Ekino confie sa présidence à Olivier Vigneaux, déjà aux commandes de BETC Fullsix et de Havas CX Europe. Derrière cette nomination, le spécialiste technologique du groupe Havas affiche une ambition claire : aider les entreprises à passer des expérimentations d’intelligence artificielle aux agents capables d’agir dans les parcours clients et les processus métiers. Un changement d’échelle qui remet la gouvernance, la sécurité et la maîtrise des données au premier plan.

Ekino : Olivier Vigneaux prend la présidence pour accélérer dans l’IA agentique

Ekino ouvre une nouvelle étape de son développement.

Le spécialiste de l’ingénierie logicielle et de l’intelligence artificielle du groupe Havas annonce la prise de présidence d’Olivier Vigneaux.

La nomination s’inscrit en réalité dans une évolution engagée il y a quelques mois. Les registres juridiques indiquent qu’Olivier Vigneaux a été nommé président de la société Ekino par décision de l’associé unique du 8 juin 2026, en remplacement de Malo Gaudry. Le changement apparaît depuis dans les informations légales de la société.

Le communiqué de rentrée donne désormais une traduction stratégique à cette nouvelle gouvernance.

Olivier Vigneaux conserve parallèlement ses responsabilités au sein de l’écosystème Havas. L’AACC le présente actuellement comme CEO de BETC Fullsix et General Manager Europe de Havas CX. Il préside également le Club CX de l’association professionnelle.

IA agentique : ekino veut passer de l’expérimentation à la production

La feuille de route du nouveau président tourne autour d’un sujet qui prend rapidement de l’ampleur dans les entreprises : l’IA agentique.

La différence avec un assistant conversationnel classique est importante.

Un agent ne se contente plus de produire une réponse. Il peut enchaîner plusieurs étapes, interagir avec des logiciels, exploiter certaines données et exécuter des actions à partir d’un objectif.

Pour une entreprise, cela peut concerner le service client, le commerce, la gestion de contenus, les opérations ou encore certains processus internes.

Le sujet était déjà bien présent chez ekino avant cette nomination. En juillet, Olivier Vigneaux et Gaston Annebicque, directeur général d’ekino, intervenaient au MAD//FEST à Londres sur l’industrialisation de l’IA à l’échelle de l’entreprise et la gouvernance des agents.

Découvrir les expertises d’ekino

Business Times avait observé la même évolution lors de l’Oracle AI World Tour Paris. Les entreprises ne cherchent plus seulement à tester des modèles génératifs. Elles commencent à intégrer des agents dans la finance, les RH, la supply chain ou encore le service client.

À lire sur Business Times : Oracle AI World Tour Paris, une journée dédiée à l’IA en entreprise

Le parcours client pourrait être profondément modifié

L’un des angles défendus par Olivier Vigneaux concerne directement la relation entre les marques et leurs clients.

Dans un univers agentique, le consommateur pourrait de moins en moins parcourir lui-même plusieurs sites, comparer les offres et remplir des formulaires.

Son propre agent pourrait effectuer une partie de ce travail.

Olivier Vigneaux évoquait déjà cet été l’apparition d’un « canal agentique », dans lequel la relation entre une marque et son client pourrait passer davantage par des intermédiaires intelligents.

Cette évolution est également visible dans le commerce.

Business Times l’abordait récemment avec Shopify. Les agents commencent à intervenir dans la recherche de produits et les processus d’achat, obligeant les commerçants à repenser leur présence numérique.

À lire sur Business Times : Shopify et l’arrivée du commerce agentique

Pour les marques, la conséquence peut être profonde.

Il ne suffira plus forcément d’optimiser un site pour un visiteur humain. Les entreprises devront aussi rendre leurs offres, leurs prix, leurs stocks et leurs services facilement exploitables par des systèmes automatisés.

C’est précisément à la frontière entre expérience client et technologie qu’Olivier Vigneaux a construit sa carrière.

Un dirigeant venu de la stratégie de marque et du digital

Diplômé de l’EDHEC, Olivier Vigneaux commence sa carrière chez Young & Rubicam avant de rejoindre BETC.

Il travaille ensuite sur les stratégies digitales de nombreuses grandes marques.

