Les stations de lavage et sécheresse sont désormais étroitement liées dans de nombreux départements.
Lorsque les restrictions d’eau se renforcent, les centres de lavage peuvent réduire leur activité ou fermer totalement.
Mobilians, l’organisation professionnelle du secteur automobile, a donc mené une enquête nationale auprès des exploitants.
Les résultats montrent un choc économique majeur.
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Selon cette consultation, 87 % des centres couverts par les réponses ont subi des restrictions.
De plus, un exploitant sur deux estime avoir perdu au moins 80 % de son chiffre d’affaires depuis le début du mois d’août.
Près d’un professionnel sur trois déclare même une activité totalement arrêtée.
Stations de lavage et sécheresse : ce qui change au niveau crise
La France distingue quatre niveaux : vigilance, alerte, alerte renforcée et crise.
En période d’alerte ou d’alerte renforcée, une station peut encore fonctionner sous certaines conditions.
Par exemple, elle peut utiliser du matériel haute pression.
Un système qui recycle au moins 70 % de l’eau peut aussi permettre de poursuivre l’activité.
Enfin, certains portiques peuvent fonctionner avec un programme économique.
En revanche, lorsque le territoire passe au niveau crise, le lavage des véhicules en station devient interdit, sauf raison sanitaire.
C’est précisément ce point qui provoque la colère des professionnels.
Une station qui a investi pour recycler 70 %, 80 % ou davantage de son eau peut donc devoir fermer comme une installation beaucoup moins performante.
Le recyclage de l’eau ne garantit pas l’ouverture
Pour les exploitants, la situation crée un paradoxe.
Depuis plusieurs années, le secteur investit dans des équipements plus économes.
Les stations utilisent notamment des systèmes de filtration.
Certaines récupèrent l’eau de lavage.
D’autres installent des programmes basse consommation.
Par ailleurs, la haute pression permet de réduire les volumes utilisés.
Pourtant, au niveau crise, ces investissements ne suffisent plus.
Mobilians reconnaît que le recyclage aide les centres à rester ouverts aux niveaux intermédiaires.
Cependant, son enquête montre qu’il ne protège pas totalement les entreprises lorsque les restrictions deviennent plus fortes.
Parmi les exploitants qui déclarent au moins un centre placé au niveau crise, la baisse moyenne du chiffre d’affaires atteint 76 %.
De plus, 41 % déclarent une activité totalement arrêtée.
Stations de lavage et sécheresse : les dérogations restent rares
Les exploitants peuvent parfois demander une dérogation au préfet.
Mais, là encore, la procédure semble difficile.
Selon l’enquête de Mobilians, parmi les demandes dont le résultat est connu, 69 % ont été refusées.
Seulement 13 % ont reçu une réponse positive, totale ou partielle.
Le reste correspond notamment aux dossiers encore en attente ou aux situations dont l’issue n’était pas connue lors de l’enquête.
Ainsi, une station peut investir plusieurs dizaines de milliers d’euros pour réduire sa consommation sans être certaine de pouvoir travailler pendant une sécheresse sévère.
C’est pourquoi la profession demande aujourd’hui des règles davantage liées aux performances réelles des installations.
Une station professionnelle utilise moins d’eau qu’un lavage à domicile
C’est l’un des principaux arguments de Mobilians.
Selon l’organisation, un lavage professionnel consomme trois à cinq fois moins d’eau qu’un nettoyage réalisé à domicile.
Elle estime qu’un lavage chez soi peut atteindre environ 340 litres.
Dans une station professionnelle, la consommation se situerait plutôt entre 60 et 180 litres selon l’équipement utilisé.
Ces chiffres viennent de la profession et peuvent varier selon les installations.
Cependant, un autre avantage existe.
Une station professionnelle collecte les eaux sales.
Elle peut donc traiter les hydrocarbures, les résidus de freinage ou d’autres polluants avant leur rejet.
À domicile, l’eau peut au contraire rejoindre directement les réseaux d’eaux pluviales ou le sol.
Fermer les stations peut déplacer le problème
Lorsqu’une station ferme, tous les automobilistes ne renoncent pas forcément au lavage.
Certains attendent.
