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Facturation électronique : à trois mois de l’échéance, seule une entreprise sur six est prête

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Un baromètre Indy révèle de profondes disparités dans la transition numérique française. Malgré une forte accélération des inscriptions aux plateformes agréées ces derniers mois, la majorité des indépendants et petites structures restent à l'écart de la réforme.

Facturation électronique : à trois mois de l’échéance, seule une entreprise sur six est prête

Une montée en puissance rapide, mais encore insuffisante

Entre décembre 2025 et mai 2026, le nombre d’entreprises inscrites sur les plateformes a drastiquement augmenté passant de 375 000 à 1,1 million, soit une augmentation de 300 % en 5 mois.

Une progression importante mais pas parfaite, seul 1,1 million d’entreprises se sont enregistrées sur les 6 millions recensées selon l’INSEE. Ceci montre une réalité : 1 entreprise sur 6 est aujourd’hui inscrite à une plateforme agréée.

Une fracture numérique, déjà visible selon les profils d’entreprises

Indy, plateforme aidant les indépendants de gérer en autonomie les démarches administratives et comptables liées à leur activité, révèle des écarts entre les professions. Certaines d’entre elles ont compris l’enjeu et l’ont anticipé. 60 % des freelances, 50 % des agents immobiliers, 45 % des artisans du bâtiment se sont inscrits à une plateforme agréée.

En revanche, le baromètre Indy révèle de profondes disparités dans la transition numérique française. Trois autres catégories ont pris du retard : les avocats, les propriétaires en SCI/LMNP et les conducteurs taxi/VTC.

Les petites structures particulièrement concernées

La fracture est particulièrement visible selon le statut juridique. D’après le baromètre, les entreprises individuelles et les micro-entreprises sont deux fois moins nombreuses à être inscrites sur une plateforme agréée que les sociétés.

Un retard qui s’explique notamment par une mauvaise perception de l’urgence de la réforme. Beaucoup de ces structures se sentent encore peu concernées par l’obligation de facturation électronique, alors qu’elles aussi, devront s’y conformer.

Cette situation souligne l’ampleur du travail de sensibilisation qui reste à mener auprès des plus petites entreprises, souvent moins équipées et moins familiarisées avec les outils numériques que les sociétés.

La géographie n’explique pas les retards

Les écarts entre régions restent limités. Selon Indy, le taux d’inscription à une plateforme agréée varie entre 40 % et 50 % selon les territoires. La moyenne nationale s’établit à 46 %. Pour l’entreprise, la localisation ne constitue donc pas le principal facteur de préparation, les différences se jouent davantage ailleurs.

Le statut juridique pèse lourd dans l’équation. Les micro-entreprises et les entreprises individuelles sont moins avancées que les sociétés. Le secteur d’activité joue également un rôle important. Enfin, le niveau de maturité numérique apparaît comme un facteur déterminant.

Autrement dit, ce n’est pas l’endroit où l’entreprise exerce son activité qui explique son niveau de préparation, mais bien son profil et son rapport aux outils numériques.

Une fracture importante

À trois mois de l’entrée en vigueur de l’obligation légale, le baromètre met en évidence une fracture numérique déjà bien installée. Les structures les plus digitalisées ont pris de l’avance. Les plus petites, elles, accusent encore un retard important.

Le défi n’est désormais plus seulement technique, il est aussi pédagogique. L’enjeu consiste à informer et à accompagner les professionnels qui n’ont pas encore engagé leur transition vers la facturation électronique.