Son parcours l’amène à prendre la direction de BETC Digital, puis à participer au développement de BETC Fullsix. Lors de la création de cette structure, Havas mettait déjà en avant une combinaison entre technologie, data, création et expérience client.

Aujourd’hui encore, l’AACC le présente comme CEO de BETC Fullsix et responsable européen de Havas CX.

Consulter le Club CX de l’AACC

Ce profil explique en partie le choix d’ekino.

L’enjeu n’est plus uniquement de savoir construire des modèles ou des architectures techniques. Il faut relier les investissements technologiques aux objectifs commerciaux et à l’expérience réellement vécue par les clients.

Havas CX constitue justement ce point de rencontre.

Le réseau réunit aujourd’hui plus de 1 200 experts dans 18 Havas Villages, avec des hubs notamment à Paris, Londres, New York et Mumbai. Ekino fait partie des agences technologiques qui composent cet ensemble.

Découvrir le réseau Havas CX

La gouvernance devient centrale quand les agents peuvent agir

Plus l’IA gagne en autonomie, plus la question du contrôle devient sensible.

Un chatbot qui donne une mauvaise réponse crée déjà un risque.

Un agent qui dispose de droits d’accès et peut lancer une action dans le système d’information pose un problème d’une autre ampleur.

Il faut déterminer quelles données il peut consulter, quelles opérations il peut déclencher et lesquelles exigent une validation humaine.

La traçabilité devient également essentielle.

Ekino met précisément en avant dans son positionnement la construction de systèmes d’IA fiables et durables, ainsi que les infrastructures nécessaires pour exploiter des agents à grande échelle.

Mais le sujet ne se limite pas à la technique.

La question des données doit être traitée avant la mise en production. Business Times l’a récemment détaillée dans son dossier consacré au RGPD et à l’intelligence artificielle.

Lorsqu’un outil accède à des données clients, collaborateurs ou commerciales, l’entreprise doit examiner leur usage, leur localisation, leur conservation et les responsabilités associées.

À lire sur Business Times : IA en entreprise et RGPD, les règles à respecter avant de déployer un outil

Ekino dispose déjà d’une base technologique importante

Ekino n’est pas une jeune pousse née avec la vague de l’IA générative.

L’entreprise travaille depuis plus de quinze ans sur les problématiques de transformation numérique et d’ingénierie.

Son site présente aujourd’hui un collectif d’environ 600 experts couvrant la technologie, la data, le design, le conseil et l’intelligence artificielle.

Sur le périmètre français, une offre de recrutement actuelle d’ekino évoque environ 300 collaborateurs répartis sur quatre sociétés.

Le communiqué insiste, lui, sur environ 300 ingénieurs logiciels mobilisables autour des nouveaux enjeux technologiques.

Cette profondeur technique devient importante.

Beaucoup d’entreprises ont déjà lancé des preuves de concept en IA. Leur difficulté se déplace désormais vers la production : connexion au système d’information, sécurité, qualité des données, supervision et maintien du service dans le temps.

Business Times observait une évolution comparable chez Pigment.

La plateforme intègre maintenant plusieurs agents IA directement dans ses solutions de planification d’entreprise, avec des mécanismes de sécurité et de gouvernance intégrés aux modèles.

À lire sur Business Times : Pigment intègre les agents IA à la planification d’entreprise

Pour ekino, le vrai défi sera de démontrer la valeur métier

La nomination d’Olivier Vigneaux raconte finalement une évolution plus large du marché.

Après une première phase dominée par les modèles, les prompts et les démonstrations, les directions générales veulent désormais des résultats mesurables.

Elles veulent savoir comment l’IA améliore réellement une expérience client, réduit un délai, augmente une conversion ou automatise un processus.

Cela place les sociétés de conseil et d’ingénierie face à une nouvelle exigence.

Elles doivent maîtriser la technologie. Mais elles doivent aussi comprendre suffisamment les métiers pour déterminer où un agent apporte une vraie valeur et où il ajoute simplement de la complexité.

C’est sur ce terrain qu’Olivier Vigneaux devra installer ekino.

L’IA agentique promet aux entreprises des systèmes capables d’agir davantage. La prochaine bataille ne consistera donc pas seulement à construire les agents les plus performants. Elle portera aussi sur une question beaucoup plus sensible : lesquels laisser agir, avec quelles données et sous quel contrôle ?