépêche, certains responsables redouteraient une influence russe à un niveau élevé.

Le dossier aurait même suscité des échanges dans les cercles de pouvoir.

Ces éléments reposent sur une enquête journalistique.

Ils ne prouvent pas qu’une action illégale aurait été menée par Vincent Bolloré.

À ce jour, la mesure administrative connue concerne directement Xenia Fedorova.

Il convient donc de distinguer les faits établis des soupçons et des témoignages rapportés.

Un dossier qui relance le débat sur la concentration des médias

L’affaire dépasse désormais le seul cas de Xenia Fedorova.

Elle pose aussi la question du pouvoir de quelques grands groupes dans les médias français.

Le périmètre lié à Vincent Bolloré comprend aujourd’hui plusieurs activités dans la télévision, la radio, la presse et l’édition.

Business Times détaillait récemment le rachat de 90 % de Front Populaire par Lagardère Media News.

Cette opération a encore renforcé la présence du groupe dans les médias d’opinion.

Le sujet concerne directement l’économie des médias.

Une ligne éditoriale forte peut attirer une audience fidèle et créer de la valeur.

Mais cette puissance entraîne aussi des responsabilités.

Les médias doivent notamment respecter les règles sur le pluralisme et la fiabilité de l’information.

CNews assume un choix éditorial fort

En annonçant le retour de Xenia Fedorova, CNews fait un choix clair.

La chaîne considère qu’un arrêté d’expulsion n’empêche pas une personne située à l’étranger de prendre la parole.

Sur le plan juridique, séjourner en France et intervenir à distance constituent deux situations différentes.

Sur le plan politique, en revanche, la décision reste sensible.

Xenia Fedorova fait toujours l’objet d’un arrêté d’expulsion.

Les autorités ont également gelé ses avoirs.

Enfin, la justice doit encore examiner la légalité de l’arrêté sur le fond.

La chroniqueuse rejette les accusations portées contre elle.

CNews défend la liberté d’expression.

L’administration considère au contraire que ses activités présentent un risque pour les intérêts de l’État.

Le retour annoncé de Xenia Fedorova ne règle donc aucune de ces questions.

Il les remet simplement au centre du débat médiatique.