Mais d’autres peuvent nettoyer leur véhicule chez eux.
Or le lavage à domicile consomme souvent davantage d’eau.
Il offre aussi moins de garanties sur le traitement des eaux usées.
La réglementation interdit d’ailleurs le lavage des véhicules à domicile dès le niveau d’alerte.
Cependant, le contrôle devient plus compliqué.
Une station fermée reste facile à identifier.
En revanche, vérifier ce que font des milliers de particuliers chez eux demande beaucoup plus de moyens.
La priorité reste l’eau potable dans les territoires les plus touchés
Les restrictions ne viennent pourtant pas de nulle part.
La sécheresse de 2026 est particulièrement forte.
Le ministère de la Transition écologique décrit un épisode précoce et sévère.
Au cœur de l’été, de nombreux départements ont connu des tensions sur les cours d’eau, les nappes et parfois l’alimentation en eau potable.
Dans ce contexte, les préfets doivent préserver les usages essentiels.
Boire.
Se laver.
Alimenter les hôpitaux.
Assurer la sécurité.
Le lavage des véhicules devient donc moins prioritaire.
Business Times avait déjà analysé les effets de la sécheresse sur les prix des fruits et légumes en 2026.
Ainsi, la crise de l’eau touche plusieurs secteurs économiques en même temps.
Les Vosges montrent jusqu’où peut aller la crise
La situation dans les Vosges illustre bien cette tension.
Le département a connu cet été le niveau crise.
Certaines communes ont même rencontré des difficultés pour leur alimentation en eau potable.
Notre magazine Voiries & Réseaux expliquait récemment que quatre communes vosgiennes devaient encore être approvisionnées par camion-citerne.
Dans une telle situation, les restrictions sur le lavage automobile deviennent plus faciles à comprendre.
Cependant, les professionnels demandent que les règles puissent évoluer rapidement lorsque la situation s’améliore.
Stations de lavage et sécheresse : un risque pour les petites entreprises
Une station de lavage reste souvent une petite entreprise.
Elle supporte un loyer ou le remboursement d’un terrain.
Elle doit financer ses machines.
Elle paie aussi l’électricité.
Enfin, elle entretient ses équipements et rémunère parfois plusieurs salariés.
Or une fermeture administrative ne fait pas disparaître ces dépenses.
Lorsque le chiffre d’affaires tombe presque à zéro pendant plusieurs semaines, la trésorerie peut donc rapidement se tendre.
Business Times constatait déjà que les réserves financières des TPE françaises continuaient de diminuer en 2026.
Pour une petite station, plusieurs semaines de fermeture peuvent donc fragiliser toute l’année.
Le secteur veut des règles liées aux économies d’eau
Mobilians demande depuis plusieurs années une évolution du système.
L’idée consiste à ne plus traiter toutes les stations de la même façon.
Une installation qui recycle une large part de son eau pourrait bénéficier de règles différentes.
À l’inverse, un centre qui consomme beaucoup d’eau resterait davantage limité.
La profession travaillait déjà avec le gouvernement sur cette question.
L’objectif était notamment de mieux reconnaître les équipements économes.
Cependant, le guide sécheresse 2026 n’a pas changé les règles nationales.
Mobilians explique que le cadre 2026 reste identique pour les centres de lavage.
Les entreprises doivent désormais intégrer le risque sécheresse
Le débat sur les stations de lavage et sécheresse dépasse finalement ce seul secteur.
Le changement climatique oblige de nombreuses entreprises à revoir leur fonctionnement.
Agriculture.
BTP.
Industrie.
Tourisme.
Commerce.
Toutes peuvent désormais subir une restriction liée à l’eau ou à la chaleur.
Business Times avait déjà montré comment le Cerema aide les villes et les entreprises à s’adapter aux épisodes de surchauffe et de sécheresse.
Pour les stations de lavage, le défi consiste donc à investir davantage tout en obtenant une meilleure visibilité sur les règles futures.
Le secteur ne demande pas de pouvoir laver des voitures sans limite pendant une sécheresse. Il souhaite surtout que les investissements qui économisent réellement l’eau soient mieux pris en compte lorsque les préfets décident quelles activités peuvent continuer.
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