L’intelligence artificielle s’installe désormais des deux côtés du recrutement. Les candidats l’utilisent pour améliorer leurs CV, rédiger des lettres ou préparer leurs entretiens. Les recruteurs, eux, veulent aussi s’en servir. Mais sans lui abandonner la décision.

IA dans le recrutement : les recruteurs cherchent le bon équilibre

Selon le sondage OpinionWay pour Tellent, réalisé auprès de 557 salariés participant aux recrutements de leur entreprise, 73 % estiment que l’usage de l’IA par les candidats fausse le processus. Surtout, 82 % jugent qu’elle standardise les profils et les rend plus difficiles à différencier. L’étude a été menée du 5 au 15 mai 2026.

IA dans le recrutement : l’entretien reprend de la valeur

Face à des candidatures plus travaillées, le dossier écrit perd une partie de sa capacité à distinguer les profils. Ainsi, 79 % des répondants considèrent que l’entretien devient le seul moment où il reste possible d’évaluer réellement un candidat.

Cette méfiance ne signifie pourtant pas un rejet de l’IA. Au contraire, 69 % des recruteurs interrogés considèrent qu’une IA intégrée à leurs outils serait utile, voire indispensable. Ils la privilégient surtout pour préparer le recrutement (56 %) et traiter les candidatures reçues (50 %). L’aide à la décision finale n’est citée que par 32 %.

Pour les directions RH, le message est assez clair : automatiser ce qui fait gagner du temps, mais garder un humain là où le jugement compte.

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Des règles déjà à respecter

L’usage de l’IA dans le recrutement ne relève pas seulement d’un choix d’organisation. Le Code du travail impose déjà d’informer les candidats des méthodes et techniques d’aide au recrutement utilisées à leur égard. Elles doivent aussi être pertinentes au regard de l’emploi proposé.

Le RGPD reste également applicable dès lors que des données personnelles sont traitées. La CNIL rappelle que les recruteurs doivent encadrer la collecte, l’utilisation et la conservation des informations concernant les candidats.

Business Times a également détaillé ces obligations dans IA en entreprise et RGPD : les règles à respecter avant de déployer un outil.

Enfin, le règlement européen sur l’IA classe certains systèmes utilisés pour le recrutement parmi les usages à haut risque. Le calendrier a toutefois été repoussé : les obligations spécifiques à ces systèmes doivent désormais s’appliquer à partir du 2 décembre 2027.

À la rentrée 2026, l’enjeu n’est donc plus de savoir si l’IA entrera dans le recrutement. Elle y est déjà. La vraie question est de fixer les règles permettant de gagner du temps sans perdre ce qui reste décisif : comprendre un parcours, tester un raisonnement et assumer une décision humaine.